Généralement, un réseau local (LAN) est défini par un domaine de diffusion. Tous les hôtes d'un réseau local reçoivent les messages de diffusion émis par n'importe quel autre hôte de ce réseau. Par définition, un réseau local est délimité par des équipements fonctionnant au niveau 3 du modèle OSI : la couche réseau.
Un réseau local virtuel (VLAN) est un réseau local (LAN) distribué sur des équipements fonctionnant au niveau 2 du modèle OSI : la couche liaison. À priori, il n'est donc plus nécessaire d'avoir recours à un équipement de niveau 3 pour «borner» le réseau local. Cette formulation bute sur une fonction difficile à contourner : l'interconnexion des réseaux locaux. Dès que l'on a besoin de communiquer entre domaines de diffusion, il est absolument nécessaire de passer par les fonctions de routage du niveau réseau du modèle OSI.
Le réseau local est distribué sur différents équipements via des liaisons dédiées appelées trunks. Un trunk est une connexion physique unique sur laquelle on transmet le trafic de plusieurs réseaux virtuels. Les trames qui traversent le trunk sont complétées avec un identificateur de réseau local virtuel (VLAN id). Grâce à cette identification, les trames sont conservées dans un même VLAN (ou domaine de diffusion).
Les trunks peuvent être utilisés :
C'est le mode de distribution des réseaux locaux le plus courant.
C'est le mode de fonctionnement à surveiller étroitement. Un hôte qui supporte le trunking a la possibilité d'analyser le trafic de tous les réseaux locaux virtuels.
C'est le mode fonctionnement qui permet d'accéder aux fonctions de routage ; donc à l'interconnexion des réseaux virtuels par routage inter-VLAN. La mise en œuvre de ce type de routage est l'objet de ce document.
Enfin, il ne faut pas oublier que tous les VLANs véhiculés dans le même trunk partagent la bande passante du média utilisé. Si un trunk utilise un lien 100Mbps Full-Duplex, la bande passante de tous les VLANs associés est limitée à ces 100Mbps Full-Duplex.
Il existe plusieurs mécanismes de gestion des VLANs. Beaucoup sont propriétaires et ne fonctionnent que sur les équipements d'une seule marque.
Cette technique fournit une méthode de division d'un équipement de niveau 2 (un commutateur) en plusieurs domaines de diffusion. La réalisation de cette division est spécifique à chaque plateforme.
Le coût d'administration de ce genre de réseaux locaux est très important puisqu'il faut gérer manuellement sur chaque équipement la distribution des réseaux locaux.
Ceci dit, cette technique ne dépend pas d'une gestion propriétaire de l'affectation des ports dans les différents VLANs. C'est la raison principale pour laquelle elle est très répandue. Le commutateur assure une isolation complète entre la station et le VLAN auquel elle appartient.
Cette technique a été développée spécifiquement pour les équipements Cisco™. Elle complète les en-têtes de trames avec 30 octets répartis en 13 champs. Ce type d'encapsulation n'est plus beaucoup utilisé du fait de son incompatibilité avec le standard IEEE 802.1Q.
Le standard IEEE 802.1Q fournit un mécanisme d'encapsulation très répandu et implanté dans de nombreux équipements de marques différentes. C'est sur ce standard que s'appuie ce document. Comme dans le cas de l'encapsulation ISL précédente, l'en-tête de trame est complété par une balise de 4 octets.
Le standard IEEE 802.1Q définit le contenu de la balise de VLAN (VLAN tag) avec laquelle on complète l'en-tête de trame Ethernet. Le format de la trame Ethernet modifiée avec les 4 octets supplémentaires est présenté ci-dessous :
+--------------+--------------+------------+---------------------+-----+
| adresse dst. | adresse src. | long./type | données ... | FCS |
+--------------+--------------+------------+---------------------+-----+
|\
| \__________
| \
+--------------+--------------+-------+-----+------------+---------------------+-----+
| adresse dst. | adresse src. | Etype | Tag | long./type | données ... | FCS |
+--------------+--------------+-------+-----+------------+---------------------+-----+
/ \
___/ \___
/ \
+---+-+----+--------+
|pri| | |vlan id |
+---+-+----+--------+
Il faut noter que le champ FCS est recalculé après
l'insertion de la balise de VLAN.
Voici un extrait de capture, réalisée avec Wireshark, qui illustre les champs de la balise IEEE 802.1Q.
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Note |
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Pour ne capturer que les trames avec balise
IEEE 802.1Q, voici la syntaxe de filtrage à
priori :
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Frame 103 (1518 bytes on wire, 1518 bytes captured)
Ethernet II, Src: 00:14:f2:75:ed:72, Dst: 00:10:5a:de:9d:d7
Destination: 3com_de:9d:d7 (00:10:5a:de:9d:d7)
Source: Cisco_75:ed:72 (00:14:f2:75:ed:72)
Type: 802.1Q Virtual LAN (0x8100)
802.1Q Virtual LAN
000. .... .... .... = Priority: 0
...0 .... .... .... = CFI: 0
.... 0000 0110 0100 = ID: 100
Type: IP (0x0800)
Internet Protocol, Src: 172.17.0.2 (172.17.0.2), Dst: 172.16.80.19 (172.16.80.19)
Transmission Control Protocol, Src Port: www (80), Dst Port: 1548 (1548)
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