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3. Le Système Libre GNU/Linux

Au delà du phénomène médiatique, il faut comprendre que le Logiciel Libre existe depuis de nombreuses années et qu'il est dorénavant présent dans le paysage informatique pour longtemps.

Le travail de ce que l'on présente comme Logiciel Libre a débuté au tout début des années 1970. Avant qu'AT&T ne cède la propriété d'Unix, le mode de développement de ce système était tout à fait conforme à la philosophie du Logiciel Libre.

Les bases du concept de système libre ont été jetées par Richard Stallman et la Free Software Foundation FSF[1] en 1984. Les membres de la FSF sont à l'origine des outils de développements GNU[2]

En 1991, Linus Torvalds a lancé le projet de développement d'un noyau système identique à Unix pour les architectures i386. C'est l'association des outils GNU et du noyau Linux qui constitue le système libre GNU/Linux.

Ce système possède tous les atouts pour devenir un bien commun que chacun peut s'approprier.

Pour illustrer cette notion, on peut prendre l'exemple d'Ethernet dans le monde des réseaux. Du jour où les spécifications ont été libres, le marché des réseaux locaux a connu une croissance constante. De nombreux constructeurs ont pu concevoir et produire des équipements Ethernet avec différents niveaux de qualité et de prestations. Il existe aujourd'hui des périphériques Ethernet répondant à la fois aux besoins des configurations les plus modestes et aux contraintes des installations les plus sophistiquées.

L'exemple du PC est tout aussi représentatif. Avec la commercialisation des PC par différents fabricants, le marché informatique s'est considérablement développé. Pour autant, la société IBM n'a pas disparu et les grandes entreprises font toujours appel à ses services. Toutefois, les services d'IBM coûtent cher et ne sont pas accessibles aux PME/PMI qui peuvent très bien fonctionner en faisant appel à des prestataires moins importants.

Voilà en quoi le modèle du standard ouvert ou du «bien commun» convient à tout le monde, des plus grosses sociétés aux plus petites voire aux particuliers.

3.1. La formation

Ce concept de bien commun auquel tout le monde peut accéder est primordial du point de vue formation. On peut dorénavant envisager de former des techniciens et ingénieurs à partir d'une base de connaissances fiable et solide. Relativement aux solutions propriétaires, les possibilités d'adaptation aux besoins des entreprises sont multipliées. Un système libre comme GNU/Linux offre un potentiel d'innovation considérable.

3.2. La coordination

Cette nouvelle capacité d'innovation a été dopée par l'ouverture de l'Internet au plus grand nombre. Des développeurs issus d'horizons les plus divers ont coordonné leurs efforts au sein de projets qui produisent aujourd'hui des systèmes et des applications reconnus pour leur grande qualité.

On entre ici dans une nouvelle dimension de l'économie informatique. Une société commerciale «classique» ne peut rassembler les compétences présentes dans les projets de Logiciel Libre. On cite le plus souvent l'exemple du projet de serveur Web Apache[3] parce que sa base installée dépasse très largement[4] celle de tous ses concurrents commerciaux, mais il existe quantité d'autres projets tout aussi innovants.

Maintenant que les techniques de gestion de projets telles que celles utilisées par KDE[5] ou PHP ont fait école, de grandes sociétés n'hésitent pas à fournir gracieusement des espaces de développement dédiés au Logiciel Libre. Les services du type SourceForge et Savannah sont des exemples emblématiques.

3.3. Le potentiel du Logiciel Libre

C'est en prenant conscience du formidable potentiel que représente l'association de ce bien commun qu'est le système GNU/Linux et de la dynamique de développement qui est en train de se mettre en place, grâce à l'Internet, que l'on peut mesurer ce que recouvre le Logiciel Libre.

Les engagements pris par de grandes entreprises telles qu'IBM, Intel ou Sun montrent que les enjeux autour des développements du Logiciel Libre sont très importants et qu'il va falloir compter avec les systèmes libres dans les années à venir.


[1] La Free Software Foundation (FSF) est à l'origine de la General Public License (GPL) et du principe du Copyleft. Ces 2 outils régissent les modes de copie et de développement coopératif du Logiciel Libre.

[2] GNU : La chaîne de développement GNU comprend des compilateurs pour presque tous les langages de programmation et des outils de gestion de projets. Elle est quasiment la seule à garantir la portabilité du code d'une architecture matérielle à l'autre. Le logiciel du système GNU/Linux fonctionne sur des microprocesseurs : Intel, Sparc, Aplha, Motorola, etc.

[3] Le projet Apache a débuté en reprenant les travaux du NCSA. Ses coordinateurs ont très bien su gérer sa croissance. Le serveur http proprement dit est le plus utilisé sur l'Internet depuis des années et les projets associés suivent le même chemin : Perl, Java, XML et PHP.

[5] L'objectif initial du projet KDE était de réaliser une interface graphique libre reprenant les caractéristiques de CDE. L'engouement des développeurs a été si important que KDE est devenu l'un des deux environnements graphiques les plus utilisés avec gnome. De nombreuses distributions proposent KDE comme interface graphique par défaut. Les projets d'applicatifs associés : groupware, bureautique, etc. sont en pleine expansion.