Pour compenser les problèmes de distribution de l'espace d'adressage IP, la première solution utilisée a consisté à découper une classe d'adresses IP A, B ou C en sous-réseaux. Cette technique appelée subnetting a été formalisée en 1985 avec le document RFC950.
Si cette technique est ancienne, elle n'en est pas moins efficace face aux problèmes d'exploitation des réseaux contemporains. Il ne faut jamais oublier que le découpage en réseaux ou sous-réseaux permet de cloisonner les domaines de diffusion. Les avantages de ce cloisonement de la diffusion réseau sont multiples.
Au quotidien, on évite l'engorgement des liens en limitant géographiquement les annonces de services faites par les serveurs de fichiers. Les services Micro$oft™ basés sur netBT sont particulièrement gourmands en diffusion réseau. En effet, bon nombre de tâches transparentes pour les utilisateurs supposent que les services travaillent à partir d'annonces générales sur le réseau. Sans ces annonces par diffusion, l'utilisateur doit désigner explicitement le service à utiliser. Le service d'impression est un bon exemple.
Il existe quantité de vers et|ou virus dont les mécanismes de propagation se basent sur une reconnaissance des cibles par diffusion. Le ver Sasser en est un exemple caractéristique. En segmentant un réseau en plusieurs domaines de diffusion, on limite naturellement la propagation de code malveillant. Le subnetting devient alors un élément de la panoplie des outils de sécurité.
Pour illustrer le fonctionnement du découpage en sous-réseaux, on
utilise un exemple pratique. On reprend l'exemple de la classe C 192.168.1.0 dont le masque réseau est par
définition 255.255.255.0. Sans
découpage, le nombre d'hôtes maximum de ce réseau est de 254. Considérant
qu'un domaine de diffusion unique pour 254 hôtes est trop important, on
choisit de diviser l'espace d'adressage de cette adresse de classe C. On
réserve 3 bits supplémentaires du 4ème octet en
complétant le masque réseau. De cette façon on augmente la partie réseau de
l'adresse IP et on diminue la partie hôte.
Tableau 3. adresse 192.168.1.0 avec
subnetting
| Adresse réseau |
192.168. 1. 0
|
Plages d'adresses complètes |
|---|---|---|
| Masque de réseau |
255.255.255.224
|
|
| Sous-réseau 0 |
192.168. 1. 0
|
192.168.1.1 - 192.168.1.31 |
| Sous-réseau 1 |
192.168. 1. 32
|
192.168.1.33 - 192.168.1.63 |
| Sous-réseau 2 |
192.168. 1. 64
|
192.168.1.65 - 192.168.1.95 |
| Sous-réseau 3 |
192.168. 1. 96
|
192.168.1.97 - 192.168.1.127 |
| Sous-réseau 4 |
192.168. 1.128
|
192.168.1.129 - 192.168.1.159 |
| Sous-réseau 5 |
192.168. 1.160
|
192.168.1.161 - 192.168.1.191 |
| Sous-réseau 6 |
192.168. 1.192
|
192.168.1.193 - 192.168.1.223 |
| Sous-réseau 7 |
192.168. 1.224
|
192.168.1.225 - 192.168.1.255 |
Selon les termes du document RFC950, les sous-réseaux dont les bits de masque sont tous à 0 ou tous à 1 ne devraient pas être utilisés pour éviter les erreurs d'interprétation par les protocoles de routage. Dans notre exemple :
L'adresse du sous-réseau 192.168.1.0 peut être considérée comme
l'adresse réseau de 2 réseaux différents : celui avec le masque de
classe C 255.255.255.0 et celui
avec le masque complet 255.255.255.224.
L'adresse de diffusion 192.168.1.255 est la même pour 2 réseaux
différents : 192.168.1.0 ou
192.168.100.224.
Depuis la publication du document RFC950, en 1985, les protocoles de routage qui servent à échanger les tables d'adresses de réseaux connectés entre routeurs ont évolué. Tous les protocoles contemporains : RIP v2, OSPF, BGP, etc. intègrent le traitement des masques de sous-réseaux. Ils peuvent même regrouper ces sous-réseaux pour optimiser le nombre des entrées des tables de routage. Pour appuyer cet argument, le document RFC1878 de 1995 spécifie clairement que la pratique d'exclusion des sous-réseaux all-zeros et all-ones est obsolète.
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