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Linux en réseau dans un lycée (en avril 1998)
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Juin 1998, revu pour publication le 12 Juillet 1999.
Configuration et mise en réseau, dans le cadre de l'Association
Francophone des Utilisateurs de Linux et des Logiciels Libres ( AFUL) par Sébastien Blondeel
et Dominique Quatravaux, membres fondateurs. de logiciels
libres dans la salle informatique du lycée François Truffaut de Beauvais
(Oise). Problèmes rencontrés, façon de les résoudre, perspectives
ouvertes par cette première prise de contact.
1. Introduction
M. Yves Potin est professeur de philosophie au
lycée François Truffaut de Beauvais (Oise). Cet établissement, fondé
en 1988, prépare au baccalauréat général de l'enseignement du second
degré (filières L, ES, S, et
STT). Il regroupe un millier d'élèves dans une trentaine de
classes, sous l'encadrement de 75 professeurs. Ce lycée propose à ses
élèves une salle informatique où des micro-ordinateurs sont reliés à
l'Internet ainsi qu'un intranet académique en
construction dans le cadre du projet régional Éducapôle. Les
élèves fréquentent la salle accompagnés par leurs professeurs et
découvrent la pratique de l'informatique en réseau. Ils ont manifesté
leur intérêt dans ce projet en réalisant un site weben
effectuant diverses recherches sur le réseau, et en communiquant avec
d'autres élèves.
M. Potin est souvent présent dans cette salle, où il aide les élèves à
découvrir l'Internet. Une tranche de vie prise sur le vif nous a montré
qu'il avait à coeur d'enseigner à ses élèves à pratiquer une informatique
intelligente, respectueuse de celui qui se trouve au bout du fil, et qui
met en pratique le principe de robustesse :
Soyez larges dans ce ce que vous acceptez, mais soyez stricts dans ce que
vous envoyez.
Un professeur de mathématiques, plus intéressé par des
environnements de programmation, a assisté à une partie de la
manipulation dans les limites que lui permettaient son emploi du temps,
et il a été surpris de découvrir le grand nombre de logiciels qui
étaient fournis avec une distribution d'Unix libre.
Plusieurs groupes d'élèves et un professeur sont venus se
familiariser au cours de l'après-midi avec l'utilisation du réseau.
2. Configuration de la salle
La salle informatique est reliée à l'Internet par un serveur sous
MS-Windows N.T. 4.0 auquel sont reliés seize postes. 8 postes
sont équipés de microprocesseurs de marque Intel, modèle
Pentium 200 et disposent de 32 M de RAM et de
3 G de disque dur, pour 10 d'entre eux, les 8 autres étant de
configuration à peine plus modeste. Ils fonctionnent sous le système
d'exploitation MS-Windows 95, et sont connectés au serveur et
au routeur par un concentrateur ("hub").
Tous ces ordinateurs sont des P.C. (ordinateurs
personnels). Le routeur qui assure la connexion à l'Internet exploite
Numéris et via une fibre optique vers le CDI (centre de
documentation et d'information du lycée).
D'un point de vue légal, les élèves ne peuvent
pas disposer d'une boîte à lettres électronique personnelle. Ils utilisent
la boîte à lettres de la classe pour communiquer avec d'autres classes de
lycées de la région ou de l'étranger, sous la houlette de leurs
professeurs, bien que cet usage soit encore peu répandu, et ils utilisent
principalement un navigateur (Netscape Navigator) pour explorer la
partie web de l'Internet.
Yves Potin fait le pari de faire à ses collègues une
démonstration de la viabilité du logiciel libre dans un tel
environnement. Il souhaite installer, à la demande de ses collègues qui
ignoraient l'existence du logiciel libre, un Unix gratuit sur deux
postes, utiliser l'un d'eux en tant que serveur de fichiers de l'autre,
et de façon générale laisser à disposition les différents logiciels
libres disponibles et des outils réseau qu'on peut installer :
suites bureautiques, formateurs de documents, langages de programmation,
logiciels de retouche et de manipulation d'images, navigateurs web, ...
Un problème est tout de suite apparu : les machines ne
pinguaient pas, c'est-à-dire qu'elles étaient
muettes sur le réseau, quelle que soit l'adresse qu'on
leur attribuait à l'intérieur de la classe d'adresses donnée au lycée
par l'administration rectorale. M. Potin a donc demandé à
M. Stéphane Marzloff, dont le métier est d'administrer des réseaux
Unix, de venir voir ce qui se passait. Ils ont disposé de quelques
heures pour se rendre compte que les cartes réseaux étaient reconnues
par Unix, mais que les adresses IP attribuées à ces cartes ne
pinguaient toujours pas. En revanche, si l'on donnait à une machine Unix
(sous Free BSD) une adresse déjà attribuée à une station sous
MS-Windows par le serveur DHCP, un conflit était immédiatement
détecté. M. Marzloff a installé un client DHCP sur un des Unix,
pour constater que le serveur NT lui attribuait une adresse qu'il était
ensuite impossible de pinguer, la machine en question ne pinguant à son
tour aucune des autres machines de la salle. Le temps leur a manqué pour
cerner davantage l'origine d'un problème pour le moins
étrange. M. Marzloff n'habitant pas Beauvais, M. Potin s'est
retrouvé dans une situation assez critique. D'autres administrateurs
réseau ne pouvaient hélas pas davantage se déplacer sur Beauvais. Le
projet était sérieusement compromis.
Une investigation ultérieure plus poussée (parce que plus
longue) des ordinateurs lui a cependant révélé un paramètre étrange du
BIOS : la compatibilité avec OS "Plug and Play",
MS-Windows 95 ou autre, paramètre pouvant être désactivé mais qui ne
permettait alors plus aux machines Unix (alors sous FreeBSD) de
fonctionner. Les Unix libres gèrent en effet pour le moment mal le Plug
and Play.
Il a au même moment fait appel à nous, par le biais de la
liste de diffusion ecole, qui rend publics ses travaux et ses
réflexions à l'adresse : Projet
d'École Ouverte de l'Internet. Elle rassemble un
collectif d'une centaine d'utilisateurs de l'Internet. Ce
projet a été créé sous l'impulsion de Laurent Chemla, avec le
parrainage de l'AFUL et de l' Association
des Utilisateurs d'Internet.
3. Les problèmes rencontrés et leurs solutions
Les ordinateurs ont été fournis en bloc par un constructeur,
et il n'a pas été possible d'en choisir les composants séparément. En
particulier, tous les postes sont équipés d'une carte réseau de type
3COM509, dont le prix public est d'environ 700 FF.
Les 3COM509 sont d'excellentes cartes. Elles fonctionnaient
et étaient reconnues par le système, mais le problème du BIOS Plug and
Play en interdisait l'exploitation. Pour des stations de travail, il
aurait été préférable d'employer des NE 2000, plus
économiques.
À notre arrivée, un ordinateur était équipé de Free BSD,
l'autre d'un Linux Red Hat 5.0 que M. Potin avait
choisi de réinstaller à la place de l'autre Free BSD, étant plus
familier de Linux. Le partitionnement des disques risquait de poser
quelques problèmes en cas de recompilation du noyau, car ces disques
offrent plus de 1024 cylindres (ce problème n'est toutefois pas
insoluble, grâce au LBA).
Nous avons finalement choisi d'installer une distribution
Red Hat 5.0 complète, car nous disposions, ainsi que
M. Potin, de CD-ROM de cette distribution (ces CD-ROM
ont été offerts dans le cadre de la fête de l'Internet, lors de la
conférence sur les logiciels libres et leurs aspects économiques
organisée par l'INRIA à la Maison de la Mutualité, Paris, en
mars 1998).
3.1 Connexion au réseau
Des outils de diagnostic du style de strace dhcpd
nous ont rapidement montré que l'ordinateur ne recevait rien du
réseau. Des outils d'administration comme netcfg ont jeté le
doute sur la compatibilité du pilote Linux de la carte réseau
3COM509. M. Potin nous a alors signalé le paramètre du BIOS qui à son
avis posait problème. Quand on a remplacé la 3COM509 par une carte de
modèle NE 2000 (prix public : 150 FF), tout fonctionna
correctement. Las, nous ne disposions que d'une carte de ce modèle et
nous voulions éviter d'acheter du matériel. Nous avons donc réussi à
remettre en marche au prix d'une erreur à chaque amorçage de l'une des
deux cartes réseau et avons laissé notre NE 2000 sur l'autre.
Nous nous sommes heurtés à plusieurs problèmes :
- La carte 3COM ne pouvait se paramétrer que sous MS-DOS et avec un
logiciel que l'assembleur n'avait pas jugé utile de fournir.
- Elle entrait en conflit de ligne d'IRQ sur bus PCI
avec un autre périphérique du PC, et il n'est pas facile de déterminer
lequel.
- Certains outils logiciels dont nous avions l'habitude se trouvaient
sur nos machines, à Paris, et le firewall mis en place au niveau
rectoral sous MS-Windows NT est imperméable au protocole de transfert de
fichiers ftp.
Nous les avons résolus sur la première machine. Il faut
noter ici que le partage de ligne d'IRQ par deux périphériques (l'autre
périphérique fautif était la carte accélératrice 3D de modèle
Matrox 3D) sur bus PCI est une nouvelle spécificité du matériel
mieux prise en compte dans MS-Windows que dans Linux, mais ceci changera
avec la prochaine version stable du noyau, attendue pour l'été 1998 (ces
cartes sont puissantes et récentes, donc chères. Leur utilité en
environnement scolaire est discutable : on s'en sert surtout pour
des applications professionnelles utilisant la représentation en trois
dimensions, ou, dans le domaine des loisirs, dans le cadre de jeux sur
ordinateur, proscrits par la charte du projet Éducapôle).
3.2 Serveur de noms
Encore fallait-il installer un serveur de noms, pour pouvoir
faire appel aux diverses machines en utilisant un nom plus facile à
mémoriser par un homme qu'une adresse IP.
Dominique a profité de l'occasion qui lui était offerte
pour utiliser (et améliorer au passage) un ensemble de petits programmes
qu'il s'était déjà confectionné et qui ont pour but d'automatiser un
certain nombre d'étapes de cette tâche. Nous disposions alors d'un poste
sous le logiciel libre Linux Red Hat 5.0 pleinement fonctionnel sur le
réseau.
Il faut ici rappeler un
principe sain, qui se trouve dans les RFC, et dont l'oubli nous
a fait perdre un peu de temps :
Un nom de domaine s'écrit en minuscules et sans caractère de soulignement
"_".
En effet, le nom de domaine choisi sur le serveur NT, et que M. Potin
nous a demandé de garder par souci de compatibilité avec ce serveur, qu'il
suspectait de procéder à un filtrage à son insu, était
LYCEE_TRUFFAUT et il était refusé par le serveur de noms
BIND, qui applique le RFC à la lettre, au contraire de MS-Windows
NT et de la société ayant procédé à l'installation du réseau dans le lycée.
3.3 Cas de la deuxième machine
La deuxième machine a également posé le problème de la carte
réseau, de façon plus nette encore : l'astuce effectuée sur la
première n'a pu être reproduite parce que les deux cartes étaient
configurées différemment. Nous avons choisi d'y implanter notre
NE 2000. Le temps, encore une fois, nous a manqué pour parachever
son installation, mais nous sommes convenus avec M. Potin de
l'aider à la terminer à distance, maintenant que chacune des deux
parties connaît et comprend mieux les problèmes particuliers à ce site
; surtout maintenant que le réseau fonctionne sous logiciel libre,
car cela nous permet de travailler en téléconférence grâce à
ytalk.
Note : quelques jours après notre passage à Beauvais,
M. Potin a eu le plaisir de nous annoncer qu'il avait réussi à rendre
ces deux machines (isis et osiris) entièrement
opérationnelles sur le réseau avec les cartes 3COM, y compris pour les
services NFS et NIS. M. le Proviseur a donné son
accord pour l'extension du logiciel libre à l'entière connexion du lycée à
l'Internet, et de nombreux collègues soutiennent ce projet qui sera mis en
place dès septembre 1998, au terme d'une réunion avec l'ensemble de la
communauté éducative. Les machines resteront en "dual boot" (ou
double amorçage), ce qui permettra aux collègues désireux
d'utiliser MS-Windows de le faire en les relançant.
4. Perspectives
La plupart des applications que nous avons vu utilisées par
les élèves au cours de l'après-midi ont un équivalent dans le logiciel
libre. Il est donc parfaitement envisageable de faire passer, à terme,
la totalité de la salle, en particulier son serveur, sous logiciel
libre, même si l'on conserve le "dual boot". De plus, un projet global
de mise en réseau de tout le lycée est actuellement à l'étude, le reste
du matériel étant globalement obsolète dans le cadre de l'utilisation de
logiciels commerciaux.
Cette simulation / démonstration de réseau Unix
sur deux postes s'avéra donc importante et significative. Mais de plus,
les fonctionnalités du réseau vont se trouver multipliées par
l'installation de Free Unix et de logiciels libres : en ce
moment, le courrier électronique sous Unix ne fonctionne que sur une
seule machine, il n'y a pas de serveur de noms, et le seul service
Internet exploitable est le World Wide Web. L'installation de
systèmes d'exploitation Unix libres comprendra des serveurs de fichiers,
de courrier électronique, de noms, et toutes les applications réseau
dont les enseignants pourront avoir besoin.
Étant donné que l'Éducation Nationale a fait l'acquisition
de licences de logiciels commerciaux ne fonctionnant que sous
MS-Windows, et que certains de ces logiciels (comme les logiciels de
gestion du scanner et de reconnaissance de caractères) seront
utiles aux élèves et à leurs professeurs dans leur enseignement, il
n'est certes pas question d'éradiquer totalement MS-Windows de cette
salle, puisque le lycée dispose d'un petit nombre de licences pour de
telles applications.
La présence de postes sous logiciel libre permettra de
proposer à ce lycée, et pour un coût logiciel nul, un grand
nombre de services et de logiciels supplémentaires et complémentaires
comme :
- GIMP, logiciel de retouches et de création d'images de
qualité professionnelle.
- KDE, interface graphique puissante et conviviale. Les
élèves commencent à apprécier la richesse de la logithèque
fonctionnant sous logiciel libre et accessible sur l'Internet. Un élève
a récemment téléchargé Moonlight Creator,
logiciel libre de modélisation et de rendu en trois dimensions développé
de manière coopérative sur l'Internet, comme la plupart des autres
logiciels dont il est question ici, et placé sous la licence
publique générale de GNU. Les élèves sont en général très
sensibles et très demandeurs de ce type d'applications.
- de petits utilitaires (dont certains ont été développés à l'École
Normale Supérieure de Paris) permettant de donner un peu de vie à un site
comme un programme qui dessine un plan de la salle en adjoignant à côté de
chaque machine, le nom de l'utilisateur qui s'y trouve, ce qui permet aux
gens de mieux se connaître.
- un programme de nouvelles électroniques, INN.
- des suites bureautiques (commerciales, mais que le lycée peut
contribuer à promouvoir) comme Applixware ou
StarOffice.
- des logiciels de formatage de texte plus éducatifs comme
LaTeX et LyX (ou KLyX).
- de nombreux environnements de programmation :
- des langages interprétés : Bourne shell,
Perl, Python...
- des langages compilés : C, C++,
Pascal, ADA, Fortran...
- des langages d'interfaces graphiques : TCL/TK,
GTK, GNOME...
- la mise en réseau de gros calculs parallèles,
- et bien d'autres encore...
- la possibilité d'utiliser le multitâche préemptif de Linux pour
constater que pendant que l'ordinateur fait un gros calcul qui peut durer
plusieurs jours (ou que tous les ordinateurs de la salle sont mis à
contribution pour un calcul parallèle de plus longue haleine encore), fait
un ou plusieurs accès réseau, copie un fichier sur une disquette ou formate
une disquette, et imprime un document, on peut éditer un texte sans
subir une quelconque gêne ou ralentissement.
- un système d'une stabilité reconnue et durement éprouvée dans le
monde entier, dans le cadre d'applications critiques.
- et bien d'autres encore... En effet, les applications libres
proposées sur l'Internet se comptent par milliers.
M. Oriot, proviseur du lycée, est passé dans la salle
pour nous saluer et s'enquérir de l'état d'avancement des travaux. Nous
sommes confiants quant aux suites que prendra ce premier contact, et
nous continuerons à aider M. Potin et à le conseiller à distance.
Toutefois, le passage global du lycée sous logiciel libre risque de
rencontrer le problème suivant : des rumeurs tout à fait infondées
font croire aux enseignants que certains programmes officiels
d'enseignement professionnel imposent l'utilisation de MS-Office
(logiciel commercial et propriétaire développé par la société
Microsoft, qui n'en propose que des versions pour le système
d'exploitation MS-Windows). Le lycée est d'ailleurs en train d'acheter plus
de 60 licences de MS-Office pour MS-Windows 3.11 (c'est une ancienne
version de MS-Windows, elle est maintenant introuvable dans le commerce et
de plus en plus rares sont les logiciels qui fonctionnent avec ce système),
compatibles avec le matériel dont le lycée dispose. Les versions les plus
récentes de MS-Windows sont plus gourmandes que les anciennes en ressources
matérielles et leur utilisation forcerait le lycée à renouveler entièrement
un parc de micro-ordinateurs qui fonctionnent encore très bien si on
formate leur disque pour en éliminer les nombreux virus dédiés à
l'environnement MS-Windows, et que des systèmes d'exploitation comme les
Freenix, qui ne subissent pas de virus, permettent d'exploiter
très convenablement...
5. Copyright
Je ne peux placer ce document sous la licence publique
générale de GNU (GPL), version 2 ou ultérieure, car c'est un
texte relatant des faits à valeur historique et d'opinion. (Pour plus de
renseignements à ce sujet, vous pouvez consulter le site de la Free Software Foundation.
En quelques mots, il s'agit d'un droit d'auteur pris à
rebours, qui cherche à garantir aux utilisateurs d'un document libre ou
d'un logiciel libre la possibilité de l'utiliser, de le partager et de
le modifier sans aucune restriction autre que celles qui auraient pour
conséquence de restreindre de telles libertés à d'autres.
Vous trouverez en Des
logiciels libres à la disposition de tous un texte d'introduction à
ces notions.)
J'autorise donc la reproduction verbatim de ce texte, et
j'encourage ceux qui en feront usage à me prévenir afin que je puisse
les assister ou que j'aie la joie de savoir que ce travail est utile à
quelqu'un.
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