Le rapprochement bancaire
Description générale
Définition
L'introduction à la comptabilité proposée par le CNAM propose
un définition excellente du rapprochement bancaire. Je me permets
de vous la livrer ici, tout en vous invitant à consulter le
chapitre 9 de leur site ( http://www.cnam.agropolis.fr/formatio/ead/compta/index.html).
*** Définition donnée par Didier Chadourne
dans son cours en ligne pour le CNAM :
Le compte "512 Banque" tenu par une entreprise
enregistre les mêmes opérations que le compte de l'entreprise
tenu par le banquier, mais en sens inverse. Il s'agit donc de
comptabilités réciproques.
Dans la pratique, les soldes sont
rarement égaux car les opérations ne peuvent pas être
enregistrées simultanément dans chaque comptabilité pour
diverses raisons :
- les chèques émis par l'entreprise ne sont comptabilisés
par le banquier qu'après encaissement par le
bénéficiaire.
- le banquier enregistre des virements (règlements des
clients par virements) au bénéficie de l'entreprise et
informe celle-ci dans un deuxième temps.
- Le banquier procède aux paiements de fournisseurs par
prélèvement automatique sur le compte de l'entreprise et
informe celle-ci dans un deuxième temps.
- - des erreurs sur les sommes peuvent être commises par
l'entreprise ou par la banque.
La technique de l'état de rapprochement va permettre de
justifier les différences de soldes. ***
Il résulte de cette définition que le rapprochement bancaire est
l'action qui consiste à associer les opérations déjà enregistrée
dans la société et à la banque afin de faire apparaître les
écritures isolées, c'est-à-dire enregistrée uniquement d'un côté
ou de l'autre.
Méthode simplifiée
Le rapprochement bancaire n'est pas nécessairement un traitement
informatisé. La manière la plus simple d'effectuer un
rapprochement bancaire consiste à prendre la liste des
opérations enregistrées par la société d'une part, et la liste
des opérations enregistrées par la banque d'autre part. Il
s'agit ensuite de "pointer", c'est-à-dire cocher, les opérations
que l'on retrouve des deux côtés. Le processus décrit est ici
manuel. C'est peut-être la manière dont vous procédez pour votre
compte bancaire personnel. Vous prenez par exemple votre
chéquier, puis vous cocher les chèques débités sur votre relevé
de compte. Vous pouvez alors vous apercevoir que le solde donné
par votre banque ne correspond pas à votre richesse réelle,
puisque votre voisin n'a pas encore encaissé le chèque que vous
lui avez fait.
En croisant les informations de la banque et les votre, vous
parvenez à calcule le montant dont vous disposez "effectivement"
sur votre compte bancaire.
Cette tâche est très simple à effectuer manuellement pour un
particulier qui dispose d'un seul compte et effectue une trentaine
d'opérations par mois. Maintenant essayez d'imaginer le travail à
fournir pour une société disposant de 50 comptes et effectuant 500
opérations par jour... Il devient alors crucial de pouvoir
réaliser cette tâche avec l'aide d'un "assistant" informatique.
Principes de schématisation
La schématisation adoptée pour le moment permet de décrire le
sujet à l'aide des éléments suivants :
- * : Références (documents, écrits, analyses).
- - : composants essentiels
- + : fonctions
Cette schématisation nous permet, par exemple, de représenter une
porte de la façon suivante:
* Définition : voir Larousse.
- un type
- un battant
- une serrure
+ Ouvrir (déverouiller, faire un angle avec le mur)
+ fermer (mettre battant dans le pan de mur)
+ verrouiller/fermer à clé (mettre la serrure en position verrouillée)
+ claquer (fermer violemment)
+ entrouvrir (faire un certain angle avec le mur)
Compte bancaire : tentative de définition
- Un compte bancaire est d'abord défini par son
"propriétaire". Un compte bancaire "appartient" à une société
dans le sens où le montant disponible sur le compte lui
appartient. Un solde débiteur constitue à l'inverse une dette
qu'elle devra rembourser. Le compte dispose d'un seul
titulaire.
- Un compte bancaire est ensuite défini par une devise. Le
compte est en effet tenu dans une monnaie particulière. C'est un
élément très important, à la fois pour distinguer les comptes
les uns des autres mais aussi pour qualifier le solde du
compte. Par exemple, vous pensez être riche avec un solde d'un
million sur votre compte ? Erreur, il s'agit de votre compte
géré en lire italienne.
- Un compte bancaire est tenu par un partenaire financier. Ce
partenaire financier est le plus souvent une banque.
- Que peut-on faire avec ? De manière simple, un compte peut
être ouvert ou fermé. On peut le créditer ou le débiter,
c'est-à-dire effectuer sur ce compte une opération d'un montant
"positif" ou "négatif".
Compte bancaire : Schématisation
* Définition : voir paragraphe précédent.
- titulaire
- devise
- gestionnaire
- liste d'opération
- numéro de compte
+ ouvrir
+ fermer
+ créditer
+ débiter
+ calculer solde
Réflexion sur les concepts : un ou deux comptes ?
A la lecture des premières versions de la présentation du
projet, certaines personnes (Christian Momon, pour ne pas le
citer), m'a demandé la différence que je faisais entre un
"compte bancaire" et un "compte banque".
En fait, j'avais essayé d'introduire par une nuance de langage
la distinction entre le compte géré par la banque (compte
bancaire) et le compte géré par la société possédant ce compte
(compte banque). La différence de vocabulaire n'est toutefois
pas très claire, j'en convient.
Après plus ample réflexion, il me semble que conceptuelle ment
il n'y ait qu'un compte bancaire. En revanche, les opérations
sont enregistrées deux fois. Une fois dans la comptabilité de
l'entreprise, et une fois dans la comptabilité de la banque. A
une date donnée, le compte va donc avoir deux soldes, selon que
l'on se place du point de vue de l'entreprise ou de la
banque. Ces opérations sont affectées à deux comptes comptables
différents (un dans l'entreprise et un à la banque), mais il n'y
a qu'un compte bancaire à proprement parler.
Au niveau de la conception, le débat se traduit ainsi :
Considère-t-on que le compte bancaire est une seule et même
entité qui va héberger des opérations de types différents : à la
fois l'opération réelle en banque et son reflet en comptabilité
?
Considère-t-on, à l'inverse qu'il existe un compte géré par la
banque et un compte géré par la société, reflet de ce compte
bancaire ?
La seconde hypothèse d'une certaine manière à dire :
-
que le compte bancaire géré par l'entreprise s'inscrit dans
son plan de compte
-
que le compte bancaire géré par la banque est un élément du
plan de compte de la banque, dont on ne connaîtrait qu'une
partie.
Le lien entre les deux comptes se fait alors grâce au numéro de
compte bancaire, identifiant le lien entre les deux comptes de
manière certaine.
La solution la plus classique consiste effectivement à séparer
le compte bancaire et son reflet dans la comptabilité de
l'entreprise. Ils sont le plus souvent définis comme des entités
de nature différente.
Une solution moins classique est de considérer que l'on affaire
à la même entité, hébergeant des opérations de nature différente
(hypothèse 1). Cette solution est relativement plus simple à
programmer, mais elle à l'inconvénient de faire entrer en jeu
des considération d'implémentation dans la modélisation même du
problème.
Banque : tentative de définition
Les données du problème commence à se compliquer sur ce point,
car il y a plusieurs manière de les identifier ou de les
séparer. Le mot "banque" peut d'abord désigner un établissement
financier d'un certain type. Il peut également désigner un
réseau commercial d'agences bancaire regroupé sous la même
enseigne, sous le même nom commercial.
Le nom du réseau commercial est un moyen d'identifier une
"banque", par exemple, la Société Générale se distingue de la
BNP. Un deuxième moyen de désigner une "banque" est d'y référer
par son numéro d'établissement financier utilisé au niveau
national. Il s'agit par exemple de "30003" pour la Société
Générale. Dans ce cas précis les deux méthodes sont
équivalentes, mais ce n'est pas toujours le cas, par exemple
pour le Crédit Agricole. Le Crédit Agricole forme un réseau
national, mais pour des raisons historiques, ce réseau est
divisé en plusieurs établissements financiers sur des critères
géographiques. Le numéro d'établissement bancaire du Crédit
Agricole de Picardie sera différent de celui du Crédit Agricole
de Corse, par exemple.
[NB: Des différences de numéro existent également pour
distinguer certaines activités dans le réseau bancaire. Par
exemple, l'établissement de crédit ou d'affacturage du Crédit
Lyonnais n'aura pas le même numéro d'établissement que la
"banque"].
Banque : Schématisation
* Définition : voir paragraphe précédent.
- numéro d'établissement (ou bien la liste de numéro d'établissement suivant la position adoptée).
- nom
+ créer
+ détruire
Agence bancaire
Il y a encore une subdivision à introduire. L'agence bancaire
est une subdivision de la banque, prise au sens de réseau
commercial. On dit couramment qu'un compte est "tenu" par telle
banque. Ce n'est pas tout à fait exacte. En réalité, un compte
bancaire est tenu (domicilié) par une agence bancaire. Par
exemple un compte va être domicilié à l'agence Champs-Elysées du
CCF.
Pour un même établissement financier, un numéro national permet
d'identifier une agence bancaire.
Agence bancaire : Schématisation
* Définition : voir paragraphe précédent.
- Etablissement
- Numéro d'agence bancaire
- Domiciliation (= nom de l'agence)
- Adresse
- Contact
- nom
+ ouvrir
+ fermer
Opération : tentative de définition
Une opération s'applique sur un compte précis qu'elle crédite ou
débite. Je la distingue de l'écriture au sens comptable du
terme, car selon moi, l'opération est indépendante, alors que
l'écriture regroupe un ensemble d'opérations équilibrées selon
les principes comptables de la partie double.
Tant que l'on s'en tient à un module de rapprochement bancaire,
je crois que l'on peut se limiter à la gestion des opérations,
sans se préoccuper des écritures pour le moment.
Je tient en effet pour acquis que dans un premier temps, la
comptabilité sera gérée à part. Le contrôle de l'équilibre et de
la validité des écritures n'est pas notre propos. On suppose que
les opérations seront extraites de la comptabilité existante, ou
bien qu'elles seront saisies sur le compte comptable "banque",
mais que seuls les comptes bancaires seront gérés pour le moment
(c'est-à-dire les comptes numérotés 512 dans le Plan Comptable
Général).
Opération : Schématisation
* Définition : voir paragraphe précédent.
- Devise
- Montant
- Description
- Nature de l'opération
- Date d'opération
- Date de valeur
+ créer
+ supprimer
+ rapprocher (c'est-à-dire marquer comme rapprochée)
Agence bancaire : Schématisation
* Définition : voir paragraphe précédent.
- Etablissement
- Numéro d'agence bancaire
- Domiciliation (= nom de l'agence)
- Adresse
- Contact
- nom
+ ouvrir
+ fermer
Le rapprocheur
Le rapprocheur est un agent gérant le rapprochement bancaire de
façon automatisée, ou bien contrôlant les opérations de
rapprochement suggérées par l'utilisateur.
Il applique un certain nombre de règles et critères défini par
l'utilisateur lui permettant d'associer les écritures entre
elles.
Ces règles doivent pouvoir permettre d'utiliser toutes les
informations disponibles sur les écritures afin d'arriver à un
taux de rapprochement automatisé maximal.
Il y cependant toujours un résidu d'opérations qui ne pourront
pas être rapprochée de manière automatique (parce que le règle
ne permet pas d'associer les écritures de manière certaine par
exemple : dans certains cas plusieurs hypothèses sont
possibles).
Dès lors, le rapprocheur doit pouvoir effectuer le rapprochement
sous la direction de l'utilisateur, celui-ci lui désignant les
écritures à associer.
Au niveau le plus bas, rapprocher c'est associer entre elle des
opérations dont la somme est zéro.
Les actions à effectuer pour l'agent rapprocheur sont :
-
rapprocher (sous entendu de manière automatique) deux
comptes
- valider un rapprochement proposer par
l'utilisateur. Cette dernière action implique que pour marquer
une opération comme rapprochée (voir plus haut), l'utilisateur
doit impérativement passer par l'agent rapprocheur, qui
s'assurera que des conditions minimales de validité de
l'opération sont assurée (contrôle de cohérence).
Cahier des charges
Premiers éléments
Etat de rapprochement :
Possibilité de sortir l'état de rapprochement en mode
"comptable" ou en mode "trésorerie".
Dans le mode comptable, les écritures dont la date comptable est
postérieurs à la date de l'état (date de référence) sont
ignorées. Par conséquent, les écritures rapprochées avec des
écritures postérieurs à la date de l'état apparaissent tout de
même sur l'état de rapprochement. Cela n'interdit pas cependant,
pour des raisons de commodité de faire apparaître le numéro de
rapprochement afin de signaler que ces écritures ont toutefois
trouvé une correspondance par la suite.
Le rapprochement automatique : On doit pouvoir entrer un
fourchette de dates, pour ne rapprocher que les écritures
présentes dans cette fourchette
interface : intégration des données
bien distinguer les travaux interactifs, qui demande des
interventions utlisateurs (saisie à l'écran, etc), des travaux
batchs qui peuvent être exécuter sans intervention de
l'utilisateur. Cette distinction permet de gérer la notion de
file d'attente et de priorité sur ces travaux batchs.
Gestion d'un tampon d'édition :
Après avoir été demandé, une édition est consultable via un
browser web. Les droits sont gérés sur ces éditions, et elle
sont purgées selon des critères paramétrables.
Configuration :
La configuration de l'outil sera gérée par de simples fichiers
texte. L'administrateur pourra les modifier via un browser Web.
On notera que ces spécifications s'intéresse surtout au serveur,
à ses caractéristiques techniques et fonctionnelles ou à la
manière dont l'administration du serveur pourra être
réalisée. Il n'y a volontairement aucune information concernant
l'interface, puisque celle-ci pourra être développée de
différente manière, sur différente plateforme, dans différents
langages. La liberté sera totale de ce point de vue et tout
développeur pourra y aller de sa touche personnelle sur une
interface qu'il développera.