Manuel de pdisk.
Préambule.
Ceci est la traduction en français du manuel de pdisk, éditeur de partitions
de disque dur. Cette traduction a été réalisée par Gautier Ancelin, avec
l'aimable assistance de Marc Herbert. Ne pouvant plus s'occuper de sa mise à
jour, il en a fait don à la rubrique "GNU Linux sur Macintosh" de
Linux-France. Veuillez donc m'adresser vos remarques concernant la traduction
(eherlent chez linux-france.org).
Le document original se trouve à http://www.cfcl.com/~eryk/linux/pdisk/index.html.
Ce document est publié avec l'aimable autorisation de son auteur
initial. Veuillez
lui adresser vos questions (en anglais) concernant le contenu de ce manuel.
La version originale du manuel fait partie du paquetage pdisk.
Généralités.
Qu'est-ce que pdisk ?
C'est un simple éditeur de partitions pour disque Apple. Il y a deux versions
de pdisk : une pour Linux et une pour Mac OS. Ce document présente la version
Mac OS de pdisk, bien que la plus grande partie soit également valable pour la
version Linux. Néanmoins, il vaut mieux consulter la documentation spécifique
à une version avant de l'utiliser.
Qu'est ce qu'une partition de disque Apple ?
La plupart des systèmes d'exploitation dispose de plusieurs méthodes pour
découper un disques en plusieurs parties - afin que le disque entier ne soit
pas dévolu à un seul système de fichiers, ou même à un seul système
d'exploitation. Ce découpage du disque est habituellement appelé
"partitionnement". Dans certains systèmes, les informations de partitionnement
sont écrites en dur dans le système, ce qui est restrictif. Mac OS, lui,
stocke cette information dans les premiers blocs du disque.
Le schéma de partitionnement de disque Apple a été développé en 1986 par
l'équipe A/UX avec l'aide des équipes Mac OS et Apple II. Il existait déjà un
format de partitionnement utilisé pour les premiers périphériques SCSI du
MacPlus, mais il a été remplacé par le format actuel dans le Macintosh II et
ses successeurs ainsi que dans les versions suivantes de Mac OS. Ce schéma
actuel est supporté par Mac OS, A/UX, ProDos, MkLinux et "Rhapsody".
Qu'est-ce que Linux ?
Au cas où vous auriez eu pdisk autrement que par le biais d'une distribution
de ce système, MkLinux est une version du système d'exploitation Linux,
modifiée pour tourner en tant que process serveur au dessus d'un micro-noyau
Mach. Comme avec Linux, tous les sources de ce système sont disponibles en téléchargement, y compris le source du noyau
Mach. MkLinux tourne sur la plupart des Macintosh PowerPC.
Sur quels Macintosh pdisk peut-il fonctionner ?
A priori, n'importe lequel. Il a été testé sous systèmes 7.6.1 et 8, mais
devrait également tourner sur des versions plus anciennes.Une version 68000
est même disponible pour ceux qui y trouveraient une utilité.
Pourquoi aurais-je besoin de pdisk sous Mac OS ?
Les principaux utilisateurs de la version Mac OS de pdisk sont les
utilisateurs de MkLinux. pdisk a été développé au départ pour ce système. La
syntaxe des commandes était à l'origine identique à celle de 'fdisk' (un
programme destiné à éditer les partitions au format DOS/Windows). La version
Mac OS est un portage très direct de la version MkLinux.
Les avantages de pdisk sur les programmes de partitionnement de disques les
plus répandus (SilverLining, FWB toolkit, Apple HD SC Setup, Drive Setup, etc)
sont :
- Contrairement aux partitionneurs Apple, il peut opérer sur n'importe
quel disque
- Il permet de changer l'ordre des partitions (très utile, puisque MkLinux
est sensible à cet ordre)
- Il créé par défaut des partitions MkLinux
- Il permet de changer la taille d'une partition
- Il permet de changer le nom d'une partition
- Il permet d'éditer la table de partition du disque de démarrage.
Les inconvénients de pdisk sont :
- Il n'initialise pas automatiquement les partitions HFS
- Il ne peut pas installer un pilote de disque
- Il permet d'éditer la table de partition du disque de démarrage.
Où puis-je avoir les sources ?
Le site principal pour MkLinux est <http://www.mklinux.org>. A l'heure où ces
lignes ont été écrites, on pouvait trouver les distributions de pdisk à <
ftp://ftp.mklinux.org/pub/mklinux-pre-R1/ppc/MacOS_Utilities/>.
Ceci inclut les binaires pour Mac OS et MkLinux, ainsi que les sources.
Description du programme (dans sa version 0.7).
Bien que pdisk soit un programme pour Macintosh, son interface n'est pas du
tout Macintosh. pdisk est un programme dit "orienté ligne". Dans un programme
de ce type, vous lancez vos commandes en tapant sur le clavier et le programme
ne regarde ce que vous avez tapé que lorsque vous appuyez sur "Return".
Lorsque vous lancez pdisk, une fenêtre avec des lignes de texte à
l'intérieur apparaît. La dernière ligne doit dire à peu de chose près "Top
Level command ? (? for help) :". C'est le prompt. Si vous tapez un ? suivi de
Return, vous devriez obtenir une liste de commande en anglais, comme ceci
:
Notes:
Disk have fake names of the form /dev/scsi<bus>.<id>
For example, /dev/scsi0.1, /dev/scsi1.3, and so on.
MkLinux style names are also allowed (i.e /dev/sda or /dev/hda),
and these names follow the MkLinux DR3 conventions.
Commands are:
h print help
v print the version number and release date
l list device's map
L list all devices' maps
e edit device's map
E (edit map with specified block size)
r toggle readonly flag
q quit the program
Quelques unes de ces commandes nécessitent ce que l'on appelle des arguments ;
par exemple l (list) et e (edit) ont besoin d'un argument
simple, le nom du périphérique à lister ou à éditer. Les commandes qui
nécessitent des arguments les demandent tour à tour. Vous pouvez également
donner ces arguments avec la commande en les séparant par des espaces. La
commande dans ce cas ne demande pas l'argument. Les commandes sont insensibles
à la casse (h ou H) sauf quand la majuscule donne accès à une
variante de cette commande.
- h
- Affiche l'aide relative à une commande. La différence entre h
et ? est que cette dernière affiche parfois des indications
supplémentaires.
- v
- Affiche le numéro de version et la date. Correspond à la version
indiquée dans la fenêtre d'informations du Finder.
- l
- Demande le nom d'un périphérique et affiche le contenu de sa table de
partitions.
- L
- Affiche le contenu des tables de partitions de tous les
périphériques.
- e
- Demande le nom d'un périphérique et ouvre sa table de partitions.
- E
- Identique à e, sauf qu'elle demande aussi la taille de
bloc.
- r
- Bascule pour le réglage "lecture seule". Quand "lecture seule" est
enclenché, pdisk ne peut pas écrire dans la table des partitions.
- q
- Quitte pdisk
Le format du listing.
C'est un bon endroit pour indiquer à quoi ressemble une table de partitions.
Partition map (with 512 byte blocks) on '/dev/scsi0.2' (/dev/sda)
#: type name length base ( size )
1: Apple_partition_map Apple 63 @ 1
2: Apple_Driver43*Macintosh 54 @ 64
3: Apple_Driver43*Macintosh 74 @ 118
4: Apple_Patches Patch Partition 512 @ 192
5: Apple_HFS untitled 2117430 @ 704 ( 1.0G)
6: Apple_Free Extra 10 @ 2118134
Device block size=512, Number of Blocks=2118143
DeviceType=0x0, DeviceId=0x0
Drivers-
1: @ 64 for 20, type=0x1
2: @ 118 for 32, type=0xffff
La première ligne indique de quel périphérique il s'agit et quelle taille de
bloc il utilise. La plupart des tables de partitions utilisent des blocs de
512 octets, mais elles peuvent également utiliser des blocs de 1024 ou 2048
octets. Si pdisk est capable de détecter un nom de partition MkLinux différent
du nom du périphérique, alors ce nom est affiché entre parenthèses.
Ensuite vient la liste des partitions. Chaque partition (ou morceau) du
disque prend une ligne dans la liste. Les données qui décrivent la partition
constituent l'entrée dans la table des partitions. Ces entrées sont listées
par ordre d'index. Pour chacune d'entre elles, on trouve :
- index : où se trouve l'entrée de la partition dans la table. Ceci ne
correspond pas à l'ordre relatif du contenu des partitions et peut changer
lors de l'édition de la table.
- type : la nature des données que l'on s'attend à trouver dans la
partition. pdisk ne met pas de données dans les partitions, sauf celle qui
contient la table des partitions. Le type est une chaîne de caractères
insensible à la casse.
- name : le nom est une information à l'usage de l'utilisateur.
- length : la longueur en blocs de la partition.
- base : le premier bloc de la partition, exprimé en blocs, en démarrant
par 0.
- size : la taille en octets. Affiché seulement si la taille est au moins
un Mega-octet.
La liste des partitions est suivie d'informations sur le bloc 0 du
périphérique qui décrit l'emplacement des pilotes.
Editer les tables de partitions.
La commande e du menu de plus haut niveau ouvre une table de partitions
en édition. Le prompt est alors changé en "Command ? (? for help):". Si vous
tapez "?" suivi de Return, vous devriez obtenir une liste comme celle-ci :
Notes:
Base and length fields are blocks, which vary in size between media.
The name of a partition is descriptive text.
Commands are:
h help
p print the partition table
P (print ordered by base address)
i initialize partition map
s change size of partition map
c create new partition (standard MkLinux type)
C (create with type also specified)
n (re)name a partition
d delete a partition
r reorder partition entry in map
w write the partition table
q quit editing (don't save changes)
Les commandes qui nécessitent des arguments les demandent tour à tour. Vous
pouvez également donner ces arguments en même temps que la commande en les
séparant par des espaces. Dans ce cas, la commande ne demande pas les
arguments déjà précisés. La seule exception est le prompt de confirmation des
commandes i et w. Les commandes sont insensibles à la casse
(h ou H) sauf quand la majuscule donne accès à une variante de
la commande.
Les partitions sont toujours indiquées par leurs numéros, qui sont aussi
leurs index dans la table des partitions. Une bonne partie de ces commandes
changent le numéro d'index des partitions voisines de celle modifiée. Il est
donc conseillé d'afficher la table des partitions aussi souvent que
nécessaire.
Créer plus de 15 partitions est déconseillé. Il y a actuellement un bug
dans certains (tous ?) noyaux qui fait que l'accès au disque est impossible si
plus de quinze partitions sont décrites dans la table.
- h
- Affiche l'aide relative à une commande. La différence entre h
et ? est que cette dernière affiche parfois des indications
supplémentaires.
- p
- Affiche la table des partitions. Le résultat est identique à celui du
listing décrit plus haut.
- P
- identique à p, sauf que les entrées sont listées dans l'ordre de leurs
apparitions sur le disque (triés en fonction du numéro de leurs premiers
blocs) plutôt qu'en fonction de leurs index.
- i
- Initialise la table des partitions. Rarement utilisée. Cette commande
demande la taille du périphérique. ATTENTION : si vous écrivez la table
après l'avoir initialisée, le disque devient invisible de Mac OS et
pdisk n'est pas capable d'installer un pilote !
- s
- Change la taille de la partition qui contient la table des partitions.
Cette taille doit être inférieure ou égale à la taille de la partition
dans laquelle elle est écrite. Cette commande est utile lorsque vous
voulez faire des choses compliquées comme formater un disque avec
plusieurs schémas de partitionnement.
- c
- Créer une partition nécessite trois arguments.
Le premier argument est l'adresse de base (exprimée en blocs) de la
partition. Outre un simple nombre, vous pouvez donner un numéro de
partition suivi de la lettre 'p' pour indiquer que le premier bloc de la
nouvelle partition doit être le même que celui de cette partition
existante vide.
Le deuxième argument est la longueur de la partition exprimée en nombre
de blocs. Ce peut-être un simple nombre ou un numéro de partition suivi
de la lettre 'p', auquel cas c'est la taille de cette partition qui est
prise. Ou encore un nombre suivi de la lettre 'k', 'm' ou 'g' qui
indique la taille à donner à la partition en ko, Mo ou Go respectivement
(ce sont des multiples de 1024, bien sûr, et non des multiples de 1000).
Le dernier argument est le nom de la partition. Ce peut être un simple
mot sans quotes, ou une chaîne de caractères entre guillemets ou entre
quotes.
Le type de partition créé est fixé correctement pour une partition
MkLinux ("Apple_UNIX_SVR2").
- C
- Identique à la commande 'c', avec la possibilité de donner le
type de partition voulu en dernier argument. Le type peut-être un simple
mot sans quotes, ou une chaîne de caractères entre guillemets ou entre
quotes.
- n
- Renomme une partition. Ne changez pas le nom d'une partition dont le
type commence par "Apple_Driver". Mac OS a besoin de ces partitions. Les
noms des autres partitions peuvent être changés.
- d
- Détruit une partition. Lorsqu'une partition est détruite, son type est
changé en "Apple_Free" et elle peut fusionner avec une autre partition
libre adjacente.
- r
- Réordonner prend comme argument l'index courant et le nouvel index. Si
le nouvel index est plus grand que tous les index existant, c'est le
dernier index disponible qui est pris.
- w
- Ecrit la table de partitions sur le disque, mais pdisk ne vide pas
encore les caches appropriés et ne démonte pas les volumes, la table des
partitions n'est donc pas réinterprétée. Pour que cette table soit prise
en compte, il faut redémarrer la machine. Désolé.
- q
- Quitte le mode édition. Retourne au prompt de niveau le plus haut. Si
vous avez modifié la table de partitions, les changements sont PERDUS,
aucune proposition d'écriture de cette table n'est faite.
Problèmes connus.
Ceci est une horrible application Mac OS, il faudrait la doter d'une interface
digne de ce nom.
L'utilisation de ce programme nécessite une bonne compréhension des schémas
de partitionnement, bien meilleure que celle que la plupart des gens
s'efforcent d'acquérir.
L'aide pendant la saisie des informations doit être améliorée.
erik chez cfcl.com
Traduction : Gautier Ancelin, avec l'aimable assistance de Marc
Herbert.
Remarque : Le noyau Linux pour PowerPC limite le nombre de partitions à
63 pour les disques IDE et 15 pour les disques SCSI. Voyez à ce sujet le
document /usr/src/linux/Documentation/devices.txt. Notez également qu'une
installation standard de Linux ne crée que les 16 premiers fichiers spéciaux,
par exemple /dev/hda1 à /dev/hda16. Enfin, notez que la page de man de pdisk
fait état d'une limitation du nombre de partitions à 15, sans préciser si
cette limitation affecte les disques IDE, ni si elle est uniquement présente
avec les noyaux MkLinux.
Dernière mise à jour le 20/6/00.
les fichiers en téléchargement sont à
ftp://ftp.linux-france.org/pub/macintosh/
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