Cassons les mythes.

(NDWM : j'imagine qu'il s'agit là des mythes qui nous abusent ... ;-)

A 34 ans, mes connaissances en informatiques se limitaient à l'utilisation de quelques applications, sous environnement Merdoze, dans un cadre professionnel.

Mon métier consiste à spéculer sur les marchés financiers pour le compte d'une banque, et de ce fait je suis derrière des écrans toute la journée. Toutefois, tout est configuré par des informaticiens chevronnés, et je n'ai jamais été intéressé par en savoir plus, tellement l'environnement Merdoze est rédhibitoire.

Croyez le ou non, il y a encore quelques temps, Word ou Excel m'apparaissaient comme des mondes étranges. J'ai toutefois décidé il y a quelques mois d'acheter mon premier ordinateur, et d'aller à la conquête du monde soi-disant merveilleux d'Internet.(Ne le dites pas à ma femme, mais c'était surtout pour admirer les poumons de Paméla...).

Ayant toujours eu un esprit quelque peu critique et rebelle, je décidais de me différencier en achetant un Mac. De plus, j'avais toujours entendu dire que Mac OS était plus convivial. Ne faisant pas les choses à moitié, j'achetais le dernier Power G3 bleu & blanc (belle bête), et m'empressait de me câbler via Cybercâble (quand les serveurs ne sont pas en rade, le service est bon).

Mac OS m'a donné entière satisfaction, et je me suis très vite attaché à mieux dompter ma machine. Comme tout le monde, j'ai très vite passé des heures à me balader dans ce grand foutoir qu'est le Net. J'ai réalisé qu'il y avait de tout et n'importe quoi, surtout n'importe quoi avec une grosse dose de cul.

Afin de mieux maîtriser mon G3, je me suis mis à acheter régulièrement différentes revues, dont LOGIN. C'est grâce à celle-ci que j'ai entendu parler pour la première fois de Linux, et quelques articles alléchants ont fini d'éveiller ma curiosité. Malgré un papier paru dans Libération qui décrivait les nuits blanches et cauchemardesques consacrées à l'installation de Linux, je décidais de me lancer dans l'aventure, avec pour toute connaissance les explications données sur Linuxppc.com, et le site de R.Shaw (thanks Bob).

Il me fallut tout d'abord partitionner mon disque dur. Heureusement, lors de la mise en route de mon Mac, on m'avait donné l'excellent conseil de partitionner mon disque en trois, en cas de grave pépin. J'ai donc totalement vidé une de mes partitions, et je l'ai consacré à Linux. Il ne me restait plus qu'à sous-partionner. Pour cette opération délicate, j'ai fait appel à l'informaticien de ma salle des marchés. C'est en effet une des parties les plus délicates, et je n'avais aucune envie de perdre tout le contenu de mon disque dur. J'ai ensuite téléchargé l'installeur et BootX, et tenté une installation via FTP. Impossible . Après quelques heures de nombreux échecs, je décidais d'opter pour l'autre méthode, i.e. à partir de mon disque dur. Mon impatience me poussa à télé charger dans son intégralité la version R5 de linuxppc. Malgré la grande vitesse du débit (à minuit, le téléchargement se faisait à une vitesse moyenne de 50-70 Ko/s), quatre bonnes heures furent nécessaires pour parvenir à tout rapatrier. Une fois le matériel chargé sur mon Mac, il ne me restait plus qu'à aller me coucher tellement il était tard...

Quelques jours après, (ma femme commençait déjà à trouver mes Linuxeries nocturnes quelques peu pénibles), je tentais l'install à partir de mon disque dur. O miracle, je parvins à apercevoir le fameux petit pingouin, ainsi que les premières lignes du Boot. Mais ensuite, le fameux message " can't open lib module...", puis plus rien, si ce n'est la panique du noyau. Quelle déception.(il était encore tard dans la nuit).

Quelques jours plus tard, et renseignements pris sur les divers sites, FAQ, je réalisais que le nom de nombreux programmes étaient tronqués lors du téléchargement, et qu'il me fallait les modifier un par un afin que l'installeur puisse les reconnaître. Prenant mon courage à deux mains, plus quelques amphétamines, je décidais de renommer les fichiers dont le nom avait été tronqué. Je réessayais donc l'install avec ces nouveaux fichiers tout beaux tout propres. Et patatras, je me suis heurté à un nouveau problème : l'installeur n'arrivais pas à trouver les quelques fichiers essentiels (je ne me souviens plus desquels, car cela fait quand même quelques mois). Il me semblais pourtant que tout était correctement installé sur ma partition "exchange", et que j'avais respecté la hiérarchie dans les dossiers indiquée par R.Shaw. Entre temps, j'avais eu la bonne idée de commander le cd-rom de Linuxppc R5. Et comme par hasard, je le reçu le jour où tout mes fichiers FTP furent enfin prêts. Il ne me restait plus qu'à mettre à la corbeille des fichiers que j'avais mis des heures à télécharger, et ensuite à renommer...

Avec le cd-rom, je voyais enfin la fin de mes quelques galères. C'est avec une certaine appréhension que j'insérais le cd dans mon lecteur, m'attendant à un grand moment de magie. Je choisissais d'installer Linux à l'aide de l'installeur X, plus convivial au demeurant que l'installeur Red-Hat. Tout se déroulait parfaitement (du moins le croyais-je), et je me laissais guider par le programme. Quelle ne fut pas ma déception quand au moment du boot, rien ne marchait. Après de nombreux essais, et ne parvenant toujours pas à booter, je décidais de refaire l'installation avec l'installeur Red-Hat. Et enfin, O miracle, le boot alla jusqu'au bout, et je pu enfin me logger. Quel bonheur de voir pour la première fois la fenêtre de Gnome. J'avoue que cela a été ma première grande joie informatique. J'ai alors eu le sentiment d'appartenir à un club très fermé de privilégiés...

En fait, le plus dur n'était pas encore fait. Car après l'install, il m'a fallut apprendre à configurer correctement ma machine. Et là, on rentre vraiment dans le vif du sujet. Il n'y a plus d'installeur pour vous aider. La solution pour quelqu'un comme moi, avec des connaissances rudimentaires, passe par quelques bons bouquins, ainsi que les différents forums, F.A.Q., et autres How-To. Quelques mois après, je suis toujours à améliorer ma machine. Cela dit, un des intérêts de Linux réside dans ces incessantes modifications. Une fois que j'ai réussi à régler un pb, j'ai une impression d'ennui, et je m'attaque aussitôt à une autre partie de mon système. Car il faut quand même que je vous dise que je fais de l'informatique pour faire de l'informatique. Je n'utilise ma bécane que pour trafiquer mon Linux. Je ne fait pas de photo, vidéo; je n'aime pas les jeux; je ne rentre pas mes comptes sur un quelconque tableur; Internet ne me passionne pas (à part les sites consacrés à Linux). Bref, ma bécane ne me sert quelque part à rien, si ce n'est de la bidouille informatique.

Voilà. Tout est à peu prés dit. Linux est certainement une des grandes aventures informatique de ces temps. Je ne pensais pas au début mettre les pieds dans quelque chose d'aussi puissant. Alors qu'aujourd'hui tout est microsofté, standardisé, commercialisé, il est agréable de constater que de tels systèmes puissent exister. J'ose espérer que l'aventure boursière de Red-Hat ne viendra pas donner des idées mercantiles à tous les acteurs de cette aventure. Un tel système ne peut continuer à être aussi performant et innovateur que si il n'y a aucune obligation de résultat, et aucune contrainte financière. Il est étonnant et révélateur qu'aujourd'hui vous trouvez beaucoup plus d'aide lorsque vous êtes planté sur Linux que lorsque cela vous arrive sous Merdoze. Certes, il faut savoir fouiller et aller à la pêche aux infos. Mais la rapidité avec laquelle vous obtenez des réponses à vos problèmes est surprenante. Qui peut dire la même chose avec Microchiotte? La meilleur preuve de l'efficacité de Linux vous est donnée par mon expérience. J'ai réussi à l'installer, le configurer très correctement, et l'utiliser SANS avoir AUCUNE connaissance particulière.

Arno Gaboury.

Veuillez envoyer vos remarques, commentaires ou suggestions à Etienne Herlent qui transmettra.

 

Dernière mise à jour le 27/11/99.

les fichiers en téléchargement sont à ftp://ftp.linux-france.org/pub/macintosh/

 

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