Installation et prise en main de la Yellow Dog Linux 2.1 pour Power Macintosh.

Introduction

Ce document est la nouvelle version de l'article "Installation et prise en main de la Yellow Dog Linux 2.0".

Il n'a d'autre prétention que de relater une expérience personnelle et ne saurait se substituer au manuel d'installation (il n'en est qu'un vague commentaire) ni aux manuels divers et variés de Linux.

La machine et son environnement

Mon expérience de la YDL 2.1 se limite à un PowerMac G3 Beige DT/233 avec 320 Mo de RAM, un disque interne IDE 4 Go (celui d'origine) réservé à MacOS, un CD-ROM ATAPI, un disque externe SCSI 18 Go sur lequel se trouve Linux et connecté à mesh (le contrôleur SCSI des PowerMac), et un graveur SCSI branché sur le même bus. L'écran est un Formac ProNitron 17/750. Le clavier et la souris sont des périphériques ADB. La connexion internet se fait via une bonne Airport avec une IP fixe. C'est donc une machine dite OldWorld et je n'ai aucune expérience du démarrage par Yaboot de la YDL.

Le CD

La YDL est en théorie distribuée sur trois CDs, mais un seul est disponible sous forme d'image ISO. Les versions précédentes étaient disponibles sur deux CDs, le CD d'installation et un CD dit Tasty Morsels avec des paquets supplémentaires. Ces paquets sont disponibles sur le serveur FTP.

Comme d'habitude, le lien pour trouver l'image ISO sur le site de YDL est cassé, et en plus, l'image sur le serveur de TerraSoft au début novembre était incomplète.

J'ai utilisé l'image téléchargée sur le miroir suivant: ftp://ftp.ibiblio.org/pub/Linux/distributions/yellowdog/iso/fuji-2.1-20011031-install.iso

Les paquets extras sont disponibles sur le même miroir: ftp://ftp.ibiblio.org/pub/Linux/distributions/yellowdog/extras/yellowdog-2.1/

NDWM : la liste des autres miroirs est ici http://www.yellowdoglinux.com/resources/ftp_mirrors.shtml

La préparation de l'installation

La première chose à faire est de décider où mettre Linux. La YDL est un peu gourmande en place si l'on veut installer de nombreux logiciels parmi ceux fournis sur le CD et le serveur. Avec une installation comme station de développement, l'espace occupé est de moins de 2 Go.

L'installation de BootX et de l'image disque pour l'installation

Sur les macs NewWorld, le manuel dit qu'il suffit de démarrer sur le CD (en utilisant de yaboot). Sur les macs OldWorld, il faut utiliser BootX.

Apparemment, l'installeur de BootX (que je n'ai pas essayé) est celui de la 2.0 et a donc les mêmes défauts: il fonctionne, même si la préparation d'installation semble durer anormalement longtemps. Pensez à insérer le CD d'installation (si comme moi vous avez un lecteur de CD interne moins rapide que le graveur externe, l'installation peut se faire à partir d'un CD externe non bootable - ce qui est impossible avec yaboot), et redémarrez. Ne pas tenter BootX App maintenant (ça ne fonctionne apparemment pas pour l'installation).

Au démarrage, BootX s'affiche. Cliquez sur "Options" et choisissez "Use ram disk" puis spécifiez l'image disque pour l'installation graphique (ramdisk-x11.image.gz) tout comme expliqué dans le manuel. La taille allouée à l'image RAM dans BootX doit être de plus de 16 Mo (32 Mo ont l'air de fonctionner)

De plus, il y a un bogue dans la version fournie de BootX: cliquer sur OK dans la fenêtre des options a parfois pour effet de valider le bouton pour le lancement de MacOS ou de Linux.

Si tout se passe bien, l'installateur se charge (en cas de pépin, c'est peut-être que le CD d'installation n'est pas trouvable).

L'installation

Pour l'installation, vous pouvez choisir français et vous aurez le clavier français et des traductions loufoques. Ou alors, vous pouvez prendre anglais avec un clavier américain (mais vous échapperez aux traductions). J'ai procédé à une configuration détaillée de l'installation.

Il vous faut indiquer à l'installeur où installer Linux. L'installeur permet ici de modifier la table des partitions de vos disque dur, faites attention. Il faut créer au moins trois partitions comme le dit l'installeur. Le bogue de l'installeur de la 2.0 (qui faisait qu'il fallait resortir de la liste des partitions pour chaque partition créée/modifiée) semble corrigé.

L'installeur conseille de faire une partition de 10 Mo pour le chargeur de démarrage, l'idée étant que la Yellow Dog utilisera peut-être Yaboot pour les macs OldWorld un jour (10 Mo c'est un peu gros, il ne dit rien si on ne lui donne que 2 Mo).

Lorsque vous choisissez votre clavier, il y a un bogue que l'on retrouve dans le logiciel kbdconfig. Les claviers proposés sont ceux de /usr/lib/kbd/keymaps/i386 et non pas de /usr/lib/kbd/keymaps/mac. Donc choisissez US. Pensez-y lorsque vous choisirez vos mots de passe.

Une nouveauté de la 2.1 est qu'on peut choisir les paquets un par un.

J'ai eu un problème assez pénible avec l'installeur graphique. Je lui ai dit que j'avais une IP fixe et il n'a pas cessé de me dire que le serveur DHCP ne répondait pas. J'ai donc dit que je n'avais pas d'accès internet, et j'ai dû tout configurer à la main.

Je déconseille de démarrer directement sous X et d'activer le service Xautoconfig. D'abord parce qu'il va falloir le désactiver parce qu'il ne saura pas bien configurer votre machine (en particulier pour le clavier).

Si tout se passe bien, vous devez bientôt être sous linux.

Configuration de Linux

Sous Linux, il nous reste à configurer X, installer le clavier et le configurer, et la machine sera opérationnelle.

La configuration de X se fait en théorie à l'aide de Xconfigurator, mais avec ce nouvel écran, ça ne marchait pas comme je voulais. Si c'est votre cas, vous devrez configurer X à la main. Il paraît que l'on peut griller son écran. bla bla bla. Vous êtes seul responsable.. Vous trouverez quelques pistes ici. Remarquez que vous préférerez peut-être vous occuper d'abord du clavier. Ou plutôt, dès que vous en aurez marre de taper :wq au lieu de Mza pour quitter et enregistrer les changements sous vi, occupez-vous du clavier :).

L'installation du clavier est plus délicate. Il faut d'abord récupérer le rpm (par exemple avec lynx ou Konqueror) de Linux PPC pour le noyau "new input layer", qui est ici ftp://ftp.linux-france.org/pub/macintosh/kbd-mac-fr-3.3-1.noarch.rpm, et l'installer, tout en étant root, avec:

rpm -ivh kbd-mac-fr-3.3-1.noarch.rpm

Ne tenez pas compte de ce qu'il dit. Ce qui compte c'est qu'il a installé deux fichiers:

Ensuite, testez le clavier français dans la console (pas dans un terminal sous X) avec loadkeys:

loadkeys /usr/lib/kbd/keymaps/mac/azerty/mac-fr-ext_new.kmap.gz

Si tout va bien, on peut alors configurer X et créer un script de chargement du clavier au démarrage. En effet, en allant modifier /etc/sysconfig/keyboard ou en utilisant kbdconfig après avoir corrigé le bogue, vous allez vous attirer des ennuis que je ne vous souhaite pas (si vous y tenez, sachez que 'root' est 'é--"').

Pour X, c'est fort simple. Apparemment, si vous avez choisi français lors de l'installation, un clavier français sera déjà installé. Il faudra néanmoins décommenter la ligne dans /etc/X11/XF86Config-4 qui dit que le type est mac pour qu'il fonctionne. Si vous voulez utiliser le clavier fr_new du paquetage rpm que vous avez installé, remplacez fr par fr_new pour l'option XkbLayout.

Pour la console, je conseille de créer un script dans /etc/init.d appelé clavier-fr:


#!/bin/sh
##################################################
# clavier-fr
#
# Script init pour charger le clavier fr.
############
# Bibliothèque de fonctions
. /etc/rc.d/init.d/functions
## -------------------------------------------- ##
## Constantes
## -------------------------------------------- ##
# Constantes pour ce script.
# Simplement le chemin vers le clavier et le fichier utilisé pour savoir si le clavier est chargé.
kFichier_Lock=/var/lock/subsys/clavier-fr
kClavier=/usr/lib/kbd/keymaps/mac/azerty/mac-fr-ext_new.kmap.gz
## -------------------------------------------- ##
## start()
## -------------------------------------------- ##
# Fonction qui charge le clavier français.
# Affiche "Chargement du clavier fr: [ OK ]"
# Utilise le fichier $kFichier_Lock pour savoir si le clavier est chargé.
start()
{
    action "Chargement du clavier fr: " /bin/true
    loadkeys $kClavier 2> /dev/null
    touch $kFichier_Lock
    return 0
}
## -------------------------------------------- ##
## stop()
## -------------------------------------------- ##
# Fonction qui charge le clavier par défaut.
# Affiche "Chargement du clavier par défaut: [ OK ]"
# Supprime le fichier $kFichier_Lock.
stop()
{
    action "Chargement du clavier par défaut: " /bin/true
    loadkeys -d 2> /dev/null
    rm -f $kFichier_Lock
    return 0
}
## -------------------------------------------- ##
## Point d'entrée
## -------------------------------------------- ##
# On accepte 4 valeurs pour le premier paramètre.
# Suivant cette valeur, on charge le clavier français,
#  on charge le clavier par défaut ou on raconte notre
#  vie sur ce canal stdout.
case "$1" in
        start)
                start
                ;;
        stop)
                stop
                ;;
        reload|restart)
                stop
                start
                ;;
        status)
                if [ -f $kFichier_Lock ]; then
                        echo "Le clavier fr semble activé"
                else
                        echo "Le clavier fr semble désactivé"
                fi        
                ;;                        
        *)
            echo "Syntaxe: $0 {start|stop|reload|restart}"
            exit 1
esac # case "$1" in
exit 0

Essayez le avec clavier-fr stop et clavier-fr start (regardez ce que ça donne pour les touches). Une fois créé, il faut l'installer pour au moins le niveau 3 (qui est celui que vous avez utilisé jusqu'à présent) avec:

$ su root
Password:
# ln -s /etc/init.d/clavier-fr /etc/rc.d/rc3.d/S99clavier-fr
# exit
$

Redémarrez. S'il y a un problème, demandez le démarrage interactif (en appuyant sur I) et dites non pour le clavier français. Si tout fonctionne, installez ce script pour les autres niveaux.

Pour la souris, les boutons d'émulation sont F11 (milieu) et F12 (droite). Pour le reste, c'est comme indiqué ici: http://www.linux-france.org/article/materiel/mac/souris_nil.html

La suite des événements

La suite des événements consiste normalement à continuer de configurer Linux pour y mettre les outils dont vous avez l'habitude. Voici quelques notes à ce sujet.

Yup!: l'utilitaire de Terra Soft pour les mises à jour par le réseau fonctionne bien. Veillez cependant à ne le lancer qu'après avoir installé tous les modules que vous souhaitiez à partir des deux CDs. En effet, yup update ne met à jour que les paquets déjà installés.

Les paquets supplémentaires il va probablement vous manquer un certain nombre de paquets qui sont sur le serveur FTP (dans extras), dont:

Les outils HFS+: la YDL est distribuée avec la version 1.0.2-4 de ces outils, mais sans l'aide dans /usr/doc. Cependant, l'aide n'indique rien de la syntaxe des commandes, et je n'ai pas trouvé comment se déplacer dans un dossier avec un accent avec hpcd. Ce qui veut dire que pour MOL, il faut copier le fichier MacOS ROM quelque part ailleurs que dans le dossier système.

Utilisation de (t)csh: L'utilisation de (t)csh conduit à une erreur. [Ce bogue de la 2.0 est peut-être toujours présent -- comme j'ai installé la jdk directement à partir des tarballs de BlackDown, je n'ai pas vérifié]. C'est dû à un bogue dans /etc/profile.d/jre.csh. Il faut lire setenv PATH ${PATH}:/usr/lib/j2re1.3/bin et non pas setenv PATH $PATH:/usr/lib/j2re1.3/bin

Références

Historique des changements

Paul Guyot (pguyot chez kallisys.net)

 

Dernière mise à jour le 10/02/02.

les fichiers en téléchargement sont à ftp://ftp.linux-france.org/pub/macintosh/

 

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