Installation de la Yellow Dog Linux

pour Macintosh PowerPC

Version 1.2 - 3 octobre 1999

 

 

Ce document

Mon intention n'est pas de rédiger ici un "manuel" complet pour la Yellow Dog Linux, mais juste de faire part de mon expérience personnelle avec cette distribution de Linux pour PPC. Une expérience d'ailleurs encore largement partielle et partiale.

Ces notes n'entendent donc pas se substituer à la documentation officielle (plutôt bien faite) de la YDL, disponible au format .pdf sur http://www.yellowdoglinux.com, mais plutôt d'apporter des éléments d'une expérience empirique et donc des réponses concrètes à certains problèmes concrets qui se posent à l'utilisateur francophone et/ou néophyte.

Compte tenu du fait que sur les forums et les mailing lists sont souvent posées des questions déjà abordées (!) dans la documentation, je ne peux que conseiller de lire impérativement et avant toute chose le manuel de la YDL (et celui de la LinuxPPC au passage) en plus de ce document.

On peut aussi se reporter à toutes fins utiles à la FAQ du forum fr.comp.os.unix.mac (disponible sur http://webperso.easyconnect.fr/eherlent)

 

La Yellow Dog Linux

Entre juillet et septembre 1999 j'ai procédé à plusieurs installations successives des distributions Yellow Dog Linux Champion Server 1.0, puis Champion Server 1.1, sur un PowerMac 7500 et Un PowerBook G3 297 (dit Wallstreet II). La CS 1.0 de Yellow Dog fut la première distribution LinuxPPC opérationnelle sur ordinateurs G3 : construite sur une pre-release de la Red Hat 6.0 (Rawhide), on peut considérer que c'est un produit "non-fini", tout en se révélant, selon moi, bien plus stable et mûr que la version de LinuxPPC 1999 (ou R5) sortie en juin 1999 que je n'avais pas vraiment réussi à faire fonctionner sur mon Pmac 7500.

La CS 1.1, mise en circulation début juillet de la même année, corrige de nombreuses faiblesses de la CS 1.0 et apporte une notable mise à jour des différents packages. Sans être exempte des limites inhérantes au portage récent de Linux sur plate-forme PPC, cette distribution me semble de fait être ce qu'il y a de plus abouti en la matière (du moins par rapport à la première version de LinuxPPC 99).

 

Préparation de l'installation

a) Partitionnement

Comme je l'avais fait lors de l'installation de la LinuxPPC R4, j'ai d'abord procédé pour mon PB 300 à la partition du disque dur sous MacOS (sur le PowerMac 7500 j'ai tout simplement gardé les partitions faites précédemment pour la R4). J'ai utilisé l'Outil Disque Dur de MacOs 8.5 et j'ai ainsi crée plusieurs partitions. Dans les deux cas, disposant de pas mal d'espace disque (6 Go sur deux disques SCSI pour le Pmac 7500 et un disque IDE de 8 Go sur le PB 300) j'ai calculé assez large pour allouer de l'espace à Linux :

/             500 Mo
/usr            1 Go
/home           1 Go
/swap         128 Mo

D'après le manuel de la YDL, il faut compter un minimum de 800 Mo, voir 1 Go, pour une installation "satisfaisante" (et 1,5 Go pour une installation complète). Sans serveur X et window manager il est, cela dit, sans doute possible de se contenter d'un espace moindre.

Le fait de faire les partitions avant, sous Mac (en HFS, format de disque du Macintosh, et surtout pas en HFS+) permet d'éviter la phase délicate pour les néophites d'un partitionnement avec pdisk (une fois démarré sous l'installeur Red Hat ou avec la version Mac de pdisk) ce que j'avais dû faire pour le Pmac 7500 lors de l'installation de la LinuxPPC R4.

Il suffit alors à l'invite de l'installeur de choisir l'option pdisk (ou fdisk, c'est la même chose), puis directement "done", sans lancer le programme, pour passer directement au nommage et reformatage des partitions.

b) Dual boot

Contrairement à ce qui se passe pour l'installation de Linux pour i386 (Intel) on ne peut procéder à l'installation de LinuxPPC en démarrant depuis le CD-Rom. J'ai donc installé sur mon disque dur, dans la partition MacOS, le "kit" d'installation de la YDL (fichier .sit qui se décompacte avec StuffitExpander, disponible gratuitement sur http://www.aladdinsys.com) qui comprend :

- BootX 1.1.1 en versions extension et application

- Un fichier ramdisk.image.gz (à ne surtout pas décompresser) qui se place au premier niveau du système.

- Un fichier vmlinux (à décompresser si on le récupère sous forme d'archive vmlinux.gz) qui se place dans le dossier Linux Kernels au premier niveau du dossier système. Il s'agit en l'occurrence d'un kernel 2.2.6.

Note : une version plus récente de BootX est disponible sur le site de son auteur Benjamin Herrenschmidt (http://penguinppc.org/~benh/)

 

Installation de Linux

Une fois cette première phase terminée, il suffit de lancer l'application BootX en cochant l'option "Use RAM Disk", l'ordinateur démarre alors sous Linux et (si tout se passe bien) lance automatiquement l'installateur de la Red Hat. En cas de problème à ce niveau, ce qui semble arriver parfois sur certaines machines, la première chose à faire est sans doute de chercher une autre version de vmlinux. Les versions récentes de BootX permettant d'en placer plusieurs dans le dossier "Linux Kernels" du dossier système Mac et de choisir sur lequel lancer Linux (donc on peut en essayer plusieurs sans trop de manutention).

L'installeur Red Hat affiche une interface d'une rare laideur (pourquoi cet abominable bleu électrique en fond?) mais s'avère somme toute très efficace et pragmatique. Il importe à ce stade de prendre son temps pour lire les options proposées ou les questions posées et de bien réfléchir avant de valider un choix.

A ce stade deux choses importantes :

- L'installation en français qui nous est gentiment proposée ne fonctionne pas : il manque le fichier install2.tr qui lui est nécessaire. On se retrouve avec un charabia indescriptible... c'est pas très grave, mais autant rester en anglais.

- Surtout ne pas choisir de clavier français ! Les deux versions proposées ne fonctionnent pas, il leur manque par exemple les touches "q" (ce qui est plutôt gênant) et "@". Il faut donc se faire une raison et utiliser le QWERTY dans un premier temps... Ce qui n'est finalement pas si compliqué.

a) Choix des packages

Pour le choix des packages j'ai eu quelques problèmes au début pour ce qui concerne le serveur X. Il me semble (de façon tout à fait empirique) que si l'on est trop "sélectif" on risque de supprimer certaines dépendances que l'installeur n'est pas capable ensuite de résoudre et on se retrouve au finish avec un système incomplet (du moins au niveau du serveur X). Je me suis donc résolu à être moins sélectif, quitte à faire le ménage ensuite...

De toute façon, au cours de l'install, lors du choix individuel des packages, la touche F1 permet d'avoir leur descriptif et d'éventuelles indications sur leur nécessité. On évite ainsi d'installer les fonctions NFS ou Sendmail, par exemple, si on en n'a pas l'utilité.

b) Configuration du serveur X

Globalement il n'y a eu aucun problème particulier (souris, imprimante, câble), si ce n'est le délicat passage de la configuration de la vidéo pour mon PowerBook lorsque j'ai installé la CS 1.0 : xconfigurator s'avérant incapable de générer un fichier XF86Config qui fonctionne correctement. La CS 1.1 a, par contre, directement reconnu ma carte ATI RagePro LT mais je dois laisser l'option "No Video Driver" cochée dans BootX pour avoir accès à un bel écran 32 bits en vidéo non-accélérée. Je reviens sur cette question un peu plus loin.

c) Démarrage

Une fois cette phase terminée, l'installeur demande si l'on veut démarrer directement sous X (runlevel 5) ou sur la console (runlevel 3) : je conseille vivement cette seconde option qui permet en cas de mauvais fonctionnement du serveur X de procéder à des réglages "manuels" des fichiers de configurations par exemple avec l'éditeur de texte vi. Cela concerne en particulier les fichiers :

/etc/X11/XF86Config
/etc/inittab

Cela d'autant plus que l'environnement graphique par défaut de la Yellow Dog est (comme pour LinuxPPC 1999) Gnome plus Enlightement ce qui s'est avéré praticable sur le PowerBook, mais tout à fait impossible sur mon Powermac 7500. Qui plus est, Gnome et Enlightement ont pour moi des défauts rédhibitoires : ils sont tous les deux très gourmands en ressources de la machine, exclusivement anglophones et surtout le portage PPC de Gnome semble encore plein de bugs (instable quoi).

Bref il n'y a plus ensuite qu'à redémarrer sous Linux... En ayant noté si nécessaire le numéro de la partition de boot (chez moi hda7) pour l'indiquer comme argument dans BootX.

La vidéo

Le choix de la vidéo pour le PB 300 s'est avéré problématique avec la CS 1.0 (non supporté) et il ma fallu tripoter le fichier /etc/XF86Config à la main (sous vi) pour pouvoir démarrer ensuite en frame buffer en 32 bits. J'ai suivi pour cela les indications du document écrit par Alvin Brattli et traduit en Français sur le site de Linux-France (http://www.linux-france.org/macintosh/text000007.html) sans pour autant réussir à me passer de l'option "No Video Driver" au démarrage avec BootX.

Avec la CS 1.1 par contre rien à faire sur le PowerBook ! Le xconfigurator reconnaît la carte ATI RagePro LT, mais doit une fois de plus utiliser l'option "No Video Driver" pour avoir un affichage correct. L'affichage est bien en 32 bits, mais sans accélération vidéo.

Pour le 7500 (avec écran 17 pouces) dans les deux cas sans problème.

Si vous avez beaucoup de problèmes pour configurer la vidéo de votre machine le manuel de la YDL suggère de procéder à l'installation en cochant l'argument "No Video Driver" dans BootX ce qui devrait suggérer à l'installeur d'aller chercher la configuration de l'écran du côté du Mac (Frame Buffering). C'est ce que j'avais fait à ma main, sans le savoir, pour la CS 1.0.

 

Périphériques

Sur le PB 300 j'ai édité le fichier /etc/fstab pour monter une partition Mac de 50 Mo dédiée aux échanges avec Linux. Après avoir créée un répertoire "mac" dans /mnt, j'ai juste eu à taper :

/dev/hda13 /mnt/mac hfs 00

(/dev/hda13 étant le numéro de cette partition sur mon disque IDE).

Le lecteur de CD-Rom est lui reconnu d'office, mais on ne peut visiblement pas lire des CD au format HFS (pour Mac). Pas de problèmes pour les hybrides et les CD pour PC.

Les extensions SCSI du PowerBook sont automatiquement reconnues aussi. J'ai donc accès à mon lecteur Zip externe et à un éventuel lecteur de disquette (dans mon cas il est absent).

 

Connexion câble

Pour la connexion câble j'ai pas vraiment essayé avec la CS 1.0, mais par contre avec la CS 1.1 cela c'est fait tout seul au moment de l'installation (étant relié au modem câble à ce moment-là, je n'ai même pas eu à taper le nom du provider, cybercable.fr en ce qui me concerne) le script de configuration a trouvé tout seul les informations nécessaires.

Pour ceux qui auraient vraiment des problèmes, il y a un document HOWTO en français sur le site de Linux-kheops (http://www.linux-kheops.com/doc/cables/cable-howto.html).

 

Environnement graphique

Pour zapper Gnome, avec la CS 1.0 j'ai dû éditer le fichier /etc/X11/xinit/Xclients pour inverser l'ordre de préférence (c'est Gnome qui était mis par défaut en premier, je lui ai substitué KDE).

Avec la 1.1 il n'y a qu'à éditer (ou créer) le fichier /etc/sysconfig/desktop (les infos nécessaires sont données dans le commentaire du fichier /etc/X11/xinit/Xclients). Pour le moment j'ai choisi KDE, encore une fois, parce que c'est en français (!).

Il suffit de faire :

vi /etc/sysconfig/desktop

Et d'écrire dans le fichier ainsi créé :

PREFERED=Startkde

 

Émulation des 3 boutons de la souris

Gros point problématique pendant longtemps. Les arguments du kernel via BootX pour émuler les boutons ne fonctionnant pas chez moi: ceux suggérés par le manuel de YDL (abd_buttons=1,103,111 ou adb_buttons=103,111 pour les touches F11 et F12) ne marchant pas pour le troisième bouton. J'ai émulé correctement, suivant les conseils trouvés sur une page web, avec "adb_buttons=54,58" mais c'est les touches "alt" et "ctrl", vous voyez, ce que je veux dire... Jusqu'au moment où j'ai essayé les prescriptions du manuel de LinuxPPC 1999 et obtenu une émulation des deux boutons supplémentaires sur les touches F1 et F2 avec :

adb_buttons=122,120

 

Son

Impossibilité totale de jouer des sons (ni CD, ni MP3) pour le moment, mais ce n'est pas vital. Par contre depuis la mise à jours en KDE 1.1.2 j'ai les sons du système.

 

Installation d'un clavier français

Pour installer les claviers AZERTY français sous Yellow Dog Linux il y a visiblement une petite différence avec la distribution LinuxPPC 1999. Je récapitule l'ensemble de la démarche.

Je suis parti du "tarball" (fichiers "tar-gézippés" pour les non-adeptes du jargon) trouvé sur http://webperso.easyconnect.fr/eherlent. Comme j'aime bien comprendre ce que je fais, et après lecture de différents échanges sur le sujet dans le forum fr.comp.os.unix.mac, je me suis attaqué à une installation "à la pogne" sur ma YDL CS 1.1 ce qui m'a permis de découvrir une petite différence d'organisation du système par rapport à la distribution LinuxPPC 1999 (la R5 quoi).

Tout d'abord on se logue en root. Puis on décompresse l'archive :

tar xvzf /home/root/clavier-mac-francais.tar.gz

Note : dans mon exemple je suppose que le fichier à été copié dans le répertoire /home/root/ (mais çà c'est à votre convenance).

On doit alors retrouver les fichiers suivants:

cfl-lisez-moi.txt
fr
macext-fr.map
macext2-fr.map
macintosh-R4
macintosh-R5

Ce qui peut se vérifier en faisant :

ls -l /home/root/

a) Clavier console

La procédure est la même que pour LinuxPPC 1999 visiblement. Lisez le fichier cfl-lisez-moi.txt pour savoir si vous devez installer macext-fr.map ou macext2-fr.map.

Copier la définition de clavier pour console dans /usr/lib/kbd/keymaps/mac/ en faisant :

cp /home/root/macext-fr.map /usr/lib/kbd/keymaps/mac/macext-fr.map

Normalement on peut valider la configuration en lançant le configurateur RedHat kbdconfig (mais moi je n'ai pas trouvé de "kbdconfig" dans ma config, alors...) ou éditer (avec vi) le fichier /etc/sysconfig/keyboard en remplaçant le nom de "clavier" qui s'y trouve par celui que l'on vient d'installer (à savoir macext-fr.map).

Faire un loadkeys ou (si cela ne marche pas comme dans mon cas, rebooter)

b) Clavier pour le serveur X

Presque comme pour LinuxPPC 1999 (si vous utilisez XF68_FBDev, parce que avec Xpmac, je ne sais pas).

Copier le fichier "fr" dans /usr/X11R6/lib/X11/xkb/symbols/ par :

cp /home/root/fr /usr/X11R6/lib/X11/xkb/symbols/macintosh

Copier le fichier "macintosh-R5" dans /usr/X11R6/lib/X11/xkb/keycodes/ en le renomant "macintosh" soit :

cp /home/root/macintosh-R5 /usr/X11R6/lib/X11/xkb/keycodes/macintosh

Modifier le fichier /usr/X11R6/lib/X11/xkb/keymap/macintosh

A la ligne "xkb_symbols" remplacer "macintosh/us(extended)" par "macintosh/fr"

Note : c'est visiblement cette étape qui n'est pas nécessaire avec la LinuxPPC 1999

Enfin modifier le fichier /etc/X11/XF86Config pour obtenir à la "rubrique" keyboard quelque chose du genre :

XkbKeycodes "macintosh"
XkbKeymap "macintosh"
XkbTypes "default"
XkbSymbols "macintosh/fr"
XkbGeometry "macintosh"
XkbRules "xfree86"
XkbModel "macintosh"

Il ne reste plus qu'à lancer le serveur X (par un petit "startx" des familles) : miracle, du moins avec mon KDE 1.1.1 (je ferai un test avec Window Maker par exemple, mais il n'y a pas de raisons que cela ne marche pas) j'ai enfin un mon AZERTY.

NDWM : Veuillez également lire la note sur les claviers français sous Xwindow.

Upgrade en Champion Server 1.1

Comme indiqué dans le manuel YDL il est vivement recommandé de procéder à une nouvelle installation. Pour avoir tenté une première fois de ne faire qu'une mise à jour, je confirme qu'elle ne permet pas de bénéficier de l'intégralité des améliorations de la nouvelle version. En fait la fonction update permet de mettre à jour les élément déjà installés, mais n'installe pas les "nouveautés" qui sont venus enrichir la distribution.

 

Sources d'information

Yellow Dog Linux
http://www.yellowdoglinux.com
Les mailing list Yellow Dog Linux (users, devel, announce, security)
http://lists.yellowdoglinux.com/
Les updates de la YDL Champion Server 1.1
http://www.yellowdoglinux.com/resources/errata_cs11.shtml
Le manuel de La Yellow Dog
ftp://c3po.terraplex.com/pub/terrasoftsolutions/yellowdog
FAQ de fr.comp.os.unix.mac
http://webperso.easyconnect.fr/eherlent
GNU-Linux sur Macintosh
http://www.linux-france.org/macintosh

 

 

Aris Papathéodorou pour Linux-France
Pour tout commentaire : aris chez samizdat.net

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Je tenterai de mettre ce document à jour régulièrement. Toutes remarques et informations sont donc les bienvenues.

 

Dernière mise à jour le 27/10/99.

les fichiers en téléchargement sont à ftp://ftp.linux-france.org/pub/macintosh/

 

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