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Re: [gulliver] version RC 1 des statuts et du règlement intérieur


From Gilles LAMIRAL <gilles dot lamiral at laposte dot net>
Subject Re: [gulliver] version RC 1 des statuts et du règlement intérieur
Date Mon, 01 Oct 2007 14:39:56 +0200

Bonjour,

> Pour une oeuvre immatérielle, c'est vrai que le problème
> ne se pose pas vraiment (du fait de l'immatérialité, on
> s'en fout si c'est l'oeuvre originale ou non). Pour une
> oeuvre liée à un support matériel (un tableau par
> exemple), c'est différent.

Une peinture, une oeuvre peinte (une oeuvre, peinte), n'est
pas du tout réduite à son support matériel. Je ne vois pas
pourquoi les oeuvres auraient un caractère libre différent
suivant leur support matériel. C'est une erreur fondamentale
que de dire un tableau libre est un tableau dont l'original,
la toile physique peinte par l'auteur, peut être modifié par
toute personne. C'est réduire la peinture à la matière qui
la compose, à cette matière là seulement, la réduire à cet
enchevêtrement d'atomes précis et seulement à ceux-là. C'est
refuser l'idée d'une copie atome par atome qui reproduirait
la même configuration. Permettre la modification de
l'original physique équivaut à pouvoir modifier les écrits
ou les partitions manuscrites des romanciers ou des
musiciens, à pouvoir modifier les disques durs des
programmeurs, à pouvoir buriner les volumes originaux des
sculpteurs ou les bâtiments des architectes. L'oeuvre se
matérialise sur un support, ce support appartient à son
propriétaire. Les quatres libertés sont donnés au
propiétaire sur son support.

Les quatre libertés s'appliquent à la copie que l'on reçoit,
celle qui appartient physiquement au propriétaire. Les quatre
libertés ne s'appliquent pas à la copie de son voisin et
encore moins à l'original physique créé par l'auteur. Je ne
comprend pas que cette erreur figure dans l'objet des
statuts de Gulliver et donc dans la tête de leurs
rédacteurs.

Les oeuvres dont quiconque pourrait modifier l'original
physique ne sont fondamentalement pas libres. Très vite, par
simple application des règles, le droit de modification
appliqué avant le droit de copie, nous ne pouvons plus les
utiliser, ni les étudier, ni les modifier, ni les
reproduire. Ce sont des oeuvres anti-libre par excellence
car elles assurent facilement qu'aucune des quatre libertés
fondamentales ne puisse tenir plus de quelques secondes.

> Tu peux distribuer le tableau sous sa forme initiale ou
> une forme modifiée. Néanmoins, si tu ne peux pas
> distribuer une copie de la version initiale (donc un bien
> matériellement différent), Gulliver ne considère pas que
> ce tableau puisse être libre.

Oui, je suis entièrement d'accord. Tu parles bien de copie
de la version initiale, contrairement aux statuts qui
parlent directement de la version initiale, suivie de sa
copie.

> Par ailleurs le 4) recense les différentes manières de
> distribuer l'oeuvre mais attention, il n'y a pas d'ordre
> entre les critères posés.  Les critères ne sont pas
> alternatifs mais cumulatifs (il faut qu'une oeuvre
> respecte tous les critères pour être libre).

Oui.

> on pourrait factoriser le 1) et le 3) qui contiennent tous
> les deux « pour tout usage » et ainsi optimiser le nombre
> de caractères contenus dans les statuts. :)

Oui, factoriser 1) et 3) ne me pose pas de problème.

-- 
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