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Plusieurs erreurs factuelles dans un article d'Annie Kahn
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From |
David MENTRE <david dot mentre at gmail dot com> |
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Subject |
Plusieurs erreurs factuelles dans un article d'Annie Kahn |
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Date |
Tue, 25 Oct 2005 18:20:20 +0200 |
Bonjour M. le médiateur du Monde,
J'ai relevé plusieurs erreurs factuelles dans l'article article
d'Annie Kahn "Microsoft se convertit au logiciel libre pour s'associer
à l'Inria", du 24 octobre 2005 :
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0 at 2-651865,36-702802 at 51-702281,0.html
* "les logiciels conçus par ces équipes franco-américaines seront
diffusés sous licence open source, c'est-à-dire libres de droit"
Le logiciel open source (ou plus exactement logiciel libre en
français) n'est pas libre de droit, ce qui voudrait dire absence de
droits. Au contraire, un logiciel libre a toujours une licence
associée, les plus connues étant les licences BSD et GNU GPL. Ce sont
des documents juridiques qui précisent les droits et obligations dans
l'utilisation du logiciel.
Par exemple pour la licence GNU GPL : http://www.gnu.org/licenses/gpl.html
* "Microsoft détient actuellement 6 000 brevets et compte 10 000
demandes en attente... aux Etats-Unis. Car, en Europe, les logiciels
ne sont pas brevetables ; ils relèvent du droit d'auteur et sont
protégés comme tels."
Une rapide recherche sur http://www.plutarque.com/plutarque/ (base de
donnée des brevets européens) en utilisant "microsoft" dans une
recherche par déposant montre que Microsoft a déposé plus de 1074
brevets européens sur les 2 dernières années. Légalement, le logiciel
n'est pas brevetable en Europe mais l'Office Européen des Brevets
contourne allégrement l'interdiction en brevetant des programmes
d'ordinateurs "ayant des effets physiques", l'affichage d'un point sur
un écran étant considéré comme un effet physique.
* "Deux grandes catégories de thèmes de recherche ont été définies. Il
s'agit, d'une part, de l'utilisation des ordinateurs afin de prouver
des théorèmes de mathématiques modernes trop complexes pour être
démontrés par un être humain ; [...]"
Non. Un programme d'ordinateur ne peut pas démontrer un théorème qu'un
humain est incapable de démontrer. Avez-vous déjà entendu dire qu'un
ordinateur avait démontré seul le théorème de Fermat ou celui des
quatre couleurs ?
En l'occurrence, l'accord Microsoft/INRIA concerne "la création de
nouvelles méthodes pour rendre les systèmes logiciels complexes plus
fiables et plus sécurisés"
(http://www.inria.fr/presse/pre136.fr.html). Pour être plus précis,
l'INRIA a développé des logiciels libres comme Coq qui permettent à un
*humain* d'écrire un programme et sa preuve. L'ordinateur ne fait que
vérifier que le travail de l'humain est correct, en appliquant une
série de règles simples. C'est en quelque sorte une calculette évoluée
qui vérifie que l'on additionne bien des nombres entiers et pas des
choux avec des tomates.
Il ne m'a fallu que quelques dizaines de minutes pour vérifier ses
informations sur Internet, auprès de sources de référence (l'EOB,
l'INRIA, le porjet GNU). En regard de la réputation de sérieux
revendiqué par les journalistes du Monde, il serait souhaitable que
vos journalistes en général, et Annie Kahn en particulier, vérifient
plus sérieusement leurs informations. À l'heure où n'importe quel
individu peut vérifier les dires d'un journaliste, j'ai peur que cette
réputation soit bien usurpée. Mais je serais heureux de me voir
prouver le contraire.
Cordialement,
D. Mentré