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Re: [gulliver] Dans un autre esprit


From nono <jean dot claude dot noel at tele2 dot fr>
Subject Re: [gulliver] Dans un autre esprit
Date Sun, 19 Nov 2006 00:42:22 +0100

Le samedi 18 novembre 2006 à 12:26 +0100, Frederic Lehobey a écrit:
> Salut,
> 
> On Sat, Nov 18, 2006 at 08:55:54AM +0100, nono wrote:
> 
> > oh la la, je ne pensais pas mettre le feu aux poudres avec ce fil.
> > C'était une idée pour promouvoir une culture alternative. Il semblerai
> > avec ce que je lis que cela va être difficile de voir un jour cette idée
> > se réaliser dans le cadre de Gulliver.
> 
>   Non, pourquoi ? Si c'est une « culture alternative » non-libre (par
> exemple le « warez ») ça ne rentre simplement pas dans le cadre de
> Gulliver (ou alors il faut changer les statuts... voir débat en
> cours).

Je ne connaisais pas warez, cela semble être du piratage et donc hors de
propos bien entendu, je ne cautionne pas. 

> 
> > Trouver de la musique modifiable au point de ne plus ressembler à
> > l'original, ça ne va pas être facile d'identifier un artiste. J'ai
> 
>   Je suis sûr et certain qu'il existe de la musique moderne sous GPL
> ou autre licence libre (il n'y a pas que la GPL dans la vie). Je ne
> connais simplement pas les sites appropriés (si les spécialistes de
> musique voulaient bien partager ici leur savoir...). Toute la musique
> suffisamment ancienne est déjà libre (domaine public).

Pour la musique ancienne c'est même pas certain que la redistribution
puisse se faire aussi simplement, à moins de la jouer et de
l'enregistrer soi-même. Pour les chansons plus récentes (celles du
présent) sous GPL je n'en ai pas encore trouvées. Par compte en Creative
Commons il y a en. Il est vrai que je ne maîtrise pas totalement les
méandres des licences.

> 
> > parfois l'impression que seule une oeuvre musicale composée par Gulliver
> > pourrait être suffisamment libre. (C'est sûr qu'il n'y aura pas grand
> > monde à l'écouter mais au moins elle sera libre.)
> 
>   Je récuse l'idée que le libre ne puisse venir que de Gulliver. Ne
> pas confondre méconnaissance et inexistence.

J'avais envie de secouer quelques réactions, j'ai gagné ;-)
Je voulais seulement signaler que sur le thème de la culture musicale,
il ne faudrait pas qu'à Gulliver on s'enferme dans une ligne de pensée
du libre radicale sans en débattre. 
Quand je vois comment on nous bassine à longueur de journée avec des
musiques instrumentalisées par les majors, media (radio, tv, web,
etc...) j'aime(rai) assez bien l'idée que Gulliver puisse montrer qu'il
existe autre chose, proche des valeurs du partage, même si ce n'est pas
tout à fait aussi idéalement "libre" que certains pourraient le
souhaiter. Ceci est ma vision des choses et il est possible voire
probable qu'elle diffère des autres membres de Gulliver. 

> 
> > Pour prolonger le débat :
> > Alors effectivement, on peut probablement trouver en GPL des bruitages,
> > des effets, des fonds sonores libres à exploiter mais trouver une oeuvre
> > aboutie comme une chanson c'est déjà plus délicat. En creative common
> > cela existe mais en GPL c'est beaucoup moins sûr.
> > Dans l'absolu, la musique est implicitement modifiable puisque si vous
> > la décomposez en individualisant les notes vous pouvez en faire ce que
> > vous souhaitez. Évidemment cela ne ressemblera plus à l'original.
> 
>   Non. Ce qui fait qu'une musique (puis son interprétation) est libre
> ou non est la licence sous laquelle elle est diffusée (la plupart du
> temps « tous droits réservés » ou « interdiction de diffusion dans les
> lieux publics »).

Oui mais il semble qu'il y ait des nuances de droits avec la licence CC.

> 
> > Maintenant, je ne me vois pas présenter ce type de compilation dans une
> > médiathèque en leur spécifiant :
> > Écouter, c'est de la musique alternative. Elle se diffuse par des canaux
> 
>   Musique classique ou traditionnelle (par exemple, qui sont libres
> dans leur quasi-totalité).
> 
> > différents des canaux classiques. Elle est télécheargeable, recopiable,
> 
>   Canaux alternatifs... C'est sûr que ce n'est pas la SACEM qui en
> diffuse (à ma connaissance).

J'ai le sentiment que bon nombre d'animateur de médiathèque ne savent
même pas qu'une alternative existe. C'est peut être là que Gulliver doit
agir, sur les 3 volets : logiciels, musique, littérature mais cela me
semble difficile de plaquer une licence commune.

> 
> > distribuable, modifiable à volonté. Le responsable va écouter 30
> > secondes la compilation et benner la galette. Résultat néant et tous les
> > arguments sur la phislosophie du libre que vous avez pris le temps
> > d'expliquer part en vrille.
> 
>   Et pour le logiciel libre, n'as-tu pas l'habitude de tenir ce
> discours ?

Pour les logiciels, je tiens le discours des quatre libertés mais de là
à convaincre les esprits formatés j'ai parfois des doutes et parfois de
l'espoir.

Bon, je sens que le poids de liste va s'alourdir avec ce débat animé en
ligne. J'en tronque une partie. Excusez-moi de ne pas répondre à tous
les arguments ici.

> 
> > Pour terminer, j'ajouterai que l'oeuvre est accompagnée du droit
> > d'auteur et si je ne vois aucun inconvénient à modifier une chanson, il
> > me semble normal que la modification de l'oeuvre se fasse avec l'accord
> > de l'auteur si cette modification doit être redistribuable.
> 
>   Pourquoi ne trouves-tu pas ça aussi « normal » pour le logiciel qui
> est une oeuvre (de l'esprit) ? (et alors, bye-bye le libre...) ?

À mon sens, mais je peux me tromper le logiciel diffère de la musique ou
de la littérature. 
Brièvement, la musique et de la littérature ne sont pas livrés en
binaire, les sources sont implicitement livrés avec, les copier n'est
pas diffcile. En musique, on peut y prélever des phrases musicales (en
littérature des expressions) et les utiliser dans une autre oeuvre. Cela
ne me gêne pas. Plaquer les textes d'une chanson d'un auteur sur la
musique d'un autre auteur ne me gêne pas non plus. Ce qui me gêne, c'est
de laisser la possibilité de deformer les propos dans une chanson ou
dans un bouquin en y remplaçant une partie du texte. Je serai l'auteur,
je n'apprécierai pas si il y a redistribution ensuite.
Pour les logiciels, il faut les sources si on veut faire la même chose.
Copier du code d'un soft pour le mettre dans un autre soft ne me gêne
pas, c'est le résultat final qui importe. Modifier ou remplacer un code
pour améliorer le soft ne me gêne pas non plus, bien au contraire.
Donc effectivement je ne classe pas le logiciel dans le même panier que
la musique et la littérature. 

Pour conclure (ouf): Je nuance la liberté de "modification" dans le
cadre de la "redistribution" si cette modification va à l'encontre de
l'esprit original de l'oeuvre. 

> 
>   Merci Nono, d'avoir clairement exposé tes idées et de ta
> contribution au débat.

y a pas de quoi ;) 

nono

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