[Date Prev][Date Next][Thread Prev][Thread Next][Date Index][Thread Index]

Re: [gulliver] Dans un autre esprit


From Frederic Lehobey <Frederic dot Lehobey at free dot fr>
Subject Re: [gulliver] Dans un autre esprit
Date Sat, 18 Nov 2006 12:26:21 +0100

Salut,

On Sat, Nov 18, 2006 at 08:55:54AM +0100, nono wrote:

> oh la la, je ne pensais pas mettre le feu aux poudres avec ce fil.
> C'était une idée pour promouvoir une culture alternative. Il semblerai
> avec ce que je lis que cela va être difficile de voir un jour cette idée
> se réaliser dans le cadre de Gulliver.

  Non, pourquoi ? Si c'est une « culture alternative » non-libre (par
exemple le « warez ») ça ne rentre simplement pas dans le cadre de
Gulliver (ou alors il faut changer les statuts... voir débat en
cours).

> Trouver de la musique modifiable au point de ne plus ressembler à
> l'original, ça ne va pas être facile d'identifier un artiste. J'ai

  Je suis sûr et certain qu'il existe de la musique moderne sous GPL
ou autre licence libre (il n'y a pas que la GPL dans la vie). Je ne
connais simplement pas les sites appropriés (si les spécialistes de
musique voulaient bien partager ici leur savoir...). Toute la musique
suffisamment ancienne est déjà libre (domaine public).

> parfois l'impression que seule une oeuvre musicale composée par Gulliver
> pourrait être suffisamment libre. (C'est sûr qu'il n'y aura pas grand
> monde à l'écouter mais au moins elle sera libre.)

  Je récuse l'idée que le libre ne puisse venir que de Gulliver. Ne
pas confondre méconnaissance et inexistence.

> Pour prolonger le débat :
> Alors effectivement, on peut probablement trouver en GPL des bruitages,
> des effets, des fonds sonores libres à exploiter mais trouver une oeuvre
> aboutie comme une chanson c'est déjà plus délicat. En creative common
> cela existe mais en GPL c'est beaucoup moins sûr.
> Dans l'absolu, la musique est implicitement modifiable puisque si vous
> la décomposez en individualisant les notes vous pouvez en faire ce que
> vous souhaitez. Évidemment cela ne ressemblera plus à l'original.

  Non. Ce qui fait qu'une musique (puis son interprétation) est libre
ou non est la licence sous laquelle elle est diffusée (la plupart du
temps « tous droits réservés » ou « interdiction de diffusion dans les
lieux publics »).

> Maintenant, je ne me vois pas présenter ce type de compilation dans une
> médiathèque en leur spécifiant :
> Écouter, c'est de la musique alternative. Elle se diffuse par des canaux

  Musique classique ou traditionnelle (par exemple, qui sont libres
dans leur quasi-totalité).

> différents des canaux classiques. Elle est télécheargeable, recopiable,

  Canaux alternatifs... C'est sûr que ce n'est pas la SACEM qui en
diffuse (à ma connaissance).

> distribuable, modifiable à volonté. Le responsable va écouter 30
> secondes la compilation et benner la galette. Résultat néant et tous les
> arguments sur la phislosophie du libre que vous avez pris le temps
> d'expliquer part en vrille.

  Et pour le logiciel libre, n'as-tu pas l'habitude de tenir ce
discours ?

> La question plus large serait peut-on promovoir une culture alternative
> au sein de Gulliver ? J'ai un doute.

  J'ai plus qu'un doute. C'est non. Gulliver n'est pas là pour
promouvoir les cultures alternatives (c'est un fausse conception) mais
le libre. Si une culture alternative est libre, alors c'est dans le
cadre de Gulliver. Après, on peut argumenter que « le libre » est une
culture « alternative ». Mais mon quotidien me montre chaque jour le
contraire. La preuve, on en parle même dans 01 informatique.  ;-)

> Le problème de la culture actuellement est la finalité d'un nouveau
> modèle économique (ça me rappelle le logiciel libre)... et j'irai même
> jusqu'à dire politique.

  Ça, c'est le débat en cours (y compris dans Gulliver).

> Les quatre libertés dans la culture seraient probablement plutôt :
> La possibilité d'écouter,
> La possibilité de copier,
> La possibilité de redistribuer,
> Le possibilté de conserver l'oeuvre.

  C'est quoi cette tentative de récupération ? Ras-le-bol du faux
libre ou du pseudo-libre. S'il y a besoin de ces contrefaçons (comme
par exemple les licences « Creative Commons »), c'est bien que le
libre est porteur de valeurs attirantes.

> Pour rejoindre les propos de Michael je prendrai un autre exemple.

  Il n'a rien dit. Seulement qu'il n'était pas d'accord. Ce qui est un
peu court.

> En admettant que l'on trouve dans une contrée éloignée une musique ou un
> chant d'une tribu, que ce patrimoine se soit transmis de bouche à
> oreille sur des générations et que l'on enregistre ces sons. Je serai
> assez partisant de pouvoir diffuser ce type de musique en l'état.

  Non. La mélodie est libre (domaine public). Mais l'interpétation est
soumise au droit d'auteur. Tout cela a été débattu en long et en large
lors de la réunion préparée par Michèle.

> D'ailleurs ce type d'opération a aussi été réalisé avec des chants et
> des histoires bretonnes afin de conserver le patrimoine culturel. On
> peut, pourquoi pas, aussi y ajouter un fond sonore ou des rythmes et
> "moderniser" le résultat tant que l'âme de l'original ne s'en trouve pas
> détourner, mais les limites sont peut-être plus difficile à définir.

  Non. Cette collecte n'est pas -- encore -- libre (les moyens
audio-vidéo existent depuis moins de 70 ans).

> Pour terminer, j'ajouterai que l'oeuvre est accompagnée du droit
> d'auteur et si je ne vois aucun inconvénient à modifier une chanson, il
> me semble normal que la modification de l'oeuvre se fasse avec l'accord
> de l'auteur si cette modification doit être redistribuable.

  Pourquoi ne trouves-tu pas ça aussi « normal » pour le logiciel qui
est une oeuvre (de l'esprit) ? (et alors, bye-bye le libre...) ?

  Merci Nono, d'avoir clairement exposé tes idées et de ta
contribution au débat.

Librement,
Frédéric