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Maturité du libre


From Frederic Lehobey <Frederic dot Lehobey at free dot fr>
Subject Maturité du libre
Date Fri, 9 Mar 2007 16:23:33 +0100

Bonjour,

On Fri, Mar 09, 2007 at 02:12:25PM +0100, Yziquel Guillaume wrote:
> Frederic Lehobey a écrit :
> >On Fri, Mar 09, 2007 at 11:39:14AM +0100, Yziquel Guillaume wrote:
> >
> >>Enfin bon. Pour rester dans le cadre de la charte, je tiens juste à 
> >>préciser que la FSFE cherche actuellement à collecter tout type 
> >>d'information quant à la difficulté de se faire rembourser le coût 
> >>d'un logiciel propriétaire pour les personnes souhaitant acheter un 
> >>ordinateur nu ou muni d'un OS libre.
> >
> >  Aucune difficulté pour acheter un ordinateur nu :
> >
> >    http://gulliver.eu.org/wiki/VendeursLibres
> >
> >  On m'a dit hier que le Leclerc de Cleunay ne mettait à la vente de

  Je corrige la typo : ... se mettait ...

> >machines d'assemblage sans système d'exploitation (je n'ai pas
> >vérifié). Quelqu'un a plus d'infos ?
> >
> >  Pourquoi acheter un système d'exploitation propriétaire pour se le
> >faire rembourser ? Cela relève de la perversion la plus sadique. Nos
> >tribunaux ne sont pas assez remplis de contentieux ? (La justice est
> >payée par la collectivité.)
> 
> On peut y revenir sur le coût de la justice, faible par rapport aux 
> autres pays européens. Mais je crois que votre remarque relève de 
> gulliver-troll. Je passe l'éponge sur vos qualificatifs vénimeux. Je 

  Je vous en remercie.

> tiens juste à préciser que je ne trouve pas très "suisse", pas très 
> "démocratie (semi)-directe", la mentalité qui consiste à dire que nous 
> payons déjà trop de frais de justice et qu'il faut donc plutôt laisser 
> se développer l'impunité et les pratiques commerciales abusives.

  Heu... c'est vous qui franchissez ce pas. Je n'ai jamais rien dit de
tel (« développer l'impunité »). Je suis au contraire un ardent
défenseur de la Justice et de la jurisprudence. Mais il y a une limite
à la perversion et à la vanité : acheter un logiciel pour se le faire
rembourser. N'est-ce pas abuser de la Justice (et de la patience des
vendeurs) ?

  Ne croyez-vous pas qu'il est plus astucieux (le logiciel libre est
basé sur un usage astucieux du droit d'auteur) de faire jouer les
pratiques commerciales et de donner la plus grande publicité aux
revendeurs de machines nues (ce que je fais) plutôt que d'aller
dépenser son énergie (et celle d'autres dans la foulée) dans des
problèmes que l'on crée soi-même.

> Windows. Soit dit en passant, acheter un portable muni directement d'une 
> distribution Linux relève un tantinet soit peu de la croix et de la 
> banière pour le consommateur lambda.

  Ah, vous êtes en croisade. Moi je ne cherche que la liberté pour le
consommateur.

> Je dis juste que le comportement de la grande distribution, en plus 
> d'être méprisant, comme vous l'avez vous même remarqué, impose des 

  Je ne crois pas avoir dit cela (sauf si c'est la conséquence de ma
coquille).

> surcoûts en temps de recherche de produits, de déplacements, d'absence 
> d'économie d'échelles, qui déforme articificiellement le marché au 
> profit d'un quasi-monopole. Cela, qu'on soit communiste ou 
> ultra-libéral, est choquant, illégitime et probablement illégal. La 
> nuisibilité ne consiste pas uniquement en une simple distortion du 
> marché, mais aussi en la consolidation de standards n'ayant pas de 
> légitimité technologique. Ce qui est encore une distortion.

  Les standards sont de l'ordre du commerce (le consommateur est roi,
non ?). Les « standards » n'ont d'autre légitimité que celle du
marché. Les normes, seules, sont de l'ordre de la Loi (ou du
réglementaire). Au passage, où en est le « référentiel général
d'interopérabilité » ?

> Je vous rappelle, Monsieur Lehobey, que vous êtes peut-être un modèle, 
> mais sûrement pas le consommateur moyen sur le comportement duquel se 
> construisent les argumentations commerciales et juridiques en matière de 
> distortion de marché.

  Et alors ? On dirait que vous regardez trop la publicité.

> Mais je crois que beaucoup sont au courant, sur cette liste. 
> L'êtiez-vous, Monsieur Lehobey ?

  De quoi donc ?

> Il est donc important de faire la démarche de demander à la distribution 
> de vendre des ordinateurs nus (ou avec Linux), et ce sans, avec une 
> baisse substantielle de prix. Et ceci, ne serait-ce que pour prouver (et 
> oui, nous sommes dans un droit qui a le culte de la preuve, belle 
> démocratie française) l'existence de pratiques anti-concurentielles.

  Je ne comprends rien à ce paragraphe. (Vous préférez le droit sans
preuve ??? Bienvenue à Guantanamo...)

> Alors, ce n'est pas exactement une problématique technique du logiciel 
> libre, et je vous invite à vous sentir libre de rediriger cela vers 
> gulliver-troll.

  Non, cela me semble dans le sujet de la liste. Le libre n'est pas
que technique.

> Et cela dépasse la seule défense du consommateur, car c'est aussi la 
> défense du libre. Et non pas un attaque délibéremment dirigée contre 
> Microsoft, par exemple, ou la FNAC. La défense du libre passe par 
> l'intérêt que les gens ont dedans.

  Je ne comprends pas. (On dirait du Raffarin.) Gulliver n'est pas une
association de « défense » du libre (et par qui donc serait-il attaqué ?)
mais de _promotion_ du libre. Je continue à constater que vous avez
besoin de vous trouver des ennemis pour avancer.

> Alors évidemment, votre intérêt, Monsieur Lehobey, est pur, tendance 
> cathare. Mais pour beaucoup de gens, que vous négligez, Monsieur 

  Vous vous prenez pour la Sainte Inquisition ?

> Lehobey, l'intérêt se couple à des handicaps, certains techniques, 
> d'autres professionnels, d'autres consuméristes.
> 
> Sans attaquer délibéremment X ou Y, il est plutôt raisonnable de 
> chercher à mettre de l'huile dans tout ce qui peut promouvoir le 
> logiciel libre.

  Justement, résolvons les problèmes là où ils sont (les handicaps
techniques, professionnels, consuméristes que vous évoquez) plutôt que
d'en créer là où il n'y en avait pas (judiciarisation pusillanime de
la vie courante « à l'américaine »).

> - les standards ouverts, et les faire progressivement adopter par les 
> pouvoirs publics, par exemple, par les entreprises,

  Non. Les entreprises adoptent ce qui est le meilleur pour elles.
Nous pensons que c'est le cas des formats ouverts. À nous de le
démontrer par l'usage (et non par la force). (En allant sur Youtube,
vous démontrez par exemple aux entreprises qu'un format peu ouvert est
le meilleur.)

  Pour les pouvoirs publics, ils sont en général toujours les derniers
à suivre les évolutions de la société (exceptions faite des quelques
contre-exemples déjà discutés sur cette liste comme la gendarmerie et
certains ministères). La micro-informatique existe depuis le milieu
des années 1980. Pourquoi n'existe-t-il toujours pas une norme
d'échange de documents ? Ce qui s'en est rapproché le plus récemment
est le PDF (d'origine industrielle) puis le format ODT (toujours
d'origine industrielle) évoqué dans le référentiel général
d'interopérabilité (qui ne crée pas de norme à ma connaissance, mais
qui recommande seulement certains standards ouverts -- c'est mieux que
rien).

> - convaincre l'état et les associations de consommateurs qu'il est quand 
> même mieux que les applications billettiques, par exemples, fonctionnent 
> de manière ouverte, à défaut de libre, (je pense avec douleur au site de 
> la SNCF),

  Pourquoi donc ? Je suis totalement satisfait des excellents services
que me fournit http://bahn.de. Vous aurez compris que je suis un très
grand adepte du « vote avec mes pieds ».

> - convaincre les gens que les logiciels libres ne sont pas 
> anti-ergonomiques, surtout à l'heure où ils vont débourser du pognon 
> pour Vista, pour une "valeur ajoutée" faible (KDE est tout aussi "joli" 
> et moins gourmand),

  Non. Il ne faut pas les « convaincre ». Il faut que ce soit
vrai. Travaillez-vous sur l'ergonomie et la traduction des logiciels
libres ?

> - convaincre les entreprises de l'intérêt du logiciel libre, surtout les 
> petites qui peuvent y voir un moyen d'y établir une concurrence réelle 
> qui puisse leur être finalement profitable,

  C'est de l'incantation, ça. Je ne vois pas de quoi vous parlez. La
concurrence est déjà réelle (et n'est profitable qu'aux meilleurs des
entrepreneurs). Demandez donc leur avis directement aux chefs
d'entreprises...

> - convaincre les fabriquants qu'ils n'ont pas intérêt à enfreindre la 
> GNU GPL, juridiquement,

  Non. Il ne faut pas les « convaincre ». Il faut les condamner. (J'ai
dû mal à saisir votre cohérence. Vous êtes pour l'impunité maintenant ?)

> - convaincre la grande distribution qu'elle a plus à perdre qu'à y 
> gagner en vendant l'ordinateur de manière liée avec Windows,

  Non. La grande distribution a l'oeil rivé sur ses ventes et je vous
garantis qu'ils optimisent déjà leur profits. Ce sont les
consommateurs (et la concurrence) qui feront évoluer le marché. Pas
votre force de conviction.

> - convaincre les consommateurs qu'ils ont tout à gagner à réclamer, par 
> des moyens juridiques entre autres, l'ouverture à la concurrence de ce 
> marché essentiellement captif,

  C'est faux. Les marchés sont déjà ouverts à la concurrence. Vous
êtes un maniaque de la judiciarisation de la vie en société ?

> - convaincre les pouvoirs publics qu'ils ont tout intérêt à favoriser le 
> libre choix entre propriétaire et libre.

  Qu'est-ce qui vous fait croire qu'ils n'en sont pas convaincus ?
J'ai entendu Jean-Pierre Raffarin annoncer que les administrations
allaient utiliser de plus en plus de logiciels libres et c'est
l'évolution que je constate (seules les collectivités locales sont
encore un peu à la traîne).

> Le libre n'est pas qu'une problématique technique. C'est une 
> problématique qui, que vous le vouliez ou non, a de multiples 
> répercussions juridiques et politiques.

  Oui.

>                                         Les négliger, comme vous le 
> faite, est grave.

  Ne croyez vous pas qu'il est contre-productif d'aller embêter les
gens avec des problèmes qu'ils n'ont pas plutôt que leur apporter des
solutions libres (qui marchent).

  N'êtes vous pas fatigué de toujours vous plaindre d'un monde peuplé
d'ennemis qui entravent votre croisade (assez oppressante, à dire
vrai) pour « plus de liberté » (très judiciarisée) ?

  Apportez aux gens les qualités des logiciels libres, leur
efficacité. Et si on vous pointe les défauts ici ou là de tel ou tel
logiciel libre, et bien corrigez-les (vous en avez le pouvoir) !
Plutôt que de les convaincre que c'est eux qui ont un problème.
N'oubliez jamais que le consommateur est roi, et qu'il adore voter
avec ses pieds.

> Pour être bien clair: ce n'est pas parce que je suis politisé que je 
> cherche à promouvoir le logiciel libre (quoique,...), mais parce que je 
> cherche à promouvoir le logiciel libre que je CONSTATE les répercussions 
>  juridiques et politiques. Et il faut les traiter.

  Non. La liberté des uns commence là ou s'arrête celle des
autres. Respectez les gens et laissez-les libres de leurs choix (ce
qui ne veut pas dire les tenir dans l'ignorance des facultés et
qualités du libre : les expliciter est la raison de ma présence dans
Gulliver). Mais ne cherchez pas noise là où on ne vous a rien demandé.
« Don't be evil ».

>                                                    La page sur Youtube, 
> que je vous avais communiquée, mentionne des problématiques actuelles.

  Ça commence mal comme croisade. Pouvez-vous me la fournir dans un
mode accessible aux logiciels libres (avec un encodage theora par
exemple) ?

> Je n'ai pas décelé d'argumentation convaincante, mais seulement une 
> succession de dénigrements gratuits. Je vous demande juste de prendre le 
> temps, ce soir, de réflechir, de construire quelque chose d'argumenté, 
> de progressif, qui se prête à la critique constructive.

  Il n'est de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Il n'est de
pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.

> >  Je ne connais Monsieur Yziquel que par la lecture de ses attaques
> >personnelles et de ses trolls.
> 
> Veuillez me citer une attaque personelle qui ne soit pas une conséquence 
> directe de votre comportement.

  Ah. Donc mon comportement justifie vos attaques personnelles. Et si
mon comportement était justifié par le contenu de vos messages ?

>                                Je ne considère par ailleurs pas qu'il 
> s'agisse d'attaques personnelles.

  Juge et partie. C'est le meilleur moyen de s'absoudre.

> J'invite les lecteurs à m'informer (publiquement ou de manière privée) 
> si ils considèrent que je me suis comporté de manière indigne.

  Indigne serait excessif. Irrespectueux de la netiquette sans aucun
doute.

Librement,
Frédéric