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Re: [gulliver] recherche d'info sur les licences libres


From Frederic Lehobey <Frederic dot Lehobey at free dot fr>
Subject Re: [gulliver] recherche d'info sur les licences libres
Date Tue, 22 Mar 2005 12:03:27 +0100

Salut,

On Tue, Mar 22, 2005 at 09:20:36AM +0100, David MENTRE wrote:
> Salut fred,
> 
> On Mon, 21 Mar 2005 21:07:25 +0100, Frederic Lehobey
> <Frederic dot Lehobey at free dot fr> wrote:
> >   Par contre, il y a un truc qui m'agace, ce sont les licences qui
> > prétendent être libre (aux sens des 4 libertés fondamentales :
> > http://www.gnu.org/philosophy/free-sw.html) mais qui ne le sont ni
> > rééllement ni techniquement. Quelques contre-exemples : la GFDL et
> 
> Il faudra qu'on est une discussion de fond sur ce sujet là (à
> l'occasion de l'exposé d'arnaud ?). *Si* on n'utilise *pas* les
> options d'invariance de la GFDL, est-ce que pour toi ce n'est pas une
> licence libre ? Pourquoi ?

  GFDL :

    http://en.wikipedia.org/wiki/Gfdl

  En résumé :

    - non-libre à cause de la mauvaise formulation « DRM » (c'est une
petite erreur technique historique).

    - son incompatibilité avec la GPL (car la GFDL donne _moins_ de
droits que la GPL) n'en fait pas, à soi seul, une licence non libre
mais la rend extrêmement peu intéressante pour de la documentation de
logiciel libre sous GPL (pratique du « literate programming » par
exemple).

    - la présence des options d'invariance est une imbécillité, car un
document « libre » qui n'en comporte pas à l'origine devient non-libre
si un contributeur en ajoute. Ça produit un mécanisme « à la BSD »:
des productions libres peuvent devenir non-libres (imagine de la pub
mise en section invariante).

  Pour moi, ça fait suffisamment de raisons pour bouder la GFDL. Mais
je ne désespère pas qu'un jour la FSF évolue (ce sont des gens
intelligents, non ?).

> > _les_ Creatives Commons.
> 
> Thomas a bien résumé le problème je pense. Pour corriger ça, peut-être
> faudrait-il préciser à chaque fois les licences vraiment libres (BY,
> BY-SA) chaque fois qu'on parle des Creative Commons.

  Aucune n'est libre et ce jugement a l'air assez partagé (même pas
certifiées par l'OSI) :

    http://en.wikipedia.org/wiki/Creative_Commons_License

(La FSF les recommande pour tout ce qui n'est pas du logiciel : c'est
parce que la FSF ne croit pas à la généralisation directe des concepts
du libre à autre chose que le logiciel [d'où la GFDL] et donc que le
reste soit libre ou non, ils s'en foutent un peu -- disons que ce
n'est pas leur domaine de compétence.)

> > Ce n'est pas parce que quelqu'un (Stallman
> > lui-même) dit qu'une licence est libre, que c'est vrai. Le seul juge,
> > c'est nous-mêmes (d'où la difficulté d'étudier des licences
> > compliquées, absconses ou trop exotiques).
> 
> Et tu serais prêt à dire que la GPL est vraiment libre ? Parce que
> comme modèle de simplicité, la GPL.... (mais d'accord sur le fond,
> c'est à nous de juger, comme d'en d'autres domaines...)

  Oui ! Car (et c'est toute l'astuce), la GPL ne s'applique que _quand
tu distribues_. Auparavant, tes libertés _d'usage_ avec le logiciel
que tu as reçu sont TOTALES (à l'exclusion de restrictions sur la
_distribution_ que n'ont par exemple pas les licences BSD).

> >   Si elles ne revendiquaient pas être « libres » je n'aurais aucun
> > problème avec elles (il n'y aurait pas tromperie sur la marchandise,
> > parfois quasiment irréversible comme pour Wikipedia). N'entretenons
> > pas nous-même cette confusion.
> 
> Ok sur le fond. Pas toujours sur la forme. Tu sembles toujours (ou du
> moins ces derniers temps ;-) privilégier un rejet frontal des
> initiatives à la limite du libre.

  Non, j'ai « toujours » pensé cela, depuis au moins 2001 et ma
« rencontre » aux RMLL avec Eben Moglen, le juriste de la FSF qui a
rédigé, avec Stallman, la GPL et fait une conférence, très claire, sur
les principes qui gouvernent le droit d'auteur, le copyleft et le
logiciel libre (depuis j'ai continué à suivre le sujet). C'est aussi
lui qui a rédigé la GFDL.   ;-)   La seule différence est
qu'actuellement, j'ai (un peu) le temps de l'écrire.   :-)

  C'est vrai qu'il n'y a pas une frontière _exacte_ où s'arrête le
libre (au sens des 4 libertés). Pour moi, c'est l'esprit qui compte
autant que la lettre (Wikipedia est libre dans l'esprit mais pas dans
la lettre pour des raisons de mauvais choix de licence). Or lorsqu'on
connaît des licences libres « qui marchent » pourquoi en inventer de
nouvelles, presque chaque semaine (CDDL, CeCILL, etc...) ?

  Toutes ces nouvelles licences servent en fait des agendas de grandes
sociétés ou d'organismes qui ne voient dans le libre qu'un effet
d'aubaine mais ne partagent EN RIEN (ou au mieux en pas grand chose,
exemple: Apple) l'ESPRIT du développement du logiciel libre. Tous
ceux-là, ce sont des pique-assiettes (si on veut être gentil, on dit
qu'il sont en train d'apprendre -- ça finit d'ailleurs parfois par
contribuer réellement au libre). Combien de temps est perdu sur les
incompatibilités (voulues ! c'est une stratégie) entre licences ?

  Effectivement, cela m'agace d'entendre les type de Scilab (et
l'INRIA) faire leur communication sur le fait qu'ils font du libre
alors que c'est faux :
http://www.gnu.org/licenses/license-list.html#NonFreeSoftwareLicense
J'ai le même dédain pour l'« open source » quand il n'est pas du
logiciel libre.

>                                   Mais elles peuvent vraiment aider
> pour toucher un large public (cf. exemple de la licence de Mozilla à
> l'origine) sur le long terme. La grande différence, ne la fait-on pas
> de la façon dont on en parle ?

  La liberté n'a pas de prix, elle à un coût (celui de se priver de
certains logiciels gratuits, celui de se priver de certains matériels
fermés).

  Chacun a la liberté de se choisir ses chaînes (nous en avons tous)
mais nous pouvons en vouloir le moins possible (la GPL les limite au
strict minimum requis pas le droit d'auteur). Je ne crois pas que nous
aidons des gens en les dirigeant vers des chaînes plus confortables
(ce seront toujours des chaînes). Et en étant plus provocateur encore :
pas de liberté pour les ennemis de la liberté.

  Pour finir sur une note plus positive et plus pragmatique : je me
reconnais dans le compromis retenu par le projet Debian sur la
définition de la limite de ce qu'est ou non un logiciel libre :
http://www.debian.org/social_contract#guidelines .

  Comme tous les compromis, il est encore l'objet de discussions
permanentes sur son interprétation exacte. Après, la meilleure
définition de faire vivre ce compromis serait de le définir et de
l'approuver dynamiquement et collectivement (par des votes par
exemple). N'as-tu pas quelques idées sur comment réaliser cela ?  ;-)

Librement,
Frédéric

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