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Re: [gulliver] Objet des statuts de Gulliver


From "Stéphane Écolivet" <stef at linux-france dot org>
Subject Re: [gulliver] Objet des statuts de Gulliver
Date Sun, 15 Apr 2007 22:56:45 +0200

Salut,

On 15/04/07, Gilles LAMIRAL <gilles dot lamiral at laposte dot net> wrote:

> Ce n'est pas une simple vue de l'esprit. Il m'est arrivé à de
> multiples reprises de directement programmer une machine.

Nous en discutions avec Jean-Yves à l'issue de la réunion des statuts.
J'ai aussi programmé des processeurs en opcode hexadécimal avec
un clavier de 24 touches. Le "compilo" (l'assembleur en fait)
c'était moi, mais même là, j'écrivais en langage assembleur
sur papier et je traduisais ensuite en binaire (de l'hexadécimal
en fait). Cependant, il y avait un source assembleur en papier
bien documenté et même un bel algorithme pour représenter le code.
Je pense que pour toi c'est pareil.

Pas totalement. Le matériel : liste des opcodes en hexa sur papier, calculatrice pour les conversions binaires, hexa, décimales et petits calculs, papier pour tracer le contenu des registres et endroit très calme pour rester concentré pendant le temps nécessaire. Ce qui mettait du piment dans cette programmation est que la moindre erreur qui plantait la machine aurait aussi eu comme conséquence de vider sa mémoire et donc le programme laborieusement écrit en code machine (à l'époque, les calculatrice n'avait pas de mémoire de masse). C'est, évidemment et malheureusement, arrivé 2-3 fois, arg... Et je suis en train de parler de programmes de complexité minime.

Quel humain pense et conçoit en binaire ?
(en me relisant je pense qu'il y en a,

;-)


Les *sources* sont les éléments produits et utilisés
par les humains pour fabriquer l'oeuvre finale.

Dans ce cas, je crains que nous n'ayons jamais les sources pour tout programme, libre ou non, en tant soit peu complexe. Je ne crois pas que les développeurs de la majorité des projets dépassant le demi million de lignes de code n'utilisent aucun support papier ou pense-bête lors du développement. Je n'en ai jamais vu dans les sources de tel projet GPL ou autre.

Il est facile d'écrire dans un langage hautement évolué,
d'utiliser un programme convertisseur pour produire
du C par exemple et de dire voici le source en C.

Ou aussi d'avoir un source en C, affectant des valeurs dans une zone mémoire et appelant l'exécution de cette mémoire comme fonction. C'est un peu l'exemple inverse.


De toute façon les sources ne sont pas suffisant la plupart
du temps. C'est pourquoi j'ai proposé :

"Une oeuvre est dite libre si toute personne a le droit
d'accéder à tous les procédés de fabrication de l'oeuvre
permettant l'usage, l'étude, la reproduction et la
modification de cette oeuvre, dans la mesure du possible.
Cet accès ne doit pas détériorer l'oeuvre physique
originale, ni la vie de ses auteurs."

Cela me parait idéalement bien, mais je ne trouve pas de logiciel libre d'importance correspondant à cette définition, sans le "dans la mesure du possible". En particulier, les bouts de papiers (jetés à la poubelle depuis) ou les tableaux blancs (effacés et re-gribouillés depuis) qui ont fait partis de leur mise en œuvre. Que l'on n'essaye pas de me faire croire, par exemple, que le noyau Linux ou un truc comme Mplayer ont été faits juste avec le code source et la documentation distribuée avec. Et je peut le comprendre : l'effort de sauvegarder ou numériser ces informations n'est pas négligeable. Sans oublier qu'un grand nombre de bétises y sont aussi écrites et qu'il n'est pas évident d'en accepter la publication.

Tout est ensuite basé sur le "dans la mesure du possible". C'est une
porte ouverte à beaucoup d'abus potentiels. C'est pourquoi je suis en
faveur de la combinaison de choc : définition légale + bon sens des
membres de Gulliver.

Voili, voilou,
--
Stéphane