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Objet des statuts de Gulliver


From Gilles LAMIRAL <gilles dot lamiral at laposte dot net>
Subject Objet des statuts de Gulliver
Date Fri, 13 Apr 2007 06:22:58 +0200

Bonjour,

J'ai retrouvé mes dires au sujet de l'objet des statuts de Gulliver :
http://www.linux-france.org/lug/gulliver/ml-archives/janvier-2007/msg00233.html

Donc voici la proposition :

Une oeuvre est dite libre si toute personne a le droit
d'accéder à tous les procédés de fabrication de l'oeuvre
permettant l'usage, l'étude, la reproduction et la
modification de cette oeuvre, dans la mesure du possible.
Cet accès ne doit pas détériorer l'oeuvre physique
originale, ni la vie de ses auteurs.

Le but est 
1) d'éviter de la rétention d'information par un procédé
   arbitraire (je garde mes calques ou mes sources, mes
   plans, mes partitions, mes fichiers midi etc.).
   Un binaire n'est clairement pas un format suffisant
   pour diffuser un logiciel libre.

2) d'éviter de forcer l'usage d'un procédé de fabrication
   (je veux que le sculpteur porte un habit qui enregistre
    ses gestes durant le burinage, je veux une video du
    codeur entrain de manger sa pizza pendant l'écriture de
    son logiciel)

Par exemple, imaginons que les auteurs de firefox décident
de publier le code source de firefox uniquement sous forme
de cassette ou fichier vidéo qui représente le défilement du
code source sur un rétroprojecteur.  Ce sont des millions
de lignes de code inutilisables pour comprendre et modifier
firefox, dans la pratique.  Mais en théorie, c'est possible.
Ce n'est pas libre, car il y a là clairement un moyen de
retenir la possibilité d'étudier et de modifier l'oeuvre.

Si les auteurs de gcompris ne livrent pas de binaire complet
sous windows parce que techniquement c'est pénible ou qu'ils
ont la flemme, c'est compréhensible et normal. Que d'autres
le fassent au besoin.  S'il existe la version binaire
windows complète, non libre, mais issue du code GPL, il y a
clairement infraction de la GPL. C'est un travail dérivé non
libre.

Je pense que Gulliver doit soutenir les oeuvres libres dont
la licence autorise les travaux dérivés non libres (elle le
fait déjà avec la licence BSD), mais elle ne doit pas
soutenir ces travaux dérivés non libres.

De même elle ne doit pas soutenir les travaux originaux
non-libres dont les travaux dérivés sont libres. Dans ce cas
elle doit soutenir ces travaux dérivés libres avec un bémol
lié à la restriction des droits appliqués sur l'oeuvre
originale. Parfois il n'y aura pas de bémol, parfois il sera
énorme. Il y aura du cas par cas, suivant les types
d'oeuvre, chose un peu longue à mettre dans des
statuts. Mais l'esprit peut y être.

Prenons l'exemple d'un enregistrement libre.

Scénario A): je viens à l'enregistrement et pendant le
concert je me balade parmi les musiciens, je tousse dans
les micros, je pète, je tripote les réglages des
instruments, j'échange les partitions, et je crie toutes les
minutes "c'est libre j'ai le droit de modifier cet
enregistrement de crotte". Pas glop, pas glop pour le libre.

Scénario B): Je viens, je pose les micros que je veux, où je
veux (pas dans la bouche du chanteur quand même) et je
repars avec une copie de toutes les pistes, même celles de
mes collègues venus participer à la fiesta. Et là, sur les
copies, je peux appliquer le scénario A). Ya bon pour le
libre.

C'est pourquoi il faut faire attention à l'oeuvre originale
physique surtout si elle est unique et fragile au moment de
son élaboration. Il faut pouvoir buriner la copie que je
possède, pas l'original physique ou la copie de mon voisin.
C'est en ce sens qu'avoir le droit de détruire une sculpture
physique originale revient à avoir le droit de détruire le
source d'un logiciel sur le disque dur de son auteur. Ce
serait une liberté qui ne s'arrète pas là où commence celle
des autres.

Autre point, un château de sable qui disparaît sous les
vagues sans que personne n'ai pu l'étudier, l'analyser, le
comprendre en vue de sa reproduction et modification n'est
pas une oeuvre libre, même si son auteur le déclare, c'est
une oeuvre qui aurait pu être libre.

-- 
Au revoir,                                02 99 64 31 77
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Gilles Lamiral. France, Chavagne (35310)  09 52 27 33 66