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1. Introduction

L'utilisateur typique d'ordinateurs possède des quantités de logiciels qu'il a acquis de par le passé et qu'il n'utilise plus désormais. Il a peut-être acheté un ordinateur plus performant ou changé de constructeur, ce qui a empêché ses programmes de continuer à fonctionner. Les logiciels sont peut-être devenus obsolètes, ou ont cessé de répondre à ses besoins. Il a peut-être acheté deux ordinateurs ou plus, et ne souhaite pas débourser quoi que ce soit pour obtenir une deuxième copie du même logiciel. Quelle qu'en soit la raison, le logiciel qui lui a coûté de l'argent voici quelques années ne remplit plus son rôle. Cette situation est-elle inévitable ?

Que penseriez-vous d'une situation dans laquelle vous auriez le droit d'obtenir une mise à jour dès que vos logiciels en éprouveraient le besoin ? Que penser d'une situation dans laquelle, en passant l'architecture Mac à l'architecture compatible IBM PC, on pourrait changer gratuitement les versions des logiciels ? Et si, quand par malheur le logiciel ne fonctionne pas ou ne remplit pas tous vos besoins, vous pouviez le faire améliorer ou le réparer par vous-même ? Peut-on imaginer que les logiciels soient encore corrigés et proposés après la banqueroute de leur éditeur ? qu'on puisse les utiliser sur la station de travail au bureau, sur l'ordinateur de bureau à la maison, et sur son ordinateur portable, plutôt que d'être limité à une seule machine ? Si tel était le cas, vous continueriez sans doute à utiliser les logiciels que vous avez achetés il y a des années. Ce sont là quelques-uns des droits que l'Open Source vous garantit.

La définition de l'Open Source est une déclaration des droits de l'utilisateur d'ordinateur. Elle définit certains droits que la licence d'un logiciel doit vous garantir pour pouvoir être qualifiée d'Open Source. Ceux qui ne proposent pas des programmes Open Source trouvent que la concurrence est de plus en plus rude avec ceux qui ont compris que les utilisateurs commencent à apprécier et à exiger les droits qu'ils auraient dû avoir depuis toujours. Des programmes comme ceux qui constituent le système d'exploitation Gnu/Linux et le navigateur web de Netscape ont acquis une grande popularité, en prenant la place de logiciels couverts par des licences plus restrictives. Les sociétés qui utilisent du logiciel Os profitent des avantages liés à un modèle de développement très réactif, souvent mis en place par plusieurs sociétés qui coopèrent, et dont une grande partie du travail est fournie par des individuels qui ont tout simplement besoin d'une amélioration qui réponde mieux à leurs besoins.

Les volontaires qui ont créé des produits comme Linux n'existent, et les sociétés ne peuvent coopérer, que grâce aux droits fournis par l'Open Source. Le programmeur moyen se sentirait lésé s'il investissait énormément de travail dans un programme, pour constater que le propriétaire de ce dernier se contente de vendre la version améliorée sans rien lui proposer en retour. Mais ces mêmes programmeurs n'ont pas peur d'apporter des contributions à l'Open Source, car ils savent que les droits suivants leur sont alors garantis :

Ces droits comptent pour celui qui contribue à améliorer des logiciels car ils maintiennent tous les développeurs au même niveau. Quiconque le souhaite a le droit de vendre un programme Open Source, aussi les prix seront-ils bas et le développement destiné à conquérir de nouveaux marchés sera-t-il rapide. Quiconque investit de son temps à construire des connaissances sous la forme d'un programme Open Source peut fournir de l'aide sur ce dernier, et cela fournit aux utilisateurs la possibilité de mettre en place leur propre assistance technique, ou de choisir parmi des assistances techniques en concurrence les unes avec les autres. Tout programmeur peut spécialiser un programme Open Source pour le rendre utilisable dans des marchés spécifiques afin d'atteindre de nouveaux consommateurs. Ceux qui se lancent dans de telles entreprises ne sont pas tenus d'acquitter des royalties ou la moindre licence.

La raison de la réussite de cette stratégie qui semble s'inspirer du communisme, alors que le communisme est lui-même un échec patent dans le monde entier, vient du fait que l'économie de l'information est fondamentalement différente de l'économie qui règle la consommation des autres produits. On peut copier une information telle qu'un programme d'ordinateur pour un prix dérisoire. L'électricité qu'il en coûte ne dépasse par l'eurocent, pas plus que l'utilisation de l'équipement nécessaire à cet acte. En comparaison, on ne peut pas recopier une miche de pain sans dépenser une livre de farine.


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