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7. Conclusion

Le modèle de développement coopératif a fait ses preuves. Fort de ses huit années d'expérience, il est à même de proposer des logiciels de grande qualité, sécurisés, adaptés à la demande, et dont l'adoption n'expose pas davantage l'entreprise que l'adoption d'une solution propriétaire. Protégé par ses licences Open Source, il est à la fois viable et fonctionnel sur un marché spécifique : celui du logiciel, de l'immatériel, là où règne l'abondance.

Le modèle économique que sous-tend l'approche communautaire apporte de la nouveauté dans un monde que l'on pense définitivement soumis à l'économie de marché. L'intérêt qu'il suscite s'étend au-delà de la sphère informatique. Économistes, sociologues, tous ceux que l'air du temps intéresse trouvent matière à réflexion. Les gouvernements — ceux de la Communauté Européenne en particulier — y voient une source d'indépendance face à la domination américaine sur le marché du logiciel. Des politiques volontaristes se mettent en place et la contribution européenne aux efforts de développement des logiciels libres est d'ores et déjà conséquente. Dans certains secteurs d'activité (le secteur bancaire notamment), l'Allemagne s'est engagée dans le déploiement des OSS. La France devrait suivre dans les domaines de l'enseignement et de la fonction publique.

L'arrivée d'investisseurs aussi importants qu'Intel, IBM, Compaq et Dell dans le capital de Red Hat inquiète les plus fervents défenseurs de l'esprit Free Software. Ils fustigent déjà une entreprise qui, il y a peu, était encore citée comme exemple du potentiel économique des OSS. Le loup entre dans la bergerie ! Ce scénario pourtant réfuté semble toujours d'actualité. Le logiciel libre surveille déjà du coin de l'oeil ceux de ses enfants qui ont pactisé avec le grand capital. On parle de stratégie, de positionnement sur des marchés spécifiques, là où il y a peu régnait encore un certain idéalisme.

Avec la récente définition de l'Open Source, le logiciel libre semble abandonner la voie de l'affrontement direct avec l'industrie du logiciel pour une cohabitation plus sereine sans concession majeure. L'essentiel de ce qui fait la force du logiciel libre est conservé : la transparence. Cette nouvelle définition marque également une volonté de fusion des licences libres vers un cadre juridique commun — élément déterminant dans la survie du modèle Open Source.

Souhaitons que le logiciel libre demeure une source de code intarissable et reconnue d'intérêt public.


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