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3. Linux sur le marché des systèmes d'exploitation

3.1 Le marché des systèmes d'exploitation

Le marché des systèmes d'exploitation est dominé de façon écrasante par les produits Microsoft MS-Windows 95-98-NT. Cette domination va de pair avec celle des machines de type PC. Le chiffre d'affaires 1997 de l'ensemble MS-Windows 95 et NT est de 3.47 milliards de dollars.

Les concurrents traditionnels :

Les nouveaux concurrents :

3.2 L'évolution de l'informatique

On souhaite montrer ici que la domination de Microsoft MS-Windows dans le monde des systèmes d'exploitation, est due à certains facteurs qui sont en train de changer.

Jusqu'à une période récente, les ordinateurs ont été des machines autonomes destinées à faire fonctionner des logiciels et à exploiter des données stockées localement sur des disques ou des disquettes. Les grandes familles d'ordinateurs utilisées sont les PC fonctionnant sous MS-Windows et les Macintosh d'Apple pour les applications nécessitant une puissance modérée (bureautique, DAO, jeux, ...), les stations de travail sous Unix (DEC Alpha, Sun Solaris, Silicon Graphics, ...) beaucoup plus puissantes utilisées dans le monde professionnel et enfin les gros systèmes clients-serveurs Unix pour le calcul scientifique par exemple.

Un point commun entre ces machines est leur autonomie de fonctionnement tant au niveau de la puissance de calcul que des logiciels et des informations exploitées. Un autre est, au sein de chaque famille, la tendance vers une standardisation extrême des produits qui doivent satisfaire tous les besoins. Cette standardisation naît de la nécessaire diminution des coûts de développement pour les éditeurs mais aussi du besoin de pouvoir échanger des informations d'un ordinateur à l'autre. Par contre les grandes familles (PC, Mac et Unix) sont relativement incompatibles entre elles. Les logiciels des unes ne fonctionnement pas sur les autres.

Dans ce cadre de fonctionnement autonome, le besoin d'amélioration des performances et de multi-fonctionnalités pour un consommateur qui tend à devenir universel conduit aujourd'hui à une complexité croissante et mal maîtrisée des logiciels et des systèmes d'exploitation. On pense ici en particulier à MS-Windows 95-98 et aux logiciels les plus courants comme Word et Excel qualifiés d'« obésiciel »

Linux, mini OS contre maxi exploitation, J.-C. Guédon et B. Lang, Libération du 7 novembre 1997.
dont la qualité ne cesse de se dégrader d'une version à l'autre.

Mais aujourd'hui, la généralisation du fonctionnement en réseau de l'informatique et la convergence générale vers de grands standards de support de l'information liés à Internet (HTML, Java, ...), a modifié ces besoins. Un ordinateur n'est plus une machine destinée à effectuer certaines tâche de façon autonome comme une calculatrice de poche, mais plutôt une porte d'accès vers l'ensemble des services et des informations disponibles sur d'autres machines, via le réseau. Ce mode de travail nécessite beaucoup moins de capacités exhaustives de traitements internes et beaucoup plus d'aptitudes à aller exploiter ce qui est disponible en externe. Dans ce contexte, la course à la puissance et à l'uniformisation des machines est remplacée par une uniformisation des standards et normes supports de l'information.

Et ainsi, le besoin de machines peut se réorienter pour une plus grande personnalisation liées aux utilisations réelles souhaitées. Linux est alors une alternative intéressante à MS-Windows car sa qualité open source permet d'exploiter une version personnalisée du système d'exploitation allégée des fonctionnalités non souhaitées et concentrée sur des besoins particuliers.

3.3 Les premières intrusions de Linux sur le terrain de MS-Windows

Système d'exploitation d'origine universitaire, Linux est-il désormais mûr pour s'imposer dans le monde de l'entreprise ? Linux suit un chemin similaire à celui d'Unix, dont il reprend la « philosophie » et les spécifications, mais avec toutefois un ingrédient supplémentaire : la libre diffusion des sources.

C'est dans un premier temps comme serveur de fichiers, d'impression et de communication que Linux a réussi sa percée, car il intègre d'origine les principaux protocoles réseaux (TCP/IP, IPX, SMB, AppleTalk, etc.) et les principaux types de serveurs (HTTP, FTP, messageries, DNS, firewalling, etc.). Dans ces domaines, les solutions Linux sont les plus rentables - la comparaison avec MS-Windows NT étant sans appel -, en termes d'investissement initial, mais aussi de maintenance, de performances et de stabilité.

Mais Linux, comme la plupart des Unix, constitue aussi un excellent serveur d'applications. De fait, une dizaine de SGBD relationnels ont déjà été portés sous Linux, et, avec eux, plusieurs milliers de progiciels. Les portages d'applications sous Linux sont facilités par la compatibilité au niveau source avec la norme POSIX des Unix. À défaut, des émulateurs permettent de continuer à faire tourner des applications dans d'excellentes conditions.

Sur les postes clients, on commence à trouve les principaux types d'applications: bureautique avec WordPerfect, ApplixWare ou StarOffice, groupware et client-serveur avec Netscape Communicator, émulateurs de terminaux, gestionnaires de fichiers. Linux permet également de réaliser des économies substantielles - à la fois en matériel et en frais d'administration - en reconvertissant des PC relativement anciens en terminaux X ou en Network Computer.

Sur le marché des systèmes d'exploitation, MS-Windows est le leader dont l'ambition est de couvrir tous les besoins au travers de trois versions (MS-Windows 95-98, MS-Windows NT, et MS-Windows CE) dont les caractéristiques complémentaires permettent d'être présent sur l'essentiel des segments du marché. En face, Linux est en position de challenger.

On va essayer dans les deux prochains chapitres de voir comment Linux peut s'attaquer au marché. Son introduction peut être envisagée suivant deux stratégies au moins (voir Kotler&Dubois

Kotler&Dubois, Marketing Management, 9$^{ème}$ édition, 1997, Publi-Union Édition.
):


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