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2. Les modèles d'organisation de la communauté Linux

La communauté Linux (et les initiatives similaires de type ``logiciel libre'') ont proposé un grand nombre de modèles oeuvrant à différentes fins utiles, tout en soutenant la croissance de Linux et de la communauté Linux.

Cette section énumère différentes sortes d'organisations que l'on trouve dans la communauté Linux.

Il y a assez de place pour permettre à toutes les organisations existantes de grandir et de se développer ; en accord avec le thème de la ``décentralisation'' déjà évoqué, je pense qu'il devrait y en avoir beaucoup plus. Ceci serait particulièrement profitable aux groupes dédiés à des projets donnés. De telles entités pourraient et devraient rester indépendantes.

2.1 Sociétés de développement pour Linux

Ce type d'organisation développe des logiciels, du matériel ou des documentations, et vit en vendant des ``produits'' Linux.

Il existe un grand nombre d'entreprises de ce type (voir : vendeurs commerciaux pour linux). Remarquez que la plupart de ces sociétés ne diffusent pas toutes leurs propres productions sous licence GPL.

2.2 Consultants pour Linux

Leur but serait de vendre des services d'installation, d'amélioration et d'assistance technique aux systèmes Linux.

Il existe un grand nombre de sociétés de services qu'on peut connaître par le biais du ``HOWTO des consultants'', qui fait partie du Projet de Documentation Linux.

La société Red Hat Software a un projet dans lequel elle envisage la création d'un programme de Certification Linux Red Hat. Ils ont également plusieurs autres projets dont aucun n'a encore pleinement abouti.

Russell Nelson de Crynwr Software a proposé l'idée d'une ``Organisation Linux'' proposant des services de type ``relais'' d'assistance technique pour Linux. Ils pourraient accepter des questions/audits techniques et les fournir ensuite à des groupes de consultants Linux.

Mon opinion personnelle est que ceci peut effectivement être effectué par des organisations indépendantes de type ``Consultants pour Linux''. Si une société de service/conseil voit un intérêt à fournir de l'assistance technique pour des projets Linux, c'est bon, et cela peut constituer un outil de ``marketing'' intéressant :

Non seulement nous fournissons un bon service, mais de plus, nous participons activement à l'amélioration de Linux.

Quoi qu'il en soit, je pense que rassembler ``tous les Linux'' (sous la forme d'une organisation à but non lucratif) a des chances de diluer l'efficacité de l'ensemble de ces organisations. J'ai déjà vu cela arriver.

Une initiative ``libre'' appropriée serait de fournir un service intégrant des systèmes Linux dans les écoles, tout d'abord comme serveurs de mail, de réseau, et peut-être de façon ultime, comme serveur d'applications. Ceci pourrait être organisé au travers d'organisations d'assistance technique pour Linux qui pourraient émerger des groupes d'utilisateurs locaux. (Voir le HOWTO pour des groupes d'utilisateurs,

NdT : la version française de ce document est en cours de traduction. De manière générale, un miroir français de l'état de l'art des HOWTO, et en particulier des traductions en français, se trouve à l'adresse : traductions en français des HOWTO pour Linux
qui contient quelques remarques à ce sujet.)

Et ne dénigrez pas l'assistance technique Linux disponible par le biais d'Internet ; les ``Linuxiens sur Internet'' ont gagné le prix InfoWorld de la meilleure assistance technique.

2.3 Soutien pour Linux international

Il existe une organisation appelée Linux International soutenant Linux. Il serait utile qu'il y ait une organisation de cette sorte, mais plus officielle, dans un objectif d'efforts communs. Caldera et Red Hat ont chacun fait de la publicité, ce qui a souvent été bon pour Linux. Mais cette pub est toujours dirigée vers leurs produits, ce qui n'est pas nécessairement d'un intérêt général pour tous les Linuxiens.

Les deux activités principales d'une telle organisation seraient la promotion de Linux (marketing) et la divulgation d'informations. Ses activités spécifiques pourraient consister à :

De telles organisations existant actuellement englobent :

2.4 Les fondations de développement de projets Linux

Il y a un modèle existant qui pourrait utilement être reproduit, et qui provient de l'exemple de la Free Software Foundation. Il concerne les groupes de développement associés à un projet.

La FSF a fourni un grand nombre d'éléments utilisés dans Linux, et plus précisément :

La Free Software Foundation (FSF) a été fondée dans un objectif très proche de celui que Linux satisfait relativement bien : créer un système d'exploitation gratuit qui peut remplacer UNIX, d'où le ``GNU - GNU's Not UNIX'' (GNU n'est pas Unix). Cela a commencé en construisant des outils pour ``construire le système'', dont GCC, les utilitaires de compilation, GNU Emacs, et les utilitaires pour fichiers ``à la UNIX''.

Malheureusement, lorsqu'ils en sont arrivés à construire leur propre noyau appelé Hurd, l'organisation s'est sclérosée en ce qui apparaît maintenant comme une ``clique'', avec ce qui ressemble de l'extérieur à un éventail de croyances politiques dégageant l'odeur peu flatteuse d'une organisation commerciale.

De surcroît, Richard Stallman (communément appelé ``RMS''), le dirigeant de la FSF, est très souvent mal cité, et parfois, ses commentaires sont très différents de ce que les gens présument qu'il déclare.

Lisez les textes des entretiens avec Richard Stallman et Linus Torvalds. Les commentaires de Linus sur Stallman et ses déclarations sont très intéressants.

Les préférences politiques sont ce qu'elles sont ; il y a plus sérieusement des problèmes à la FSF. On peut les voir plus clairement dans :

Ces situations sont à comparer à celles où des personnes ont quitté le projet NetBSD pour fonder le projet OpenBSD.

Les causes profondes de ces divisions sont diverses, mais prenez conscience de ces aspects :

J'aimerais faire admettre que cela montre qu'il existe de sérieux problèmes dans la façon dont la FSF fonctionne.

Le monde a beaucoup changé depuis la création de la FSF au début des années 80. Leur but originel était de construire une version libre d'UNIX. En 1985, le monde avait besoin d'une variante UNIX libre car il n'en existait pas. En 1997, l'existence de Linux et des systèmes d'exploitation *BSD, qui sont tous puissants et robustes, laisse songeur quant à la nécessité du très expérimental Hurd. Hurd propose de nouveaux concepts, mais je pense qu'il ne sera jamais qu'un objet de curiosité.

Je suppose qu'une des causes pour lesquelles la FSF connaît des difficultés est qu'ils sont devenus les ``vieux révolutionnaires'' qui ont du mal à faire évoluer leurs buts en fonction de leur environnement, qui a changé.

Dans le ``manifeste'' du GNU Bead Project Portal, Lyno Sullivan décrit un

projet GNU responsable d'imaginer, de construire et d'améliorer le fonctionnement de l'organisation formelle des volontaires de GNU et de sa structure logicielle.

Dans un commentaire à propos d'une version antérieure de ce document, il expliquait qu'il

était triste car j'exprimais beaucoup de frustration quant à la rigidité apparente de la FSF

C'est un point de vue relativement juste ; ses commentaires sur le fait qu'un certain degré de rigidité soit nécessaire au lancement d'un projet sont également justes. Je suis d'accord pour dire qu'une bonne conception doit certainement débuter par la création, par une poignée d'individus, d'un embryon de ``cathédrale''. Une fois que les aspects principaux sont suffisamment stables, il devient opportun de laisser continuer les gens dans le mode ``bazar''.

Ma réponse à Lyno est qu'il existe un seuil au delà duquel la cathédrale peut et doit être transformée en bazar, et que la FSF :

2.5 Linux VARS limited

Il existe un assez grand nombre d'intégrateurs de systèmes Linux, qui vendent des machines sous Linux pré-configurées, et qui fournissent généralement des machines ``sur mesure'' à leurs clients.

Il y a eu des propositions pour les groupes d'utilisateurs d'assister les assembleurs de PC locaux en définissant des ``spécifications pour machines Linux'', afin qu'il puisse y avoir des machines Linux disponibles localement, aussi bien que par des ventes par correspondance.

2.6 Documentation linux/échange d'informations

La grande toile mondiale du Web a rendu possible l'implantation virtuelle de n'importe quel schéma d'organisation de l'information.

La source la plus remarquable d'informations mises à jour régulièrement est le projet de documentation Linux à partir duquel les documents ``HOWTO'' (modes d'emploi) sont distribués. J'aime encore mieux mon point de vue sur Linux ; cela contient des liens vers diverses sources d'information et de nouvelles qui utilisent plusieurs approches de l'organisation de l'information concernant Linux.

Les éditeurs tels que SSC, O'Reilly et Red Hat Software (qui font partie de nombreux autres tels que ceux-ci) sont peut-être les plus notables des diffuseurs d'informations et de nouvelles concernant Linux. Ceci inclut aussi bien des documents protégés et commerciaux qu'une grande variété, de plus en plus fournie, de documents libres/ouverts.

Un grand nombre d'informations pour lesquelles d'autres compagnies créent des ``bureaux d'aide'' transitent sous ces formes :

Ceci ne couvre pas la totalité des besoins ; le fait qu'il y ait un grand nombre de singes scotchés à leur clavier signifie que d'un côté, certaines réponses sont redondantes, mais qu'elles sont tout de même souvent utiles.

Les sociétés d'assistance technique constituent trop souvent des services multiples gérés par des personnes incompétentes qui ne possèdent rien de mieux que les HOWTO Linux.

Le Projet de Documentation Linux fournit une superbe organisation au niveau de la documentation tel que le travail de documentation n'est pas excessivement dupliqué. Ceci a été rendu possible grâce à la création d'une DTD (<em>définition de type de document</em>) SGML (<em>langage standard généralisé de balises appelée ``LinuxDoc'', maintenant connue sous le nom des outils SGML. Le présent document

NdT : et sa traduction
est maintenu en utilisant ces outils.

Quelque chose de similaire devrait être effectué pour organiser les documentations présentes sur le Web. Pour presque chaque type d'information, il y a plusieurs personnes qui le dupliquent virtuellement sous plusieurs formes différentes. Par exemple, il existe au moins cinq documents Web indépendants qui concernent les bases de données (dont mon document sur RDBMS - systèmes de gestion des bases de données relationnelles).

Un des meilleures sites est sans doute SAL - applications scientifiques pour Linux.

Une version améliorée du format LSM ( The Linux Software Map (LSM) utilisé sur l'archive Sunsite pour collecter automatiquement des informations de base dans les paquetages de programmes Linux) pourrait être utilisée pour encourager la création d'informations utiles.

Le nouveau format LSM devrait contenir suffisamment d'informations pour être capable de présenter toutes les informations critiques présentes dans les paquetages de logiciels telles que celles présentées sur mon document sur le traitement de texte, mon document sur les bases de données relationnelles, mon document présentant la finance sous Linux, mon document sur les tableurs ou encore sur de plus gros documents de liens tels que applications scientifiques pour Linux.

De nouveaux champs pourraient être inclus dans le nouveau format LSM, comme par exemple :

L'utilitaire rpm2html est un générateur de documents Web pour les paquetages RPM. Il prend des fichiers RPM et en extrait un grand nombre d'informations utiles.

D'autres efforts ont été envisagés pour collecter et organiser toutes ces informations, et j'attends de grandes améliorations à ce niveau dans les années à venir.

2.7 Conclusion

Un grand nombre d'initiatives correspondant à tous les modèles d'organisation énumérés dans cette section.

Pour certains types d'organisations, une assistance technique supplémentaire arrive déjà, en provenance de sociétés de logiciels et autres... Il est presque toujours possible de l'améliorer, mais dans beaucoup de cas, il existe de bonnes organisations qui grossissent et nécessitent un peu d'attention de notre part pour aller encore plus loin.

Les produits commerciaux sont soutenus par les ventes car les bonnes informations ont de la valeur.

Un point faible est le manque de projets de développement pour construire une infrastructure Libre/Ouverte.

Ce genre d'effort pourrait être renforcé par l'introduction de ce que j'appellerais des Fondations Linux. Le but de ce document est de décrire la façon dont ces organisations pourraient être organisées.


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