Chapter 6. Scepticisme au sujet de Linux

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Linux explosera comme les Unix
Il n'y a aucun contrôle de qualité dans les logiciels libres.
"Nous ne pouvons pas faire confiance à un programme gratuit pour la gestion de nos données de production"
"La gratuité n'existe pas"
"Les produits de source libre sont de bonnes reproductions, mais de piètres innovateurs"
"Linux n'est pas encore prêt pour l'entreprise"

Beaucoup d'arguments qui ont été opposés à Linux ne peuvent pas être clairement classifiés, le plus pratique étant de les lister dans cette section. Ce sont des questions sérieuses qui méritent des réponses tout aussi sérieuses.

Linux explosera comme les Unix

Comme chaque année depuis plus d'une décennie, l'industrie informatique clame qu'Unix finira par régner. Tous les autres systèmes d'exploitation s'éteindront et seul Unix demeurera. Qu'en est-il de cette vision affectueuse ? Unix a fini de s'éclater en de nombreuses versions plus ou moins incompatibles, chacune campant sur ses positions. En attendant, un nouveau système d'exploitation passionnant appelé MS-Windows NT a vu le jour. Ce système d'exploitation a revendiqué quelques fonctionnalités uniques. Il possède la plupart des fonctionnalités techniques d'Unix (véritable mémoire d'adressage 32 bits, traitement préemptif multitâche, etc..) une interface attrayante, des outils de gestion faciles à utiliser, un prix peu élevé à l'achat et une version unique contrôlée par un seul constructeur. En peu de temps, MS-Windows NT a absorbé une bonne partie du marché des serveurs basiques, et a commencé son ascension inexorable vers le haut de la chaîne des serveurs. Unix n'a jamais semblé si vulnérable.

Mais depuis lors, Microsoft lui-même a été désagréablement surpris par un challenger. Linux est bon marché, conforme aux normes, stable, rapide et n'est pas contrôlé par n'importe qui. Le seul problème est que c'est un Unix, aussi pourrait-il suivre la même voie.

Cette possibilité ne peut pas être écartée. Cependant, la licence publique GNU vient à son secours. Puisque Linux est diffusé sous ce contrat, il n'est pas légalement possible qu'une version propriétaire existe. Cette licence rend obligatoire la diffusion de tous les changements réalisés sous forme de code source, et ce pour des utilisations et des modifications libres. Ainsi si deux parties apportent des changements différents et indépendants à Linux, toutes les deux doivent rendre leur code source publiquement disponible. Il est alors possible, au moins théoriquement, d'incorporer les deux ensembles de changements à une nouvelle version. Ceci se produira assez rapidement si les deux changements sont jugés utiles. Cependant, la GPL (licence publique générale) jamais n'a été portée devant un tribunal, ainsi sa validité n'est pas assurée, bien que les juristes consultés se soient prononcés en sa faveur.

Dans un processus que Linus Torvalds appelle "l'éclat curatif", les nouveaux codes sont réintégrés périodiquement dans les nouvelles versions. En fait, le développement actuel de Linux n'est rien d'autre qu'un flux constant d'éclatements suivis de réabsorptions, au cours desquels des développeurs indépendants soumettent des versions modifiées des modules de Linux à un groupe de développeurs qui les évaluent et les incorporent. Dans ce système de Darwinien basé sur le mérite, le code le plus utile et mieux écrit (indépendamment des réputations antérieures des contribuants) est retenu et devient une partie des futures distributions standards. Les fans de Star Trek reconnaîtront ici la stratégie d'assimilation de Borg. Cette évolution de code se fait sans aucune incitation, et il n'y aura probablement qu'un unique Linux dans l'avenir.

(Il continuera à y avoir beaucoup de distributions de Linux, qui sont des collections de logiciels destinés à Linux sur un seul CDrom. Celles-ci sont différentes parce que les distributeurs diffèrent dans leurs vues quant aux programmes, et aux versions de ces programmes, qui leur semblent valoir la peine d'être intégrés. Il faut noter que l'existence de multiples distributions n'est pas la preuve que Linux éclate, parce que toute distribution est basée sur un seul et unique code de base).

Références :

Linux repose peut-être sur des bases juridiques instables : une analyse