Chapter 4. Les faiblesses de Linux revisitées

Table of Contents
Interface utilisateur antipathique
Problèmes d'installation
Pénurie d'applications
Documentation déficiente
Manque de fonctionnalités évoluées
La sécurité en question
Manque d'assistance technique
Absence de recours légal
Manque d'image de marque
Un mode transactionnel qui n'est pas fiable
Évolution future incertaine

Linux n'est certainement pas un système d'exploitation parfait, et tout le monde a pu entendre parler des faiblesses qui lui ont été un jour ou l'autre reprochées. Examinons-les de nouveau pour voir combien d'entre elles sont encore justifiées aujourd'hui.

Interface utilisateur antipathique

Il est impossible de lire un article sur Linux destiné à des lecteurs ne connaissant pas Unix sans trouver des critiques du genre "ligne de commande primitive", "commandes cryptées" et "syntaxe mystérieuse". Assurément, les utilisateurs accoutumés aux interfaces graphiques joviales des MS-Windows et Macs hésiteraient avec raison avant de se lancer dans la frappe d'une "syntaxe mystérieuse". Mais les choses évoluent rapidement. Il y a deux environnements de bureau graphiques pour Linux. KDE (littéralement le "'K' Desktop Environment") est légèrement plus mûr, la critique la plus répandue étant qu'il est actuellement trop "strict". Gnome est une interface plus sympathique qui permet aux utilisateurs de la personnaliser à l'infini. Ni l'une ni l'autre de ces interfaces ne sont aussi complètes que les bureaux MS-Windows ou Macintoshs. Cependant, ils ont été développés pour parvenir à leur version actuelle dans un temps record (Cf les copie d'écran ci-dessous). Les critiques de Linux doivent se rappeler que les premières versions des MS-Windows n'étaient pas mémorables, et que ce n'est qu'avec version 3.1 de MS-Windows, apparue un beau jour de 1993, que celui-ci est devenu utilisable. Il a fallu encore 2 années de plus pour que MS-Windows atteigne son niveaux actuel avec MS-Windows 95. Etant donné l'état des projets de bureaux pour Linux et l'élan énorme dont ils bénéficient, il semble raisonnable d'attendre une interface graphique aussi sympathique pour Linux pour la fin de l'année 1999, qui mettra fin à l'argument de l'interface utilisateur.

(Déjà, ces interfaces ont dépassé les MS-Windows à bien des égards. Si vous effacez un programme manuellement, une référence à celui-ci apparaît toujours dans le menu de démarrage de MS-Windows. Gnome et KDE détectent automatiquement la suppression (manuelle) d'un programme et cessent d'afficher toutes références à celui-ci).

Une copie d'écran de Linux utilisant KDE, sur le modèle Macintosh.

Une copie d'écran du bureau Russe Gnome, illustrant ses facultés d'adaptation internationales.

Une copie d'écran de Gnome avec le gestionnaire de fenêtres Enlightenment, un exemple poussé à l'extrême de la façon dont les utilisateurs peuvent personnaliser leur environnement.

En outre, pour contourner l'argument de la convivialité, une commande en ligne est dans beaucoup de situations une excellent alternative aux gestionnaires graphiques. Même avec un gestionnaire graphique d'une convivialité extrême, un utilisateur trouvera difficile l'exécution de certaines tâches par une métaphore graphique. Par exemple, "Piper" (N.D.T. : emboîtement de plusieurs traitements en une seule commande) la sortie d'un programme comme entrée d'un autre. La puissance de l'enchaînement d'opérations sur une ligne de commande rend l'environnement des Unix/Linux très productif. Les scripts sont également à la source de la grande puissance des Unix, point sur lequel les systèmes graphiques comme MS-Windows et Macintosh sont notoirement faibles. Les fichiers batch du DOS et MS-Windows sont largement insatisfaisants en comparaison des scripts shell de base des Unix, dont les Applescripts tente de s'approcher. Ni l'un ni l'autre ne peuvent prétendre à la puissance des langages de scripts (libres) propres aux Unix que sont Perl, Python, Tcl et Guile. Cela peut expliquer pourquoi ces langages sont maintenant portés sous MS-Windows. Il reste à voir si MS-Windows 2000, avec son "Active Scripting" attendu, basé sur Visual Basic, atteindra ce niveau.

Ironiquement, avec un environnement graphique très semblable aux MS-Windows ou aux Macs, la commande en ligne de Linux et l'interface de script seront peut-être prochainement un argument de poids pour les utilisateurs avertis. MS-Windows et Macintosh traitent de façon identique tout les utilisateurs, indépendamment de leur niveau de compétence, et ne leur permettent pas d'acquérir un plus grand contrôle de leur machine à mesure que leur expérience s'accroît. Unix et les systèmes similaires se dévoilent avec l'expérience, et récompensent les utilisateurs aguerris par une productivité largement supérieure.

Au total, l'argument lié au manque de convivialité de l'interface de Linux est clairement erroné. Le défi de Linux est maintenant de développer des gestionnaires graphiques adaptés à ses puissantes fonctionnalités aujourd'hui en ligne de commande. Le "Piping" et la redirection via le drag-and-drop, les scripts visuels, la représentation graphique de la notion de fichier d'Unix, et d'autres de ce type, propulseraient Linux loin devant les MS-Windows et Macintoshs, ces derniers manquant cruellement d'une architecture adaptée à de telles applications.

Références :

Page Web de Gnome

Page Web de KDE

Cours d'initiation au shell Bourne d'Unix

Site du langage Perl

Site du langage Python

Site du langage Tcl/Tk

Site du langage Guile

Une perspective intéressante d'utilisateur Macintosh sur Linux