Gestion de divers matériels

C'est un bilan mitigé. D'une part, Linux fonctionne sur pratiquement tout microprocesseur connu, même RISC ou CISC, de 32 bits ou 64-bit.

Les processeurs les plus courants pour Linux sont naturellement issus de la famille des Intel x86, mais il fonctionne également sur le 68k de Motorola, l'IBM/Apple/Motorola PowerPC, Alpha de Compaq/Digital, les processeurs MIPS, SPARC et UltraSparc de Sun et StrongARM d'Intel. Le processeur HP PA-RISC est peut-être le seul microprocesseur répandu sur lequel Linux ne fonctionne pas encore, mais HP finance un groupe indépendant, le Groupe Puffin, en vue de réaliser le portage de Linux. Intel participe également au développement de Linux, un de leurs objectifs affichés étant d'optimiser le fonctionnement de Linux sur ses microprocesseurs. Intel fournit des informations techniques sur ses cartes mères à 8 microprocesseurs à la communauté Linux, de sorte que les puissants serveurs Xeon tournant sous Linux puissent être une alternative rentable pour ses clients. Intel fourni également des informations sur son prochain microprocesseur 64-bits Merced, dont on attend la commercialisation dans quelques années. Lors de la sortie de Merced, Linux sera fin prêt.

Plus prosaïquement, les ordinateurs à base de processeurs compatibles Intel x86 comme AMD ou Cyrix sont parmi le matériel le meilleur marché qui soit disponible, et la gratuité de Linux peut rendre de telles machines très attrayantes à la fois pour l'utilisateur final comme pour les acquisitions de parcs conséquents. Quelques constructeurs se sont intéressés à la facilité d'adaptation ce système d'exploitation d'usage universel et gratuit, et ont commencé à l'intégrer sur des matériel peu prédestinés tels que des décodeurs pour téléviseurs et des lecteurs de musique au format MP3.

La prise en charge d'une aussi large gamme de microprocesseurs est un atout considérable dont aucun autre système d'exploitation ne peut se vanter, même si des variantes gratuites ``freeBSD'' s'en approchent. Linux a en fait gagné le pari de l'indépendance vis à vis du matériel, indépendance reniée par les versions d'Unix propriétaires. Les utilisateurs de Linux y gagnent par leur liberté de choix du constructeur de matériel.

Néanmoins, Linux ne gère pas encore les bus USB (Universal Serial Bus) ou la norme Plug-and-Play (N.D.T. : depuis le noyau 2.2), bien qu'il y ait des efforts actifs en cours sur ces deux projets. Intel développe son UDI (Uniform Driver Interface) en suivant la philosophie des Unix et leur gestion des périphériques par modules spécialisés, et tente d'aider la communauté Linux à en écrire les gestionnaires.

Linux ne gère pas non plus autant de types de périphériques et de cartes que MS-MS-Windows. Il est encore nécessaire de consulter la liste des matériels compatibles avant de choisir un nouveau périphérique destiné à une machine Linux. Sans aucun doute, cet état de fait disparaîtra au fil du temps avec sa popularité croissante, poussant les constructeurs de matériel à lui écrire des gestionnaires (ou du moins à rendre publique les caractéristiques de leurs matériels).

Pour l'année à venir, il parait probable que cela restera une faiblesse dans l'armure de Linux. Les systèmes Linux préinstallés avec des périphériques testés et garantis par le constructeur sont la meilleure réponse à court terme.

Références :

HP, le portage de Linux sur PA-RISC et le Groupe Puffin

Les PC à moins de 600$ d'Emachines

Les PC Cyrix à moins de 299$

Des décodeurs Linux

Linux sur des serveurs à 8 Pentium III Xeon SMP d'Intel

Linux et le futur Merced d'Intel

Le toolkit de Cygnus GNUPro pour Merced permet à Linux d'être compilé pour cette plateforme

Le projet Linux-USB

Le projet Plug-and-Play Linux

L'UDI d'Intel et la communauté de Linux

Linux gère un autoradio MP3

Liste de matériels pris en charge par Linux