Les performances

Beaucoup de tests ont été réalisés par des organismes indépendants, opposant Linux à MS-Windows NT et aux autres Unix. Indépendamment d'une étude évoquée ultérieurement dans cette section, il s'avère que Linux bat constamment NT non seulement sur les machines à microprocesseur unique, mais également sur les configurations à microprocesseurs multiples sur lesquelles on pourrait s'attendre à de meilleurs performances de NT liées à son architecture particulière. Linux apparaît capable de délivrer de bonnes performances, même avec des processus "lourds" en lieu et place des "threads légers" utilisés par NT. La gestion des processus de Linux est particulièrement efficace, remplaçant le recours au threads.

Etonnamment, Linux bat également de justesse Solaris sur son terrain, le matériel SPARC, quoique seulement sur des machines à unique microprocesseur SPARC. Encore une fois, une petite analyse révèle des causes majeures. Les systèmes Unix, Linux inclus, traitent tout graphique comme une application du niveau utilisateur, pouvant être exécutée optionnellement. Des interfaces graphiques raisonnablement sophistiquées existent pour Linux, mais celles-ci ne sont pas étroitement liées aux noyau du système d'exploitation. Elles peuvent être désactivées lorsqu'elles ne sont plus requises. Or sur les serveurs, la gestion graphique est inutile la plupart du temps. Typiquement, sur des serveurs Unix, l'interface graphique intégrée de Linux est lancée une fois l'administration du système activée et arrêtée le reste du temps, procurant une nette augmentation des performances lors du lancement du système, les programmes graphiques étant très gourmands en ressources.

La conception de MS-Windows, à contrario, souffre de l'intégration du système graphique au noyau (ce qui n'est pas surprenant étant donné son origine bureautique) une conception de base qui handicapera continuellement ce produit dans son rôle de serveur comme de système d'exploitation.

Peut-être qu'un jour Linux perdra son mince avantage en terme de performance sur Solaris lorsqu'il disposera de fonctionnalités plus étendues et que sa taille se sera accrue.

Qui vivra verra.

Cependant, l'optimisation constante du noyau par un groupe de programmeurs experts en systèmes répartis sur tout la planète devrait contribuer à donner à Linux un niveau de performance élevé, même dans le futur. Ce sera une évolution intéressante à suivre.

En avril de cette année, un test conduit par un compagnie appelée Mindcraft montra que MS-Windows NT combiné à Microsoft IIS (Internet Information Serveur) était de 2,5 à 3,7 fois plus rapide que Linux utilisé comme serveur de fichiers MS-Windows (utilisant Samba) et comme serveur Web (utilisant Apache).

Ce résultat est étonnant, car à l'opposé de ceux réalisés par plusieurs testeurs indépendants par le passé y compris Sm@rt Reseller On-line.

Des informations complémentaires indiquèrent que la machine NT utilisée avait été largement améliorée et optimisée pour le test de charge à la différence de la machine Linux, un fait que Microsoft tarda à admettre. On a également découvert que ce test avait été commandité par Microsoft, et n'était pas aussi "indépendant" qu'il le prétendait (ce que maintient malgré tout Microsoft).

Ces révélations tardives ont donc sérieusement remis en question les résultats obtenus.

Pour l'heure, plutôt que de débattre de la légitimité du test de Mindcraft, il est sans doute préférable que vous conceviez et conduisiez vous-même votre propre test, l'adaptant en fonction votre situation. Après tout, tout le monde ne pousse pas ses serveurs de façon aussi extrême que lors de tests de puissance.

Du coté exécution client, même une note issue par fuite de Microsoft, la seconde de la série des documents "Halloween", reconnaît après un test interne sur du matériel identique que Netscape Navigator sur Linux est de 30 à 40% plus rapide que Internet Explorer sur MS-Windows NT.

Le "Test-Marketing", naturellement, peut toujours être controversé, mélangeant mensonges et statistiques, mais un dans grand nombre de cas, l'impression dominante est que Linux reste le système d'exploitation le moins gourmand et le plus véloce.

Avec la nouvelle version du noyau (version 2.2), cette rapidité est encore accrue.

Le nouveau (version 2.2) est semble-t-il aussi performant que FreeBSD.

Néanmoins, les revendeurs Linux doivent s'en remettre aux protocoles de tests classiques, SPEC ou TPC, pour couper court à toute controverse.

D'ailleurs, les références TPC intègrent un rapport prix/performance, dont Linux devrait largement tirer parti !

Références :

Test sur les serveurs de fichiers de Smart Reseller Online's, dans lequel Linux/Samba bat NT/IIS

Microsoft se vante du test Mindcraft

Le porte-parole de Microsoft admet que la machine Linux du test Mindcraft n'était pas préparée au mieux

Le Linux Weekly News évoque des imperfections dans le test de Mindcraft

Un commentaire sur la deuxième série de tests prévue par Mindcraft

Les documents Halloween:

Halloween I

Halloween II