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16. La GNU Library GPL, ou licence publique générale de GNU pour les bibliothèques

La bibliothèque du langage C du projet GNU fait appel à un gauche d'auteur particulier, appelé la GNU Library General Public License (licence publique générale de GNU pour les bibliothèques, ou GNU LGPL), qui autorise la liaison de logiciel propriétaire avec la bibliothèque. Pourquoi une telle exception ?

Ce n'est pas une question de principe ; aucun principe ne dicte que les logiciels propriétaires ont le droit de contenir notre code (pourquoi contribuer à un projet qui affirme refuser de partager avec nous ?). L'utilisation de la LGPL dans le cadre de la bibliothèque du langage C, ou de toute autre bibliothèque, est un choix stratégique.

La bibliothèque du langage C joue un rôle générique ; tout système propriétaire, tout compilateur, dispose d'une bibliothèque du langage C. C'est pourquoi limiter l'utilisation de notre bibliothèque du langage C au logiciel libre n'aurait donné aucun avantage au logiciel libre — cela n'aurait eu pour effet que de décourager l'utilisation de notre bibliothèque.

Il existe une exception à cette règle : sur un système GNU (et GNU/Linux est l'un de ces systèmes), la bibliothèque du langage C de GNU est la seule disponible. Aussi, ses conditions de distribution déterminent s'il est possible de compiler un programme propriétaire sur le système GNU. Il n'existe aucune raison éthique d'autoriser des applications propriétaires sur le système GNU, mais d'un point de vue stratégique, il semble que les interdire découragerait plus l'utilisation d'un système GNU que cela n'encouragerait le développement d'applications libres.

C'est pourquoi l'utilisation de la GPL pour les bibliothèques (ou LGPL) est une bonne stratégie dans le cadre de la bibliothèque du langage C. En ce qui concerne les autres bibliothèques, il faut prendre la décision stratégique au cas par cas. Quand une bibliothèque remplit une tâche particulière qui peut faciliter l'écriture de certains types de programmes, la distribuer sous les conditions de la GPL, en limitant son utilisation aux programmes libres, est une manière d'aider les développeurs de logiciels libres et de leur accorder un avantage à l'encontre du logiciel propriétaire.

Considérons GNU Readline, une bibliothèque développée dans le but de proposer une édition de ligne de commande pour l'interpréteur de commandes BASH. Cette bibliothèque est distribuée sous la licence publique générale ordinaire de GNU, et non pas sous la LGPL. Cela a probablement pour effet de réduire l'utilisation de la bibliothèque Readline, mais cela n'induit aucune perte en ce qui nous concerne. Pendant ce temps, on compte au moins une application utile qui a été libérée, uniquement dans le but de pouvoir utiliser la bibliothèque Readline, et c'est là un gain réel pour la communauté.

Les développeurs de logiciel propriétaire jouissent des avantages que leur confère l'argent ; les développeurs de logiciel libre doivent compenser cela en s'épaulant les uns les autres. J'espère qu'un jour nous disposerons de toute une collection de bibliothèques couvertes par la GPL, et pour lesquelles il n'existera pas d'équivalent dans le monde du logiciel propriétaire. Nous disposerons ainsi de modules utiles, utilisables en tant que blocs de construction de nouveaux logiciels libres, et apportant un avantage considérable à la continuation du développement du logiciel libre.


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