À l'abordage !!!

Les auteurs et utilisateurs de logiciels libres sont souvent considérés par la PIF comme des pirates. Nous allons essayer d'en donner l'explication.

Apprenez les langues étrangères !

Le pirate informatique, qui tente de s'approprier des logiciels commerciaux ou bien prendre le contrôle de systèmes, a été historiquement désigné sous le terme de “cracker”. Or un autre terme, “hacker”, caractérise celui qui aime maîtriser une technique et résoudre les problèmes qui en relèvent. Les deux n'ont pourtant rien à voir puisque le but du pirate informatique est généralement de faire du mal à autrui alors que celui du “hacker”, par exemple d'un auteur de logiciel libre, est de faire du bien à l'humanité en offrant le fruit de son travail.

Les deux ont cependant un point commun, c'est que très souvent la seule satisfaction qu'ils recherchent est de devenir célèbres. Ces gens sont surtout guidés et motivés par la beauté de l'exploit technique, et l'argent n'entre que rarement en ligne de compte.

Mais de nombreux “crackers” d'élite sont aussi des “hackers”, de sorte que les journalistes emploient très souvent le terme “hacker” pour désigner un pirate.

Les auteurs de logiciels libres désignent sous le terme de “crackers” les pirates. À défaut d'une traduction valable, je suggère donc à la PIF d'utiliser les termes “hackers” et “crackers” à bon escient, et de réserver le mot “pirates” aux seuls “crackers”.

Maîtresse, il m'a copié !

La possibilité de copier les logiciels libres à l'envi, et de les redistribuer, le tout légalement, semble surprendre la PIF, peu habituée à ces pratiques et ignorante du fait que les logiciels ne sont que des informations rangées dans un certain ordre, et que comme toute information ceux-ci ont vocation à être largement et librement diffusés.

On peut rapeller qu'en 1994, la filiale française d'un grand éditeur de logiciels avait lancé une campagne publicitaire auprès de milliers de développeurs sur le thème «Vous développez avec des logiciels piratés ? D'autres piratent peut-être vos logiciels !», en développant l'amalgame entre logiciel gratuit et logiciel piraté : selon cette campagne publicitaire, un logiciel n'était légal qu'à partir du moment où une facture prouvait son acquisition. Or, qui dit logiciel libre ou gratuit, dit pas de facture, sans qu'il y ait illégalité pour autant. Rapellons également les mille et une versions du père fouettard : «si vos logiciels ne proviennent pas d'un grand éditeur, avec facture à l'appui, c'est qu'ils sont piratés ; et si vous avez des logiciels piratés, forcément vous aurez des virus...», qui font que, grâce à l'aide régulière de virus défrayant la chronique, comme CIH.Spacefiller, l'amalgame logiciel gratuit = source de virus à la vie dure. Tout ceci à quelques pages de la section «Shareware du mois» du magazine...

La PIF qui se fait bourrer le mou depuis bientôt vingt ans à grands coups de campagnes publicitaires de la BSA et consorts et considère toujours que copier c'est voler, c'est pirater. C'est une généralisation abusive. On à peine à penser qu'elle soit involontaire, tant on voit bien à qui elle profite. En effet, il faudrait que tous les rédacteurs de la PIF se gravent sur le front: “Copier un Logiciel Libre EST Légal ET Encouragé”, et peut être emploieraient-ils alors à bon escient le terme “pirate”. En tout cas ils considéreraient certains de leurs annonceurs d'un autre oeil.