<!DOCTYPE BOOK PUBLIC "-//Davenport//DTD DocBook V3.0//EN" []>

<!-- $Id: fud.sgml,v 1.13 1999/05/31 09:59:06 jerome Exp $ -->

<book>
  <bookinfo>
    <title>Peur, Incertitude, Doute</title>

    <authorgroup>
      <author><surname>ALET</surname><firstname>Jerome</firstname></author>
    </authorgroup>

    <legalnotice><title>Notice Légale</title>

      <para>
	Ce document est encore à l'état de brouillon, il manque notamment les références des articles de la PIF argumentant ce que j'avance, ainsi que le développement d'idées ajoutées en vrac à la fin du présent document. Surtout n'hésitez pas à m'envoyer vos suggestions et commentaires, même négatifs.
      </para>

      <para>
	Vous pouvez copier, redistribuer, modifier et utiliser ce document
	comme bon vous semble à condition de respecter les termes de la
	Licence Publique Générale (GNU GPL) version 2.0 ou supérieure.
      </para>

      <para>
	Vous trouverez cette licence en version originale sur:
	<ulink url="http://www.gnu.org/copyleft/gpl.html">
		    http://www.gnu.org/copyleft/gpl.html
	</ulink>
	et en français sur:
	<ulink url="http://www.linux-france.org/article/these/gpl.html">
		    http://www.linux-france.org/article/these/gpl.html
	</ulink>

      </para>

      <para>
	Si vous éditez ce document merci de m'envoyer une copie de vos
	modifications afin d'améliorer l'original.
      </para>

      <para>
	Vous pouvez télécharger le source SGML de ce document à l'adresse:
	<ulink url="fud.sgml">
		    http://www.linux-france.org/article/these/fud/fud.sgml
	</ulink>
	Il faut télécharger cette version si vous voulez faire des
	modifications.
      </para>

      <para>
	Vous pouvez consulter ce document en ligne à l'adresse:
	<ulink url="http://www.linux-france.org/article/these/fud/">
		    http://www.linux-france.org/article/these/fud/
	</ulink>
      </para>

      <para>
	Pour toute question concernant ce document, vous pouvez
	contacter:

	<address>
	  Jérôme ALET
	  <street>23 Rue Auguste GAL</street>
	  <postcode>06300</postcode> <city>Nice</city>
	  <country>FRANCE</country>

	  Tél: <phone>(+33) 4 93 37 76 30 (travail)</phone>
	  Fax: <fax>(+33) 4 93 53 15 15 (travail)</fax>

	  Email: <email>alet@unice.fr</email>
	  WWW:
	    <ulink url="http://cortex.unice.fr/~jerome/">
		    http://cortex.unice.fr/~jerome/
	    </ulink>
	</address>
      </para>

      <para>
	Contributeurs: Nat Makarevitch, Miod Vallat
      </para>

      <para>
	<subscript>$Revision: 1.13 $</subscript>
      </para>
    </legalnotice>
  </bookinfo>

  <dedication>

    <para>
      Ce document est dédié à tous les auteurs de logiciels libres en général et à
      Richard M. Stallman en particulier.
    </para>

    <para>
       Ce document n'est pas dédié aux Iznogoud en herbe, comprenne qui pourra.
    </para>

    <para>
      Je tiens particulièrement à remercier Nat -
      <ulink url="http://www.linux-france.org/">
		  http://www.linux-france.org/
      </ulink>
      - pour ses contributions et commentaires précieux, ainsi que pour l'hébergement de ce document.
    </para>

  </dedication>

  <toc></toc>

  <part><title>Peur, Incertitude, Doute</title>
    <partintro><title>Introduction</title>

      <para>
	Nés au début des années 80, les logiciels libres connaissent actuellement une
	expansion égalée seulement par celle d'Internet.
      </para>

      <para>
	Cependant, la Presse Informatique Française, que nous appellerons par la suite
	la PIF, ne traite que fort peu et souvent mal de ce type de logiciels. Elle continue
	à répandre la Peur, l'Incertitude, et le Doute

	  <footnote>
	    <para>
	      <quote>Peur, Incertitude, Doute</quote>: traduction libre de <quote>Fear, Uncertainty, Doubt</quote>,
	      expression souvent abrégée en <quote>FUD</quote>. Méthode consistant à dénigrer par tous les
	      moyens les produits concurrents afin de détourner la clientèle de ceux-ci vers
	      vos propres produits. Cette technique de marketing est particulièrement utilisée dans les domaines en rapide évolution, comme l'informatique. Toute ressemblance...
	    </para>
	  </footnote>

	à propos des logiciels libres.
      </para>

      <para>
	Le but de ce document est d'essayer de montrer quelles en sont les raisons, et
	d'expliquer ce que sont réellement les logiciels libres, afin que plus personne
	n'en ait peur, ni ne doute de leurs capacités à résoudre la grande majorité des
	problèmes informatiques.
      </para>

    </partintro>

    <chapter><title>Rappels</title>

      <para>
	Devant les inexactitudes constatées lors de la lecture d'articles
	consacrés aux logiciels libres dans la PIF

	<footnote>
	  <para>
	    Presse Informatique Française
	  </para>
	</footnote>

	il est bon de faire ici quelques petits rappels historiques et sémantiques.
      </para>

      <sect1><title>Qu'est-ce qu'un logiciel libre ?</title>

	<sect2><title>Définition</title>

	  <para>
	    Un logiciel libre est un logiciel dont le code source est distribué
	    librement et dans son intégralité. Il s'oppose au logiciel propriétaire
	    dont le code source n'est pas diffusé, ou n'est diffusé qu'en partie.
	    Les licences des logiciels libres visent à donner des droits à leurs
	    utilisateurs, par opposition aux logiciels propriétaires dont les licences
	    ne visent qu'à les restreindre.
	  </para>

	  <para>
	    Les différents droits, accordés de manière illimitée dans le cas d'un logiciel libre, et
	    restreints ou absents dans le cas d'un logiciel propriétaire sont:
	    <itemizedlist>
	      <listitem><para>Droit d'utilisation</para></listitem>
	      <listitem><para>Droit de modification</para></listitem>
	      <listitem><para>Droit de reproduction</para></listitem>
	      <listitem><para>Droit de distribution</para></listitem>
	    </itemizedlist>
	  </para>

	  <important>
	    <para>
	      Il ne faut pas confondre les logiciels libres avec les logiciels du
	      domaine public car ces derniers ne sont soumis à aucune licence. Tout le
	      monde peut donc en faire tout et n'importe quoi, et l'auteur original perd tous ses droits sur son logiciel s'il décide de le placer dans le domaine public.
	    </para>
	    <para>
	      Il ne faut pas confondre les logiciels libres <quote>Free Software</quote> avec les
	      graticiels <quote>Freeware</quote>. Ces derniers sont en effet distribués
	      librement <literal>mais</literal> sans leur code source.
	    </para>
	    <para>
	      Il ne faut pas confondre les logiciels libres avec les partagiciels
	      <quote>Shareware</quote>. Ces derniers sont en effet distribués sous certaines
	      conditions et leur licence d'utilisation est restrictive.
	    </para>
	  </important>

	  <para>
	    Il est généralement considéré par tous que l'inventeur du concept
	    des logiciels libres, ou tout au moins celui qui l'a popularisé,
	    est Richard M. Stallman (souvent abrégé en RMS), qui au début des années 80 a fondé la
	    Free Software Foundation dans le but de créer un système d'exploitation
	    complet de type Unix, accompagné de tous ses utilitaires
	    (éditeurs, compilateurs, etc...), et distribuable librement.
	    Ce système d'exploitation est le système GNU, acronyme récursif
	    (auto-référent) de <acronym>GNU is Not Unix</acronym>. Lors de son passage en France
	    au début novembre 1998, RMS a tout simplement défini les logiciels
	    libres de la manière suivante : <citation>Liberté, Egalité, Fraternité</citation>.
	  </para>

	</sect2>

	<sect2><title>Coût des logiciels libres</title>

	  <para>
	    Pour beaucoup un logiciel libre est un logiciel gratuit. Ce n'est
	    absolument pas une obligation et l'on peut trouver des logiciels
	    libres payants. La confusion vient du mot anglais <quote>Free</quote> qui signifie
	    à la fois <quote>libre</quote> et <quote>gratuit</quote>. La langue française n'a cependant
	    pas ce problème. RMS, à maintes reprises, à d'ailleurs
	    bien signalé que ce qui lui importait avant tout était la liberté, et
	    pas la gratuité. Il est d'ailleurs prêt à renoncer à l'informatique
	    si la notion de liberté n'est pas présente dans les logiciels qu'il
	    utilise. Il a souvent rappelé l'expression suivante <citation>'Free speech', not 'free beer'</citation>.
	  </para>

	  <para>
	    Pour remédier à cette confusion, certains individus et certaines
	    sociétés ont décidé au début 1998 de créer l'appellation <quote>Open Source Software</quote>
	    afin de remplacer l'appellation <quote>Free Software</quote>. Ceci a surtout été fait
	    pour rassurer les sociétés réticentes au <quote>Free Software</quote>.
	    Une lecture même distraite du terme <quote>Open Source Software</quote> révèle
	    tout simplement la disparition du terme évoquant la liberté, et par la
	    même occasion toute implication quant au prix. On est en droit de se demander
	    à qui profite ce crime.
	  </para>

	  <para>
	    Parmi tous les droits que vous accordent les licences des logiciels libres,
	    vous avez, aussi étonnant que cela puisse être, celui de les revendre à votre
	    seul profit. Ceci explique que vous pouvez trouver des collections de logiciels
	    libres sur CDROM. Les tarifs sont néanmoins généralement faibles et l'éthique du
	    monde du logiciel libre veut que vous redistribuiez une partie de vos gains,
	    en espèces ou en nature (ordinateurs, périphériques, hébergement de sites, etc...),
	    afin de faire progresser le mouvement. Cela n'est cependant nullement une obligation.
	  </para>

	  <para>
	    Dans la réalité, la plupart des logiciels libres sont gratuits, car leur mode de développement très particulier et très décentralisé rend difficile la rémunération juste de chaque auteur en fonction de ce qu'il à écrit réèllement. On pourrait se demander s'il ne serait pas intéressant pour un état comme la France, par exemple, de créer une structure de type SACEM afin de rémunérer les auteurs de logiciels libres selon le nombre de sites utilisateurs de leurs logiciels. En fait les auteurs de logiciels libres se passent fort bien de toute organisation forcée. Ce mouvement est basé sur le Chaos et son auto-organisation et toute contrainte externe de ce type, même rémunératrice, ne ferait que le dénaturer.
	  </para>

	  <para>
	    De plus, la plupart des auteurs de logiciels libres sont hostiles à toute forme d'administration venant s'intercaler entre eux et leur logiciel ; par exemple,  un ensemble d'utilitaires pour la gestion des lecteurs de disquettes sous Linux contient des commentaires déclarant en toute simplicité que «les brevets logiciels sont illégaux sur tout le globe» <i>(software patents declared unconstitutional, worldwide)</i>, tout simplement parce que ces logiciels utilisent des informations obtenues en violant un brevet.
	  </para>
<!-- je suis bien placé pour le savoir, c'est moi qui ait violé le brevet en 1995 ! Le soft en question : les fdutils d'Alain Knaff (Miod) -->

	</sect2>

	<sect2><title>Licences</title>

	  <para>
	    Nous allons décrire ici en quelques lignes les deux principales licences utilisées dans le
	    monde des logiciels libres. Il est intéressant de remarquer que la première provient de la
	    côte est des Etats-Unis d'Amérique, alors que la deuxième
	    provient de la côte ouest. J'aimerais qu'un sociologue
	    m'explique si cela influa sur leurs contenus.
	  </para>

	  <para>
	    Tous les logiciels libres sont sous l'une ou l'autre de ces deux licences, ou sous des dérivés
	    plus ou moins élaborés.
	  </para>

	  <sect3><title>GNU General Public Licence (GPL)</title>

	    <para>
	      Cette licence mise au point par RMS et les juristes de la Free Software Foundation dans le
	      Massachussetts (RMS est issu du MIT), vous accorde
	      <literal>tous</literal> les droits sur un logiciel à deux conditions. La première est que vous n'avez pas
	      le droit de restreindre ces droits lorsque vous redistribuez le logiciel en question. La deuxième
	      est que toute modification que vous apportez à un logiciel soumis à la GPL est elle même soumise à
	      cette licence, et doit donc rester librement redistribuable selon les mêmes termes. Vous n'avez donc
	      pas la possibilité d'intégrer du code sous GPL à un logiciel propriétaire, car ceci est considéré
	      comme une modification, et votre application devrait alors être elle aussi soumise à la GPL.
	    </para>

	    <para>
	      La GNU Library General Public License (LGPL) est la GPL
	      modifiée afin de vous autoriser
	      à lier (« linker ») vos applications propriétaires avec des
	      bibliothèques sous LGPL. Vous pouvez alors distribuer
	      votre application sans en proposer les sources. Les
	      développeurs d'une bibliothèque libre la placent sous LGPL
	      ou GPL selon qu'ils veuillent ou non autoriser des auteurs de
	      logiciels propriétaires à l'employer.
	    </para>

	    <para>
	      Parmi tous les logiciels sous licence GPL on peut citer <literal>Emacs</literal> l'éditeur de texte dont on
	      s'accorde à penser que la seule chose qu'il ne sache pas (encore ?) faire est le café, et <literal>Linux</literal>
	      le noyau actuel du système d'exploitation GNU dont les plus optimistes pensent qu'il va renvoyer Bill Gates
	      jouer avec ses crottes de nez dans son Xanadu de pacotille
	      (j'exagère mais ça fait du bien :-) ).
	    </para>
	  </sect3>

	  <sect3><title>Berkeley Software Distribution (BSD)</title>

	    <para>
	      Cette licence, mise au point avant la GPL par l'Université de
	      Berkeley en Californie, est beaucoup plus
	      souple car elle permet d'utiliser des morceaux de code dans des logiciels propriétaires
	      à la seule condition de citer quelque part l'auteur original. Cela peut être dans les sources eux-même,
	      ou vous avez l'obligation de conserver les mentions originales, mais aussi dans l'exécutable, par exemple
	      dans une boite de dialogue <quote><literal>À propos de...</literal></quote>.
	    </para>

	    <para>
	      Cette souplesse est aussi cause d'un inconvénient de taille : n'importe qui peut propriétariser entièrement
	      un logiciel sous licence BSD et décider de ne plus en diffuser les sources. C'est par exemple ce qui s'est
	      produit avec de nombreux systèmes Unix, par exemple celui de Sun, dérivés du système Unix de Berkeley. Bien
	      entendu les sources des versions antérieures restent librement disponibles.
	    </para>

	    <para>
	      Parmi tous les logiciels sous licence BSD, on peut citer <literal>SendMail</literal>, le logiciel de transport de
	      courrier électronique sans lequel l'Internet ne serait pas aussi sympa, et <literal>Bind</literal> le logiciel
	      serveur de noms de domaines (DNS) sans lequel Internet ne serait qu'une idée débile dans l'esprit dérangé
	      d'un cyberpunk sous acide (chlorhydrique). On considère que chaque message électronique
	      émis dans le monde depuis n'importe quel logiciel, va transiter par au moins un exemplaire de <literal>SendMail</literal>.
	      On considère aussi que si <literal>Bind</literal> venait à tomber en panne partout en même temps ca serait tout simplement
	      <literal>La Merde (tm)</literal>, et qu'à côté de ça le bug de l'an 2000 serait comme une unique faute d'orthographe
	      dans le dictionnaire complet de l'Académie Française.
	    </para>

	  </sect3>

	  <sect3><title>Autres licences</title>
	    <para>
	      Il existe de nombreuses autres licences de logiciels libres, mais comme nous l'avons dit plus haut elles sont plus ou moins basées sur les deux licences décrites ci-dessus, en voici néanmoins une liste non exhaustive:
	      <itemizedlist>
		<listitem><para>Licence Artistique, proche de la GPL => Perl...</para></listitem>
		<listitem><para>Licence MIT-X, proche de la BSD => XFree...</para></listitem>
		<listitem><para>Netscape Public Licence, hybride restricitif => Mozilla...</para></listitem>
		<listitem><para>etc...</para></listitem>
	      </itemizedlist>
	    </para>
	  </sect3>
	</sect2>

      </sect1>

      <sect1><title>À l'abordage !!!</title>
	<para>
	  Les auteurs et utilisateurs de logiciels libres sont souvent considérés par la PIF comme des pirates. Nous allons essayer
	  d'en donner l'explication.
	</para>
	<sect2><title>Apprenez les langues étrangères !</title>
	  <para>
	    Le pirate informatique, qui tente de s'approprier des logiciels
	    commerciaux ou bien prendre le contrôle de systèmes, a été historiquement désigné sous le
	    terme de <quote>cracker</quote>. Or un autre terme,
	    <quote>hacker</quote>, caractérise celui qui aime maîtriser une
	    technique et résoudre les problèmes qui en relèvent. Les deux n'ont pourtant rien à voir puisque le but du pirate
	    informatique est généralement de faire du mal à autrui alors
	    que celui du <quote>hacker</quote>, par exemple d'un auteur de logiciel libre, est de faire
	    du bien à l'humanité en offrant le fruit de son travail.
	  </para>

	  <para>
	    Les deux ont cependant un point commun, c'est que très souvent la seule satisfaction qu'ils recherchent est
	    de devenir célèbres. Ces gens sont surtout guidés et motivés
	    par la beauté de l'exploit technique, et l'argent n'entre
	    que rarement en ligne de compte.
	  </para>
	  <para>

	  Mais de nombreux <quote>crackers</quote> d'élite sont aussi des
	  <quote>hackers</quote>, de sorte que les journalistes emploient
	  très souvent le terme <quote>hacker</quote> pour désigner un
	  pirate.</para>

	  <para>
	    Les auteurs de logiciels libres désignent sous le terme de <quote>crackers</quote> les pirates. À défaut d'une traduction
	    valable, je suggère donc à la PIF d'utiliser les termes <quote>hackers</quote> et <quote>crackers</quote> à bon escient,
	    et de réserver le mot <quote>pirates</quote> aux seuls <quote>crackers</quote>.
	  </para>
	</sect2>

	<sect2><title>Maîtresse, il m'a copié !</title>
	  <para>
	    La possibilité de copier les logiciels libres à l'envi, et de les redistribuer, le tout légalement, semble surprendre
	    la PIF, peu habituée à ces pratiques et ignorante du fait que les logiciels ne sont que des informations rangées dans un
	    certain ordre, et que comme toute information ceux-ci ont vocation à être largement et librement diffusés.
	  </para>

	  <para>
	    On peut rapeller qu'en 1994, la filiale française d'un grand éditeur de logiciels avait lancé une campagne publicitaire auprès de milliers de développeurs sur le thème «Vous développez avec des logiciels piratés ? D'autres piratent peut-être vos logiciels !», en développant l'amalgame entre logiciel gratuit et logiciel piraté : selon cette campagne publicitaire, un logiciel n'était légal qu'à partir du moment où une facture prouvait son acquisition. Or, qui dit logiciel libre ou gratuit, dit pas de facture, sans qu'il y ait illégalité pour autant. Rapellons également les mille et une versions du père fouettard : «si vos logiciels ne proviennent pas d'un grand éditeur, avec facture à l'appui, c'est qu'ils sont piratés ; et si vous avez des logiciels piratés, <i/forcément/ vous aurez des virus...», qui font que, grâce à l'aide régulière de virus défrayant la chronique, comme CIH.Spacefiller, l'amalgame logiciel gratuit = source de virus à la vie dure. Tout ceci à quelques pages de la section «Shareware du mois» du magazine...
	  </para>
<!-- Campagne Microsoft/BSA 1994 (cf. mes archives), PC Expert 1994... -->

	  <para>
	    La PIF qui se fait bourrer le mou depuis bientôt vingt ans à grands coups de campagnes publicitaires de la
	    BSA et consorts et considère toujours que copier c'est voler,
	    c'est pirater. C'est une généralisation abusive. On à peine à penser qu'elle soit involontaire, tant on voit bien à qui elle profite. En effet, il
	    faudrait que tous les rédacteurs de la
	    PIF se gravent sur le front: <quote>Copier un Logiciel Libre EST Légal ET Encouragé</quote>, et peut être
	    emploieraient-ils alors à bon escient le terme <quote>pirate</quote>. En tout
	    cas ils considéreraient certains de leurs annonceurs d'un autre oeil.
	  </para>
	</sect2>

      </sect1>

    </chapter>

    <chapter><title>Incompétence</title>
      <para>
	En lisant la PIF, il est clair que les rédacteurs n'ont aucune compétence
	en informatique. En effet les plus chanceux d'entre eux sortent d'une
	école de journalisme où ils n'ont pas appris à vérifier leurs informations,
	quant, tandis que les moins pourvus sortent sans doute d'une école de commerce
	quelconque. Bien entendu mes propos sont exagérés mais voici néanmoins
	quelques preuves de l'incompétence et du manque de clairvoyance de la PIF.
      </para>

      <sect1><title>Le retard français</title>
	<para>
	  Il est de bon ton dans la PIF de dénigrer le soit-disant retard
	  français en ce qui concerne les technologies de l'information et plus
	  particulièrement de l'Internet. Nous allons décrire par ordre croissant
	  d'importance les deux causes principales de ce
	  soit-disant retard.
	</para>

	<sect2><title>Le cas France Télécom</title>

	  <para>
	    Je précise que France Télécom n'a aucun rapport avec la PIF. Je parle
	    de cette entreprise car les infrastructures sur lesquelles est bâti
	    l'Internet en France dépendent presque entièrement d'elle.
	  </para>

	  <para>
	    La société France Télécom, en situation de monopole sur le marché
	    français n'a pas oeuvré afin de développer l'Internet et d'en rendre l'accès
	    aisé à tout un chacun.
	  </para>

	  <para>
	    La raison principale est que cette société a voulu appliquer
	    l'adage bien connu <quote>Un tiens vaux mieux que deux tu l'auras</quote>
	    en maintenant à tout prix l'existence du Minitel
	    <footnote>
	      <para>
		Terminal alphanumérique permettant l'accès simplifié
		à de nombreux services en ligne facturés à la durée, et
		souvent onéreux. Une partie importante des sommes perçues est versée
		au fournisseur d'accès, le reste étant conservé par France Télécom.
	      </para>
	    </footnote>
	    alors que l'archaïsme de cet appareil aurait dû le faire reléguer définitivement
	    au fond des placards des cyber-ménagères, comme jadis le fer à repasser
	    à charbon de mère-grand, dès 1990.
	  </para>

	  <para>
	    Il faut savoir que le Minitel génère encore des profits considérables
	    et immédiats, alors que le commerce sur l'Internet ne rapporte qu'à long
	    terme et sans garantie, rien n'étant facturé sans commande préalable.
	  </para>

	  <para>
	    La société France Télécom a donc voulu profiter de son monopole
	    pour maximiser ses profits en diffusant des produits qui n'étaient pas
	    l'état de l'art en matière de transmission d'information, et ce au
	    mépris des utilisateurs facturables à loisir. Ce comportement
	    est totalement indigne pour une entreprise publique, ce qu'est encore plus ou moins
	    France Télécom à l'heure actuelle.
	  </para>

	  <para>
	    Le paragraphe précédent me rappelle étrangement le comportement d'une
	    autre société en situation de monopole, mondial celui-là, et nous
	    avons ici la preuve que le monopole ne profite en définitive JAMAIS
	    à l'utilisateur final.
	  </para>
	</sect2>

	<sect2><title>Le rôle moteur de la PIF</title>

	  <para>
	    La PIF, destinée aux <citation>professionnels de l'informatique</citation> (pour citer Bernard LAUR <quote>expert</quote> écrivant parfois dans la revue <quote>01 Informatique</quote>), se veut la référence en matière de technologies
	    informatiques. En effet, elle est lue par les décideurs et ceux-ci ne sont pas des rigolos :-)
	  </para>

	  <para>
	    La PIF pense légitimement qu'elle influence les décideurs en question et effectivement c'est
	    le cas, puisque par définition un décideur est quelqu'un qui est incapable de prendre une décision. À la limite c'est compréhensible car ils doivent avoir un avis sur tout mais ne peuvent pas
	    tout connaître. Alors nous sommes en droit de nous poser la question: <quote>Si la France est en retard,
	    à qui la faute ?</quote>
	  </para>

	  <para>
	    Est-ce la faute du pousseur de cartons de chez le revendeur du coin de la rue ? Non, celui-ci subit tout, et
	    notamment se passerait bien de réinstaller dix fois MS-Windows sur l'ordinateur tout neuf de Madame Tapedur sous prétexte
	    qu'elle a <quote>fait une fausse manip</quote>.
	  </para>

	  <para>
	    Est-ce la faute du décideur ? Non, celui-ci a été influencé.
	  </para>

	  <para>
	    Est-ce la faute de la PIF ? Bien sûr, car c'est elle qui a influencé le décideur. De la même manière qu'en matière de
	    crimes le commanditaire est au moins aussi coupable que l'exécutant, la PIF est au moins aussi coupable que les
	    décideurs qui agissent sur ses conseils qu'ils croient avisés.
	  </para>

	  <para>
	    Ainsi, alors que les racines d'Internet remontent a plus de vingt ans, la PIF censée être à l'avant garde
	    n'en traite régulièrement que depuis 5 ans. En abrégeant, la PIF n'a pas parlé d'Internet assez tôt,
	    résultat nous sommes en retard. On peut penser que ce quasi silence est dû au fait qu'Internet soit venu par
	    les voies universitaires et pas par les grands acteurs (zut, j'ai failli écrire acheteurs) du marché. En effet,
	    la PIF nous bassine sans arrêt avec Windows NT 5 (ou 2000 pour ceux qui croient que ce n'est pas pareil) depuis
	    plusieurs années alors que ce logiciel n'a même pas de date de sortie officielle au moment où j'écris ces lignes.
	    De même, son ignorance persistante de sytèmes comme Netware (dont certes le vendeur ne fait plus beaucoup de promotion ces derniers temps) conduit à se demander s'il n'y a pas là, ou bien un ostracisme volontaire et condamnable, ou bien une ignorance inexcusable.
	  </para>

	  <para>
	    Pour prendre l'exemple particulier des logiciels libres, alors que la presse d'outre Atlantique a déversé son
	    flot de FUD dessus il y a maintenant quatre ans, la PIF ne commence a le faire que depuis la fin 1997, et très
	    sérieusement depuis seulement quelques mois. Il est très amusant de remarquer qu'entre temps la presse US a
	    changé son fusil d'épaule et vante les logiciels libres en permanence, hormis quelques rares joyaux du FUD qui
	    persistent encore, comme celui ci:
	      <ulink url="http://www.abcnews.com/sections/tech/FredMoody/moody981120.html">
			  http://www.abcnews.com/sections/tech/FredMoody/moody981120.html
	      </ulink>
	    ou comme cet article paru en Décembre 1998 dans <quote>Décision Micro</quote> et qui
annonce que la sortie du noyau Linux 2.2 a été repoussée jusqu'en
mars 1999, alors qu'il n'y a jamais eu d'annonce de ce type par
Linus Torvalds, principal architecte du noyau Linux, et que ledit noyau est sorti officiellement fin Janvier 1999.
D'ailleurs dans
le monde du logiciel libre, il est une loi que voici: <quote>La date
officielle D de la sortie de la version V du logiciel L, sera connue
à la date D, voir D+n si l'auteur A du logiciel L est en vacances
pour n jours à partir de D</quote>. Comme on le voit, le monde du
logiciel libre ne fonctionne pas par des effets d'annonce. Une
version stable est diffusée lorsqu'elle est stable, une version
instable est diffusée en permanence pour que les utilisateurs la
stabilisent eux-même. On peut remarquer que Microsoft applique
pratiquement le même principe: Une version stable n'est JAMAIS diffusée,
une version instable est diffusée en permanence pour que les
utilisateurs achètent la prochaine version instable que le marketing
fera passer pour stable en s'y prenant au moins un an ou deux à
l'avance histoire que le client n'aille pas voir ailleurs entre
temps.
	  </para>

	  <para>
	    L'histoire étant un éternel recommencement, d'ici quatre à cinq ans la PIF sera enfin positive envers les logiciels
	    libres. Elle n'aura pas comblé son retard, comme nous l'avons vu précédemment c'est elle qui retarde, et sera
	    aussi ridicule qu'Oracle qui propose aujourd'hui une version Linux de son SGBD après avoir juré qu'ils ne le
	    feraient pas.
	  </para>
	</sect2>

      </sect1>
    </chapter>

    <chapter><title>Lâcheté (Achetée ?)</title>
      <para>
	à faire:
Idées en vrac: établir les proportions moyennes des pages de
pub/pages utiles d'une revue de la PIF, le gagnant est sans conteste
Linux Magazine France de Décembre 1998 avec moins de 10 pour cent de
pub. Comptabiliser les articles de publi-rédactionnel. Expliquer des
enquetes bidons (à ce propos, l'«affaire» Mindcraft). Essayer d'avoir
les montants approximatifs de la pub. etc... La PIF grosse perdante
avec les logiciels libres, car ne rapportent pas de pub (avez-vous déjà
vu des publicités de StarDivision ailleurs que dans C't vous ?). Les
logiciels commerciaux utilisables sur des environnements libres
(StarOffice, WordPerfect, Oracle, etc...) rapportent du fric mais très
peu. Si logiciels libres prennent l'avantage alors plus de pub pour les
antivirus, etc...Et surtout leur incompétence (enquetes foireuses, labos
rigolos) sauterait alors aux yeux de tous (ces gens la font des expériences
pour affirmer que les P200 vont plus vite que les P100, je ne sais plus
où je l'ai lu mais c'est tellement vrai) => le lectorat déserte. Les
boîtes comme Oracle ont en revanche tout à gagner: ratissent plus
large et payant => Larry encore plus riche, enfoncent Minimou,
gagnent en reconnaissance par les utilisateurs de logiciels libres
trop crédules.

	...

	To Be Do Bidou...
      </para>
    </chapter>

    <chapter><title>Conclusion</title>
      <para>
	Nous avons vu que la Presse Informatique Française dans son ensemble était incompétente et qu'elle répandait
	volontairement de fausses informations sur les logiciels libres. On pourrait donc s'avancer un peu trop
	et conclure que cette presse est achetée, mais je ne m'y avanturerai pas. Aussi pour reprendre la célèbre
	formule de Coluche : La Presse Informatique Française n'est pas achetée, elle est à jeter par la fenêtre !
      </para>
    </chapter>

  </part>

</book>
