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1. La fête à Valentin

CAMBRIDGE, MASSACHUSSETS. --- À l'instar de Jacob

NdT : Genèse, 32:23 -- 32:33. Traduction du rabbinat français.
, les gouvernements modernes s'échinent à combattre l'anonymat. L'adversaire de Jacob (que les Écritures qualifient d'« homme », tout simplement) le blesse et le bénit à la fois. Quand Jacob supplie « Apprends-moi, je te prie, ton nom. », l'homme se contente de rétorquer « Pourquoi t'enquérir de mon nom ? » et le quitte
NdT : la traduction de l'école biblique de Jérusalem, version de 1955, propose respectivement « Révèle-moi ton nom, je te prie » et « Et pourquoi me demandes-tu mon nom ? »
. Quatre mille ans plus tard, on accorde encore à l'anonymat des côtés dangereux et libérateurs.

Le dix février, une publication anonyme sur le web a causé la fin d'un bienfaiteur populaire en France. Valentin Lacambre, qui gagnait sa vie en enregistrant et en gérant des noms de domaines, avait monté un serveur pour le web appelé Altern, qui proposait d'héberger gratuitement des sites web. Ils furent plus de quarante-sept mille à profiter de cette offre et à proposer toutes sortes d'informations, politiques, culturelles, ou autres.

Évidemment, il y avait des grumeaux dans la soupe, et certains indélicats en ont profité pour mettre en ligne des informations tombant sous le coup de la loi française, mais M. Lacambre veillait au grain et s'en débarrassait dès qu'il les remarquait. « La police venait souvent me réclamer des informations » confie-t-il à un journaliste de ZDNet, « et je les lui communiquais ».


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