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4. Inconvénients réels de GNU/Linux

4.1 Apprentissage nécessaire

Cet octroi demeure l'inconvénient majeur, le plus difficile à surmonter mais aussi le moins connu.

Il concerne en fait tous les logiciels, même hors du monde Unix, car aucun n'atteint le niveau d'« intelligence » qui lui permettrait d'interagir harmonieusement avec un utilisateur ignorant tout de l'informatique.

Nul ne sait encore hisser la machine au niveau de l'humain chargé de son administration. Ce dernier doit donc se familiariser avec cet outil, sous peine de devoir se contenter de la sous-exploiter ou bien de recouvrir souvent aux services d'un informaticien.

Les auteurs d'autres systèmes d'exploitation masquent souvent cette nécessité en ne proposant qu'un nombre fort limité de fonctions aisément accessibles mais totalement dépourvues de souplesse (voire d'élégance), non conformes aux normes, et souvent bâties de façon non documentée.

L'administrateur de machine GNU/Linux devra, lui, aimer apprendre. Car le système ne lui « cachera » rien, ne maintiendra nulle ressource hors de sa portée.

Linux, héritier d'Unix lui-même conçu par des chercheurs pour leurs pairs, ne brille d'ordinaire pas par son ergonomie. Les auteurs de programmes se soucient souvent davantage de l'efficacité et de la richesse des fonctions assurées que de l'attrait exercé par l'interface utilisateur.

Des interfaces ergonomiques existent (KDE, GNOME) et GNU/Linux, configuré de façon adéquate, offre donc à l'utilisateur, si nécessaire, un superbe clicodrome de menus graphiques et d'applications fenêtrées.

Même l'administrateur peut à présent disposer d'une interface ergonomique, qui masque les fichiers de configuration mais n'en interdit pas la modification « manuelle » (souvent utile car elle lui offre le moyen d'intervenir rapidement et de résoudre les problèmes majeurs « à chaud ou en mode dégradé »).

4.2 Coût de déploiement et d'administration

Le coût découlant du déploiement d'une machine Unix (installation, configuration, administration, assistance, formation ...) demeure élevé mais, grâce à la cohérence et à la souplesse du système, ne croît pas en raison directe du nombre de postes concernés.

La télé-administration, par exemple par réseaux ou modems interposés, permet aux petits sites de profiter de GNU/Linux sans devoir rémunérer un administrateur système à temps plein. On peut préférer laisser l'administration des machines et du réseau à des non professionnels, mais leurs errements engendrent des coûts induits.

4.3 Difficultés liées à la récupération et à l'engendrement de fichiers aux formats propriétaires

Les données stockées selon des formats non documentés demeurent généralement hors de la portée des applications libres, surtout lorsque des dispositions discutables liées à la propriété industrielle ou intellectuelle interdisent leur analyse.

4.4 Manque d'applications verticales (domaines non techniques)

Les premiers développeurs de logiciels libres s'intéressaient surtout aux aspects scientifiques et techniques. Les applications relevant d'autres domaines d'activité, en particulier de la gestion, manquent encore à l'appel. Mais certains nouveaux convaincus peuvent étendre le champ, et certains s'y emploient.

4.5 Pas de version française complète

De nombreuses adaptations en français existent, y compris des messages du système (« libc »), des pages de documentation en ligne (« man ») ou non (HOWTO), ainsi que des distributions Red Hat, SuSE et Debian. Mais la plupart des applications n'ont pas (encore ?) été adaptées. La bibliothèque de programmation gettext, de plus en plus souvent utilisée par les développeurs, permet cependant d'adapter facilement les programmes qui l'emploient.


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