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7. Administration sous Linux

7.1 Clavier Français

Bien, commençons par la chose utile : le clavier français. Normalement, les distributions configurent ça tout seul... mais on ne sait jamais !

Une fois loggé en root, tapez la commande suivante :

/usr/bin/loadkeys /usr/lib/kbd/keytables/fr-latin1.map

Si vous avez un clavier suisse-romand, utilisez sf-latin1.map.

Maintenant, le clavier est français ! Attention, cela reste temporaire. La solution la plus simple est de le rajouter dans le fichier /etc/rc.local avec la Slackware mais vous pouvez aussi utiliser le programme /sbin/setup ou directement /usr/lib/setup/SeTkeymap. Pour la Red Hat, réaliser l'opération avec le panneau de configuration kbdconfig.

Avec ces deux distributions, la procédure d'installation aura normalement procédé à cette configuration et vous n'aurez probablement rien à faire, sauf si vous voulez changer de type de clavier...

7.2 LILO

LILO (LInux LOader) permet d'avoir un système multiple d'amorçage : MS-Windows, MS-Dos, Linux, etc. Ce programme va se loger dans le secteur de boot de votre disque pour vous permettre de sélectionner la partition sur laquelle booter.

Si vous avez installé LILO sur le disque dur et que cela plante, bootez avec une disquette MS-DOS et tapez FDISK /MBR pour restaurer les paramètres de boot du DOS, et enlever LILO par la même occasion. Il suffira de relancer LILO en ayant rebooté sous Linux avec une disquette de boot.

Le fichier de configuration LILO se trouve généralement dans le fichier /etc/lilo.conf. Les distributions permettent la génération d'un fichier d'une manière automatique.

Voici un exemple de fichier (le mien) :

boot = /dev/hda    # disque sur lequel on met le fichier lilo_:

delay = 300         # temps d'attente avant le lancement du boot.
                    # permet d'avoir le temps de selectionner la partition
                    # a amorcer.

vga = normal        # mode de l'ecran a choisir
ramdisk = 0         # paranoia setting

# Linux : derniere version : le Pc boote ici par defaut
image = /vmlinuz    # Noyau Linux 1 (chemin complet et nom du fichier)
  root = /dev/hda2
  append="no-hlt, aha1542=0x230"
  label = linux
  read-only 

other = /dev/hda1   # Partition 1 :
  label = dos       # texte a taper pour booter dessus : dos
  table = /dev/hda  # disque : /dev/hda 

image = /zimage    # Noyau Linux 2 
  root = /dev/hda2  # Racine (Partition 2 de mon disque)
  append="aha1542=0x230" # append... voir explication plus bas
  label = old       # Texte a taper : old
  read-only         #

Plusieurs questions peuvent vous effleurer l'esprit :

  1. read-only : lorsque vous amorcez Linux, il va faire une vérification de la cohérence des informations des partitions Linux. C'est une vérification des systèmes de fichiers. Pour réaliser cette opération, il est indispensable que la partition soit en lecture seule. En effet, vérifier un disque en cours d'utilisation pourrait tout détruire. Cette vérification n'a pas lieu à tous les coups si vous éteignez bien la machine (appuyez sur les touches Ctrl-Alt-Del ou utilisez les commandes halt, reboot et shudown). Cette vérification n'est de toute manière lancée que sur les partitions Linux. C'est le programme fsck qui effectue cette opération. Je vous déconseille de le lancer "pour voir" : une utilisation erronée peut provoquer des pertes de données sur le disque !
  2. pourquoi deux noyaux ? C'est assez simple : Linux change, bouge. Les noyaux sont modifiés assez souvent. Par exemple, je peux amorcer actuellement ma machine soit avec un noyau stable (2.0.30), soit avec un noyau de développement (2.1.42).
  3. append : Cette option est très importante : elle permet de donner un ou plusieurs paramètres au noyau Linux. Par exemple, ici je lui indique que ma carte SCSI se trouve à l'adresse 230. Dans le cas contraire, elle ne serait pas reconnue. Cette option est utilisée également si vous avez plusieurs interfaces réseau, SCSI, etc.

Pour installer le fichier, exécutez /sbin/lilo et c'est tout !

En cas de problème avec LILO il faut d'abord essayer de supprimer l'option "compact" qui peut se trouver dans son fichier de configuration.

Ne surtout pas oublier de relancer LILO après chaque modification de son fichier de configuration !

7.3 Montage automatique de partitions : /etc/fstab

Le fichier /etc/fstab contient toutes les informations concernant le montage de vos partitions.

Voici un exemple :


#/etc/fstab
# Device      Repertoire     type        options      frequence  passe
# Linux
/dev/hda2         /           ext2        defaults        5        1
/dev/hdb2         /usr2       ext2        defaults        5        2
/dev/sda2         /usr3       ext2        defaults        10       2
# MS-DOS
/dev/hda1         /dos        msdos       defaults        0        0
/dev/hdb1         /dos2       msdos       defaults        0        0
# Processus
none              /proc       proc        defaults        0        0
# Partition de swap
/dev/hda3         none        swap        defaults        0        0
# Fichier de swap
/usr2/swap_file   /usr2       swap        defaults        0        0

Voici une description des six colonnes :

  1. device (périphérique) de la partition. Dans le cas d'un fichier de swap, c'est le nom du fichier.
  2. point de montage de la partition ;
  3. type de la partition ;
  4. options (vous pouvez spécifier une partition en lecture seule, etc).
  5. fréquence correspond au nombre de jours entre deux traitements du fichier par la commande dump. Cette commande n'existe que pour ext2fs (c'est un portage de la version 4.4BSD) mais n'est pas encore incluse dans toutes les distributions.
  6. Ordre de tests des partitions (fsck). Si vous mettez 0, aucune vérification automatique n'est effectuée lors du démarrage. Les partitions situées sur un même disque seront testées d'une manière séquentielle mais si elles sont situées sur deux disques différents, c'est fait en parallèle.

Ajouter ici les partitions dont vous avez besoin.

Les volumes NFS profiteront des paramètres suivants : rsize=8192,wsize=8192, surtout si vous possèdez une carte réseau rapide.

Pour autoriser un utilisateur à monter un volume il faut créer une ligne contenant l'option user. Exemple (cas d'un CD-ROM SCSI) :

/dev/scd0       /mnt/cd iso9660 user,exec,dev,nosuid,ro,noauto  

N'importe quel utilisateur pourra dès lors monter et démonter un CD (en utilisant mount /mnt/cd, umount /mnt/cd) La page de man de mount, section 8 (man 8 mount) explique la signification des options possibles.

7.4 Montage manuel de partitions

Comme nous l'avons vu dans le paragraphe précédent, les partitions sont montées lors de l'amorçage grâce au fichier /etc/fstab. Vous pouvez toutefois les monter à la main. Il faut alors utiliser la commande mount. Par exemple, pour monter la disquette A:, faire : mount -t msdos /dev/fd0 /mnt.

Le -t indique le type du support. Parmi les plus courants, on trouve

Bien évidement, il faut que ces types de systèmes de fichiers aient été intégrés au noyau...

Le /dev/fd0 est le nom du fichier spécial correspondant au périphérique. Le répertoire est le point de montage.

Pour démonter, tapez umount /mnt.

7.5 Mise en place des quota

Logiciels nécessaires

Le support des quota disque a été intégré dans le noyau Linux depuis la version 1.3.46. Il vous faut donc utiliser un noyau postérieur pour pouvoir bénéficier des quota.

Vous avez également besoin des outils de gestion des quota. On peut les trouver sur :

ftp://ftp.funet.fi/pub/Linux/PEOPLE/Linus/subsystems/quota

ou, plus près, sur :

ftp://ftp.lip6.fr/pub/linux/kernel/sources/subsystems/quota

L'archive à récupérer s'appelle quota-1.51.tar.gz et se trouve dans le sous-répertoire utils. Il y a également un sous-répertoire doc contenant des documentations (principalement les pages de manuel des outils) au format HTML.

Les utilisateurs de la Red Hat pourront préférer un paquetage rpm des sources ou précompilé.

Compilation des utilitaires

Après avoir extrait le contenu de l'archive quota-1.51.tar.gz, il vous faut compiler ces utilitaires. Cela se fait en tapant tout simplement make. Dans certains cas (selon la version de bibliothèque C utilisée), il peut être nécessaire d'ajouter -I. à la variable CFLAGS définie dans le Makefile.

Si vous utilisez le système de fichiers ext2 et que vous avez installé les bibliothèques contenues dans la distribution e2fsprogs (utilitaires de gestion du système de fichiers ext2), vous pouvez inclure le support ext2fs dans les utilitaires des quota, afin d'accélérer leur exécution. Pour cela, éditez le fichier Makefile afin que la variable CFLAGS contienne -DEXT2_DIRECT et que la variable EXT2LIBS contienne -lext2fs -lcom_err avant de compiler les programmes.

Après la compilation, installez les utilitaires par la commande make install. Attention, la commande quota est installée dans le répertoire /usr/ucb qui n'existe pas sur la plupart des installations Linux. Il vous faut donc modifier le Makefile pour installer cette commande dans un autre répertoire (/usr/bin est un bon choix). Il peut également être nécessaire de définir la variable LN à la valeur ln -sf.

Activation de la gestion des quota dans le noyau

Pour utiliser les quota, le noyau doit avoir été compilé avec le support des quota. pour cela, vous devez avoir un noyau dans lequel vous ayez répondu "Y" à la question "Quota support". Attention : le support des quota n'est pour l'instant effectif que sur les systèmes de fichiers ext2.

Activation des quota sur les systèmes de fichiers

Il existe deux types de quota : les quota liés aux utilisateurs et les quota liés aux groupes d'utilisateur. Les premiers définissent le nombre maximal de fichiers et de blocs disque associés à chaque utilisateur, les seconds définissent le nombre maximal de fichiers et de blocs disque associés à chaque groupe d'utilisateurs. Les deux types de quota peuvent être activés séparément.

Pour activer les quota pour les utilisateurs, il faut indiquer l'option usrquota pour les systèmes de fichiers concernés dans /etc/fstab. Les quota concernant les groupes sont régis par l'option grpquota. Les fichiers de définition des quota s'appellent respectivement quota.user et quota.group et sont situés dans la racine de chaque système de fichiers concerné.

Il est possible de modifier les noms de fichiers de gestion des quota en utilisant les syntaxes suivantes :

usrquota=nom_de_fichier
grpquota=nom_de_fichier

Voici un exemple de fichier /etc/fstab :

/dev/hda2    /         ext2   defaults,rw 0 1
/dev/hdb2    /home     ext2   defaults,rw,usrquota,grpquota 0 1
/dev/sda1    /usr/src  ext2   defaults,rw,usrquota 0 1

L'activation des quota est ensuite lancée par la commande quotaon. Pour les activer automatiquement lors du démarrage du système, il faut ajouter dans un fichier d'initialisation (situé généralement dans /etc/rc.d) les lignes :

# Enable quota
/usr/sbin/quotaon -avug

Il peut également être nécessaire de vérifier la cohérence des informations de gestion des quota après des arrêts intempestifs. Pour cela, il faut utiliser la commande quotacheck :

/usr/sbin/quotacheck -avug
Cette commande doit également être exécutée la première fois pour créer les fichiers deux fichiers de gestion des quotas : quota.user et quota.group. En effet, ils ne sont pas créés automatiquement.

Si les utilitaires ont été compilés avec -DEXT2_DIRECT, la commande quotacheck doit être relativement rapide. Dans le cas contraire, elle peut être très lente car elle doit explorer tous les répertoires du système de fichiers de manière hiérarchique. Il est, de toutes façons, conseillé de la lancer automatiquement lors du démarrage avant l'activation des quota par quotaon :

# Check quota
/usr/sbin/quotacheck -avug

Attribution d'un quota à un utilisateur

La commande edquota est utilisée pour affecter un quota à un utilisateur ou à un groupe d'utilisateurs. Sa syntaxe est edquota -u utilisateur ou edquota -g groupe. Cette commande lance un éditeur de texte contenant la définition des quota attribués à l'utilisateur ou au groupe et prend en compte leur nouvelle valeur lorsque le fichier est ré-écrit.

Pour chaque utilisateur ou groupe, il existe deux limitations : le nombre de fichiers et le nombre de blocs disque (exprimés en blocs de 1024 octets). Pour chacune, il existe deux limites :

  1. la limite "douce" : lorsque cette limite est atteinte ou dépassée, un message d'avertissement est affiché lors de chaque nouvelle allocation de fichier ou de bloc ;
  2. la limite "dure" : lorsque cette limite est atteinte, il est impossible à l'utilisateur de créer de nouveau fichier ou d'allouer de nouveau bloc.

La limite "douce" se transforme en limite "dure" quand elle a été atteinte ou dépassée depuis un certain temps (sept jours par défaut).

Statistiques sur les quota

Tout utilisateur peut obtenir l'état des quota qui lui sont attribués (les limites sur le nombre de fichiers et de blocs qui lui sont alloués) grâce à la commande quota.

Le super-utilisateur peut obtenir les mêmes informations sur tout utilisateur ou groupe avec la même commande : quota -u utilisateur ou quota -g groupe. Il peut de plus utiliser la commande repquota pour obtenir une liste des quota associés à un ou plusieurs systèmes de fichiers.

Autres documentations sur les quota

L'implémentation des quota dans Linux est compatible avec l'implémentation originale dans 4.2BSD Unix. Toutes les documentations concernant les quota dans BSD, que ce soit au niveau des commandes ou au niveau de l'interface de programmation, sont donc utilisables.

Les pages de manuel des utilitaires sont assez claires et très instructives. Enfin, les documentations diffusées en format HTML forment une bonne introduction à la gestion des quota.

7.6 mtools

Plutôt que de monter vos partitions MS-DOS, je vous conseille d'utiliser les mtools. Il s'agit de l'équivalent des commandes MS-DOS, mais avec un m avant !

Exemple : mcopy toto.c a: . Si vous souhaitez copier un fichier texte pour qu'il soit exploitable sous MS-DOS, ou l'inverse, n'oubliez pas d'ajouter l'option -t : cela convertit le caractère de fin de ligne qui est différent entre les deux systèmes.

En principe, ils sont déjà à peu près configurés. Au cas où, vous devez modifier le fichier /etc/mtools.conf.

drive a: file="/dev/fd0" exclusive
drive b: file="/dev/fd1" exclusive

# 1er disque Dur 
drive c: file="/dev/hda1"

# 2nd disque Dur
drive d: file="/dev/sda1"

mtools_lower_case=1

Attention : le fichier a été modifié depuis la dernière version. C'est ici le dernier format qui est présenté car beaucoup plus clair et simple à utiliser. De plus, cette nouvelle version permet d'utiliser les noms longs (vfat de MS-Windows 95).

7.7 Swap : création de la partition

Pour rajouter une partition de swap de 8 Mo (8192 Ko), il faut d'abord créer la partition à l'aide du programme fdisk, puis soit vous passez par le programme setup de la Slackware, soit vous le faites à la main (ATTENTION : commande DANGEREUSE, destruction du contenu de la partition concernée ASSURÉE) : mkswap /dev/hda3 8192

Rajoutez la ligne /dev/hda3 swap swap defaults 0 0 dans /etc/fstab.

Enfin, pour que ça fonctionne, réamorcez la machine ou lancez swapon -a.

7.8 Swap : fichier

Pour le fichier, c'est plus compliqué. Invoquer :

dd if=/dev/zero of=/usr2/swap_file bs=1024 count=8192
mkswap /usr2/swap_file 8192

Ajoutez dans /etc/fstab la ligne : /usr2/swap_file /usr2 swap defaults 0 0.

Faites bien attention à mettre cette ligne après le montage de la partition /usr2. Sinon, ce n'est pas près de fonctionner.

Désormais, vous êtes obligé pour quitter Linux de faire un

swapoff -a
reboot           #Ou autre

En effet, si vous ne désactivez pas le fichier d'échange, Linux ne va pas pouvoir démonter la partition, et donc, il fera un fsck dessus à chaque fois que vous relancerez votre machine. Il est aussi possible, avec certains systèmes, de placer la commande swapoff dans /etc/rc.d/rc.K ou bien /etc/rc.d/init.d/halt afin d'automatiser cela.

7.9 Ajouter un utilisateur, un groupe

Si vous possèdez la Red Hat, utilisez le panneau de configuration (control-panel ou bien directement usercfg, utilisables par root sous X Window) : c'est vraiment très bien fait.

Ajouter un utilisateur se fait en deux temps et trois mouvements. Deux fichiers sont importants : /etc/passwd et /etc/group.

Une ligne du fichier passwd est composée de cette manière :

gandalf::501:100:Eric Dumas:/home/gandalf:/bin/bash
sgandalf::0:0:Super Eric Dumas:/:/bin/sh

Une ligne est composée de 7 colonnes :

  1. Nom de l'utilisateur : 8 caractères max ;
  2. Mot de passe chiffré ;
  3. Numéro d'identificateur unique de l'utilisateur (uid). Rq : 0 = root ;
  4. Numéro du groupe (gid) ;
  5. Nom "officiel" de l'utilisateur (dit GECOS) ;
  6. Répertoire racine de l'utilisateur ;
  7. Interpréteur de commandes.

Si le champ mot de passe contient le caractère x, c'est que vous utilisez les shadow. Le mot de passe chiffré se trouve dans le fichier /etc/shadow. Cette configuration permet en plus de définir la durée de validité des mots de passe.

Le fichier /etc/group contient la liste des groupes de la machine. Par exemple, le groupe 100 est :

users::100:games,gandalf

Pour ajouter un utilisateur toto, faire

  1. ajoutez-le dans /etc/passwd ;
  2. si besoin est, créez le groupe dans lequel il va se trouver, en modifiant /etc/group ;
  3. créez son home directory :
            mkdir /home/toto
            cp /etc/skel/* /home/toto
            chown -R toto.le_groupe_de_toto /home/toto
        
    
  4. Enfin, donnez-lui un mot de passe en tapant passwd toto .

Vous n'avez plus qu'à essayer.

Je vous conseille très fortement de travailler sous un utilisateur commun. En effet, il est très dangereux de travailler en root. Une fausse manipulation et vous devez tout réinstaller, voire perdre de précieux fichiers personnels.

7.10 Lancements de programmes personnels lors du boot :/etc/rc.d/rc.local

C'est dans ce fichier que vous allez mettre tous les programmes personnels que vous souhaitez lancer au boot. En voici une version :

#! /bin/sh

# du menage en v'la,...
echo "Cleaning /tmp..."
find /tmp -type f -mtime +1 | xargs -r rm
find /tmp -type d -mtime +1 | xargs -r rmdir

# Vive l'azertyuiop :-)

echo "Loading french keyboard..."
/usr/bin/loadkeys /usr/lib/kbd/keytables/fr-latin1.map

Ce qui est important, c'est le clavier français. Si vous ajoutez cette ligne, le clavier sera français dès le boot.

En cas de problème il faut modifier ainsi fr-latin1.map :

keycode   3 = eacute           two              asciitilde      
keycode   8 = egrave           seven            grave      
keycode  10 = ccedilla         nine             asciicircum     
keycode  14 = Delete           BackSpace        

7.11 Ordonnancement de travaux : la crontab

La crontab est une table qui contient des commandes qui doivent être lancées à intervalle régulier. Vous pouvez y mettre la sauvegarde journalière, etc.

Le format est assez simple :

# Faire une sauvegarde tous les  Lundi a 2 heures du matin
0  2  *    * 1 /home/gandalf/backup
# Rebooter la machine tous 1ers et 15 du mois a 4h15.
15 4  1,15 * * /sbin/shutdown -r +3

Les 5 premières colonnes sont :

  1. Minute (0 à 59) ;
  2. Heure (0 à 23) ;
  3. Jour du mois (1 à 31) ;
  4. Mois (1 à 12) ;
  5. Jour de la semaine (0 à 6 : 0 = Dimanche, 1 = Lundi).

Ensuite vient la commande. Cette crontab est très utile si vous utilisez UUCP (pour envoyer le courrier, récupérer les news, etc).

Tout utilisateur peut se créer une crontab grâce à la commande crontab.

7.12 Imprimer !

Maintenant que la machine fonctionne, voyons comment imprimer. Les imprimantes sont gérées par le programme lpc et par le démon lpd.

Le démon lpd doit être lancé au boot. Il est lancé soit dans rc.M soit dans rc.inetd2 (vous devez le voir lorsqu'il lance tous les démons de la machine. Si ce n'est pas le cas, il faut décommenter quelques lignes dans l'un des fichiers cités).

Supposons que l'imprimante s'appelle betty. Dans un premier temps, dans le fichier /etc/rc.d/rc.local, ajoutez

echo "Setting up printer betty"
/usr/sbin/lpc up betty

Passons maintenant aux choses sérieuses. Le fichier dans lequel va être décrit l'imprimante est le fichier /etc/printcap. Exemple :

betty|lp:lp=/dev/lp1:sd=/var/spool/lp1:sh:\
   lf=/var/adm/lpd-errs:of=/etc/start-dj500:

La première colonne représente le nom de l'imprimante. J'ai mis betty et lp car de cette manière, c'est l'imprimante par défaut. Ensuite, la configuration se fait via des mots-clefs. Pour plus d'information, faites man printcap. Voici quand même une description de ceux utilisés.

Comment ça marche ? Bon, supposons que j'ai un fichier toto.ps. Je fais donc lpr toto.ps (ou lpr -Pbetty toto.ps). Le fichier va être déposé dans le répertoire /var/spool/lp1.

Le démon va ensuite envoyer le fichier sur le programme de filtrage. Ce système permet d'imprimer des fichiers ayant des formats assez variés.

Voici le fichier de filtrage (Pour HP-500,510,520,etc).

#!/bin/sh
# Script d'impression pour imprimante HP-500 Noir et Blanc
#
# Eric.Dumas@freenix.org
#
# Version 2.0
#
# 5/01/95   (ED) : Ajout du format dvi ;
# 27/10/95  (ED) : Conversion des fichiers textes en fichier PostScript ;
# 01/11/95  (ED) : Un peu de menage ;
# 12/08/96  (ED) : modification pour gs
# 04/12/96  (ED) : quelques corrections et ajouts.

TmpDir=/tmp
TmpFile=$TmpDir/deskjet.$$

# Utilisateur a prevenir en cas d'erreur 
NOTIFY=lp-owner

# Programmes
CAT=/bin/cat
DVIPS=/usr/TeX/bin/dvips
PGS=/usr/bin/gs
AIIPS=/usr/local/bin/a2ps

# Chemins d'acces pour GS
GS_LIB=/usr/lib/ghostscript:/usr/lib/ghostscript/psfonts:\
        /usr/lib/ghostscript/Type1:/usr/lib/ghostscript/fonts

# C'est parti
$CAT - > $TmpFile

echo -ne '\033E'

set -- `file $TmpFile`

shift

FileType=$*

# Transformation du PostScript en format Deskjet500
# resolution a 300x300 - format a4
GS="$PGS -I$GS_LIB -q -sDEVICE=djet500 -r300x300 -sPAPERSIZE=a4 -dNOPAUSE\
-sOutputFile=- - /usr/lib/ghostscript/quit.ps  || echo -ne '\033&10H'"

case $FileType in

       *DVI*) # Fichier DVI
         $DVIPS -t a4 $TmpFile \
           -f | $GS
        ;;

       *PostScript*)    # Impression de fichiers Postscript
         $CAT $TmpFile | $GS 
        ;;

  *text*|*script*) 
         $CAT $TmpFile | $AIIPS -nP -r -8 | $GS
  ;;

  *data*)
          echo -ne '\033&;k0G'  # C'est un et commercial sans ; !
          /bin/cat $TmpFile
   ;;

  *)
          echo "Deskjet: Unknow filetype $FileType" >> /dev/console
          echo "Deskjet: $TmpFile Unknow filetype $FileType" | mail $NOTIFY
        ;;
esac

/bin/rm -f $TmpFile
echo -ne '\033E'

Ce script permet d'imprimer aussi bien des fichiers texte que des fichiers Postscript, dvi. Si vous souhaitez imprimer d'autres types de fichiers, il suffit de les rajouter ici. Merci de m'envoyer les modifications également : cela peut être bien que tout le monde en profite.

Utiliser lprm pour retirer une requête d'impression active.

7.13 Timezone

Timezone est un système fort utile qui permet la gestion de changement d'horaires d'été et d'hiver. La France se trouve dans une zone horaire : MET (Medium European Time, soit GMT + 1).

La zone "MET DST" correspond à l'heure d'été activée (GMT + 2). Mieux vaut ne pas laisser tout cela reposer uniquement sur la variable TZ.

Placez-vous dans le répertoire /usr/lib/zoneinfo et lisez le fichier time.doc.

Les fichiers binaires placés dans /usr/lib/zoneinfo indiquent les règles de calcul de l'heure dans différentes zones du globe.

Copier le fichier MET sous le nom de /usr/lib/zoneinfo/localtime, puis faire un lien symbolique de ce fichier sur /usr/lib/zoneinfo/posixrules.

Commandes :

# cd /usr/lib/zoneinfo
# cp MET localtime
# ln -sf localtime posixrules
Utilisez ensuite la commande clock pour mettre le système à l'heure. Deux possibilités :

La première solution est préférable, mais MS-DOS ne gère pas cette approche (:-)). L'horloge sera donc fausse sur ce système.

Par contre tous les changements d'heure, deux fois par an, seront pris en charge par Linux. Dans ce cas, ajouter dans /etc/rc.d/rc.local, la commande clock -u -s. Linux s'ajustera sur l'horloge sauvegardée.

Si la CMOS est à l'heure locale, la commande dans /etc/rc.d/rc.local devient clock -s et les changements d'heure ne seront automatiques que si la machine est allumée au moment des changements d'heure. Il faudra manuellement réécrire la nouvelle heure dans la CMOS par clock -w, ou mettre l'horloge à l'heure avec le setup.

La commande date permet de vérifier la validité de l'heure : elle renvoie heure et timezone date -u donne toujours l'heure en GMT :

plux:/home/rene $ date
Tue Sep 28 20:16:46 MET 1993
plux:/home/rene $ date -u
Tue Sep 28 19:16:49 GMT 1993
(En été, "MET DST" (Daylight Savings Time) serait indiqué).

7.14 Nouveaux changements d'heure

Il s'avère que, depuis 1996, la date de changement d'heure a été décalée. Pour que Linux ne se mélange pas les pinceaux, il est nécessaire de faire certaines modifications. La manipulation se base sur l'utilisation du programme zic, le time zone compiler.

Dans un fichier appellé europe, mettre :

Zone    MET     1:00      M-Eur     MET%s
Link    localtime MET
Rule    M-Eur   1986    max     -       Mar     lastSun 2:00s   1:00    " DST"
Rule    M-Eur   1986    1995    -       Sep     lastSun 2:00s   0       -
Rule    M-Eur   1996    max     -       Oct     lastSun 2:00s   0       

Pour mettre tout en place, lancer la commande :

gandalf# zic europe

Pour vérifier que tout s'est bien passé, vous devez obtenir le résultat suivant :

gandalf# zdump -v MET | grep 1996
MET  Mon Nov 11 12:29:02 1996 MET
MET  Sun Mar 31 00:59:59 1996 GMT = Sun Mar 31 01:59:59 1996 MET isdst=0
MET  Sun Mar 31 01:00:00 1996 GMT = Sun Mar 31 03:00:00 1996 MET DST isdst=1
MET  Sun Oct 27 00:59:59 1996 GMT = Sun Oct 27 02:59:59 1996 MET DST isdst=1
MET  Sun Oct 27 01:00:00 1996 GMT = Sun Oct 27 02:00:00 1996 MET isdst=0

7.15 locate

Lorsque vous installez le package GNU "find", en plus du programme de recherche se trouve un programme locate qui permet de retrouver rapidement l'emplacement d'un fichier. Ce programme se trouve dans certaines distributions dans /usr/lib/locate.

Lancez, en tant que root, /usr/lib/locate/updatedb. Cela invoquera un find / sur les disques montés et placera les noms de tous les fichiers (sous forme d'une table de hachage) dans /usr/lib/locate/find.codes. locate permettra ensuite de localiser l'un d'eux.

Remarque : lorsque vous lancez ce programme, pensez à démonter les partitions MS-DOS et votre CD-ROM !

Une autre solution assez agréable consiste à insérer dans la crontab la ligne  :

updatedb --prunepaths='/tmp /usr/tmp /var/tmp /proc /users /root /dos
/mnt /var/adm /var/spool /var/catman /home'
.

Cette commande réalise la mise à jour de l'arborescence sans les fichiers temporaires, l'arborescence utilisateur, une partition MS-DOS, etc.

Il est souhaitable d'exclure les répertoires utilisteurs des utilisateurs. En effet, ces partitions contiennent normalement de nombreux fichiers. Mais cela pose un grave problème de sécurité, car tout utilisateur peut sinon connaître le nom des fichiers du voisin.

7.16 CD-ROM ATAPI

Bon, les CD-ROM en général ne posent pas trop de problèmes, sauf les ATAPI ancienne version. En effet, le CD est géré sur un deuxième contrôleur disque propriétaire. Procédons dans l'ordre :

  1. recompiler le noyau avec l'option CD ATAPI IDE et le support du système de fichiers iso9660 ;
  2. réamorcer la machine. Au niveau de LILO, taper : Linux hdd=cdrom. Attention : vous êtes en qwerty ici.
  3. créer un lien symbolique entre /dev/hdd (ou hdc) et /dev/cdrom. ln -s /dev/hdd /dev/cdrom.
  4. créer le répertoire /cdrom et taper : mount -t iso9660 -o ro /dev/cdrom /cdrom. Normalement, le CD est monté !

En cas de problème il faut tenter de :

  1. configurer le lecteur en mode EIDE "master" ;
  2. laisser un CD chargé durant le boot ;
  3. booter, attendre un moment puis rebooter à chaud (sans éteindre ni actionner reset : donc par control-alt-del) afin de laisser au lecteur le temps de s'ébrouer.

Avec les nouveaux lecteurs, il suffit d'activer le support ATAPI pour les lecteurs de CD-ROM, et lors de l'amorçage, le lecteur doit être détecté :

hdc: UJDCD6700, ATAPI CDROM drive

7.17 Mettre une console externe comme console

Certains utilisateurs peuvent vouloir mettre comme console un minitel ou un vieux vt100 qui ne passe pas sur la carte vidéo mais sur le port série. Il suffit d'ajouter dans le fichier lilo.conf la ligne suivante :

append = "scon=0x03f8  serial=0,9600n8"

7.18 Deux cartes réseaux

Certaines machines possèdent deux (ou plus) cartes réseaux. Pour qu'elles soient toutes les deux reconnues, il est nécessaire d'ajouter dans la configuration de LILO :

append="ether=0,0,eth1"

7.19 Les fichiers d'initialisation des interpréteurs de commandes

Voici la description des fichiers qui sont chargés lors de la connexion d'un utilisateur. Le nom du ou des fichiers est spécifique à l'interpréteur de commandes utilisé.

Dans le cas de bash, c'est un peu compliqué. D'après la page de manuel de bash, lors d'une connexion interactive, il exécute :

Dans le cas où bash est invoqué en tant que sh, il n'exécute que les fichiers /etc/profile et ~/.profile s'ils existent.

Dans le cas de ksh, la page de manuel est moins précise mais une étude rapide du code source montre que :

Enfin, pour être complet sur les interpréteurs de commandes compatibles avec le Bourne Shell, citons le cas de zsh qui exécute :

Dans le cas de csh (enfin plutôt tcsh) :

7.20 Les sauvegardes sous Linux

Comme tout système Unix, Linux fournit des outils standards pour réaliser les sauvegardes des disques. Principalement deux types d'outils sont actuellement utilisés.

dump et restore

Les outils dump et restore ont été adaptés pour Linux par Rémy Card. Ils sont livrés dans les distributions.

Une fois les sources compilés et installés, l'utilisation de dump et restore est relativement simple. Pour effectuer la sauvegarde d'une partition /dev/sda1 sur /dev/rmt0, il suffit de faire par exemple :

gandalf# dump 0sfu 3600 /dev/rmt0 /dev/sda1
gandalf# dump 0sfu ondee:/dev/rmt0 /dev/sda1

La deuxième commande permet de sauvegarder un disque sur un périphérique distant (par exemple situé ici sur la machine ondee). Les options de dump peuvent sembler complexes. En voici une courte description :

Il existe d'autres options. Pour plus renseignements, consultez les pages de manuel.

Il existe deux modes pour effectuer une restauration : en ligne de commande ou en mode dit "interactif". Le deuxième mode est plus simple pour des restaurations partielles. Le premier est surtout utilisé pour des restaurations complètes.

Pour restaurer la bande en mode interactif il suffit de faire

gandalf# restore -if /dev/rmt0 
gandalf# restore -if ondee:/dev/rmt0 

Dans ce cas, un mini-interpréteur de commandes est lancé. Utiliser la commande help pour plus de détails.

Pour restaurer une bande complètement, lancez :

gandalf# restore rf /dev/rmt0

Note importante : pour l'utilisation de dump et restore à travers un réseau (sauvegarde sur des périphériques distants), vous devez utiliser des fichiers .rhosts. Dans l'exemple de sauvegarde ci-dessus, la machine ondee doit avoir 

#cat ~root/.rhosts
gandalf
#
Attention toutefois aux failles de sécurité engendrées par les fichiers .rhosts.

L'utilisation de périphériques distants nécessite également la présence du programme rmt sur la machine gérant les périphériques de sauvegarde. Ce programme est inclus dans la distribution source de dump pour Linux.

tar

A la différence de dump ou restore, tar permet de sauvegarder les fichiers désirés, d'exclure certains répertoires, etc. Il est à noter que le tar utilisé sous Linux est le tar GNU. Il possède certaines options particulières.

Pour connaître toutes les options possibles, je vous conseille de faire tar --help . Une utilisation simple de tar peut être illustrée avec la sauvegarde d'une partition d'utilisateurs :

# tar cvf /dev/rmt0 /users | mail backup-user

La liste des fichiers sera ainsi envoyée à l'utilisateur backup-user.

Certains sites utilisent exclusivement tar pour effectuer leurs sauvegardes, c'est un choix.

7.21 Num Lock au démarrage

Pour configurer la touche Num Lock au démarrage (par exemple pour qu'elle soit positionnée), il suffit de mettre dans /etc/rc.d/rc.local

for tty in /dev/tty[1-9]*;
do
     setleds -D +num < $tty > /dev/null
done

7.22 Les fichiers core

Certains développeurs aiment exploiter le contenu des fichiers core. Or, sous Linux, ils sont désactivés par défaut. Pour pouvoir les générer, il faut introduire : ulimit -c unlimited sous bash ou limit coredumpsize unlimited

7.23 Accounting - lastcomm

Le système d'accounting (historique des programmes invoqués) est implémenté dans Linux (mais bon, je n'ai jamais testé car ça fait un peu Big Brother is Watching You). Il faut normalement compiler le paquetage acct-1.3.73.tar.gz et suivre les instructions qui sont livrées avec. Ça se trouve sur le site ftp.lip6.fr dans le répertoire /pub/linux/sunsite/system/Admin/accounts ainsi que sur le site ftp://iguana.hut.fi/pub/linux/Kernel/process_accounting.

Attention : il est nécessaire d'avoir un noyau 1.3.* ou un 2.0.* au minimum.

Voici le résultat :

# lastcomm | more
Command          Flags User     Tty    PagFlt Time        Endtime
clear            -     merlin   ttyp2      85   0.00 secs Tue Aug  6 13:26:07
in.identd        -     root     __        100   0.00 secs Tue Aug  6 13:23:23
color-ls         -     merlin   ttyp2     121   0.01 secs Tue Aug  6 13:23:02
telnet           -     merlin   ttyp2     142   2.77 secs Tue Aug  6 13:23:01
Pnews            F     merlin   ttyp3      33   0.01 secs Tue Aug  6 13:22:15
sed              -     merlin   ttyp3     132   0.02 secs Tue Aug  6 13:22:15
Pnews            F     merlin   ttyp3      34   0.01 secs Tue Aug  6 13:22:15
sed              -     merlin   ttyp3     145   0.02 secs Tue Aug  6 13:22:15
cat              -     merlin   ttyp3      80   0.01 secs Tue Aug  6 13:22:13
Pnews            F     merlin   ttyp3      29   0.00 secs Tue Aug  6 13:22:13

Il faut faire attention car ce système a tendance à prendre beaucoup de place. La solution pour résoudre ce problème est de lancer le système d'accounting de cette manière :

#!/bin/sh
# Lancement de l'accounting

accton /var/log/acct
accttrim -n 2000 /var/log/acct 2> /dev/null 


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