Le Petit Journal du Linuxien Novice
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Dernière mise à jour : vendredi 30 novembre 2007

Linux en Tunisie

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Tunis, vue de l'hôtel Eh bien voilà où m'a mené mon expérience linuxienne. Tout a commencé, début, janvier, par un courriel reçu d'un dénommé Mohamed L. me proposant tout à trac d'assurer une formation à Linux en Tunisie fin janvier, début février, le tout rémunéré, avion et hôtel pris en charge, comme ça, sans prévenir... Je vous laisse imaginer tout ce qui m'a traversé la tête à ce moment-là. Non, rien de négatif, au contraire ! Mais des choses du genre serai-je à la hauteur ? Comment m'y prendre... Et soudain, le coup fatal : pour partir en Tunisie, eh bien il faut prendre l'avion, ce que je n'avais jamais fait auparavant, donc peur panique... puis une chose toute bête : ma carte d'identité était périmée depuis plus de dix ans...
Déception donc, car vu le délai très court qui m'était imparti, impossible dans ces conditions d'obtenir quoi que ce soit pour partir. Ne voulant pas décevoir mon correspondant, j'ai pris le parti de faire une annonce sur Linux-France, sur DaLinuxFrenchPage et sur mon site, proposant donc cette place à la communauté. Avalanche de candidatures : plus d'une cinquantaine de propositions que j'ai donc transmises à M. L. Il était bien embarrassé par tant de choix ! Puis, après quelques jours de réflexions, mon correspondant m'appelle et me dit : "Bon, nous avons décidé de repousser ce séminaire au mois de mars, afin que tu aies le temps d'obtenir tes papiers. C'est toi qui pars !" Bonheur... Je n'y croyais pas.
La course aux papiers. Bon, mais ce n'est pas tout. Afin d'obtenir ces précieux papiers (carte d'identité et passeport, car ce dernier est plus rapide à obtenir), il faut tout d'abord en obtenir d'autres... Des extraits d'acte de naissance aux certificats de nationalité et de domicile, toute une panoplie de pièces administratives à réunir : une vraie chasse au trésor. Je vous passe les tracas et soucis administratifs.
Nabeul, la ville de la poterie Des vacances ! Et cerise sur le gâteau... Rebecca, ma copine, m'accompagne ! Donc, nous prenons une semaine de vacances pour la période du 25 mars au 2 avril 2000. Mais, là aussi, tracas : elle est dans le même cas que moi, pas de carte d'identité valide ni de passeport. L'obtention de son passeport s'est faite sur le fil : trois jours avant le départ. Ouf. Semaines laborieuses à établir un support de cours d'une trentaine de pages avec détail de l'installation, les rudiments des commandes Linux et les paramétrages en tous genres. Un beau petit pavé. Afin de ne pas arriver les mains vide et avoir du matériel à proposer, j'ai envoyé un courriel à MandrakeSoft et un autre à Sun France afin de leur demander une participation au projet sous forme de cédéroms... Que j'ai obtenus sans difficulté et avec enthousiasme de la part de mes deux correspondants ! Résultat : 20 galettes de la Mandrake 7.0-2 et quelques goodies et 20 galettes de StarOffice 5.1.
Découverte de la Tunisie. Je vous ferai grâce des détails du vol, qui ne s'est pas trop mal passé bien que, pour un baptême de l'air, le pilote était trop brutal lors du décollage et de l'atterrissage... Aïe les oreilles... Départ de Paris, dimanche 26 mars, sous la pluie avec une température de 8 °C, arrivée à Tunis Carthage en pleine nuit avec une température de 15 °C. 153 passagers. Les genoux sous le menton tellement les places étaient exiguës... Une heure de retard tout de même. Changement radical. Accueillis par Mohamed B., gérant de la société E., organisatrice du séminaire, ce dernier nous amène découvrir Sidi Bou Said de nuit et nous fait faire un petit tour autour de Tunis avant de nous déposer à l'hôtel Diplomat à Tunis même. Ce qui nous a choqués au premier abord : la circulation dans Tunis, très dense, et surtout leur façon de conduire... Coups d'avertisseurs et appels de phares discontinus à tous propos, Code de la route bafoué voire inexistant... Bref, une circulation anarchique et bruyante.
Carthage : les villas romaines Premier jour de la session. Le lendemain matin, rendez-vous à 8 heures dans les locaux du FMCI où m'attendent une vingtaine de PC tous équipés de Windows 95 ou 98 et organisés en réseau. Et accueil des participants. Sur la grosse quinzaine escomptée, seule une douzaine a répondu présent. Et c'est tant mieux : pour une première formation, je me serais vite vu dépassé par les événements s'il en avait été autrement ! Matinée passée à expliquer la naissance de Linux, le logiciel libre et ses avantages... Auditoire intéressé mais timide. Puis, au fil des heures, de plus en plus dégourdi et exigeant : l'installation n'était prévue que pour le lendemain... mais, à l'instar d'enfants sachant que le paquet contient un jouet excitant sa curiosité, ils m'ont poussé à devancer l'installation d'une demi-journée ! Donc, fin de matinée et après-midi consacrées à l'installation de la Mandrake ! Si dans l'ensemble tout s'est bien déroulé, quelques machines récalcitrantes ont posé de petits problèmes, assez vite résolus. Néanmoins, certaines personnes, plus dégourdies que d'autres, sont allées plus vite que la musique et, très vite, le groupe s'est trouvé déséquilibré... Malheureusement pour les rapides, ne m'ayant pas laissé le temps de tout leur expliquer, ils ont sauté des étapes importantes et se sont très vite retrouvés coincés du fait, par exemple, qu'ils ont donné un mot de passe root sans l'avoir noté et, étant dans l'impossibilité de se le rappeler, ils ont dû tout bonnement réinstaller la distribution ! Sans parler des partitions qu'ils ont exécutées et qui, au final, se sont révélées trop petites pour tout contenir et là, pareil, réinstallation. Bien fait ! S'ils avaient attendu que tout le monde soit au même niveau, ils auraient eu tous les renseignements appropriés au moment opportun ! Bilan de la première journée : pratiquement toutes les machines à part trois étaient fonctionnelles. Le technicien s'occupant du parc de machines ayant aussi assisté à cette formation, il passa la soirée à mettre d'équerre les trois dernières machines et à y installer Linux.
Deuxième journée. Le local ayant une connexion Lan à l'internet, le paramétrage des machines fut des plus aisés. Ensuite, matinée studieuse à passer en revue les principales commandes Unix avec travaux pratiques, créations de fichiers, manipulations, transferts... Entre console et interface graphique, beaucoup de choses ont été étudiées. Je n'imaginais pas qu'expliquer les commandes Linux prendrait autant de temps ! Mais, comme disait l'autre, avant d'apprendre à courir, il faut déjà savoir marcher... Evidemment, ils étaient bien plus intéressé par les installations que par la théorie... Mais il faut bien passer par là. Une personne était obnubilée par la sécurité, d'autres ne voulaient entendre parler que de serveurs (ce qui n'était pas franchement le sujet du cours), d'autres encore ne voulaient voir que StarOffice. Bref, chacun voulait son cours particulier !
Chaque demi-journée était coupée par une pause avec café, thé, jus de fruits et pâtisseries. Ces moment privilégiés ont permis des rapports plus chaleureux, des groupes de discussions se créaient où l'on abordait tantôt les réseaux, tantôt Java, tantôt la programmation... Très instructif. Et c'était à ces moments conviviaux que les questions les plus intéressantes étaient posées ! Le midi, déjeuner dans un petit restaurant proche, où la cuisine était un mélange de goûts tunisiens et occidentaux : très bon, très copieux et assez bon marché !
Donc, nous avons passé cette deuxième journée à expliquer et à paramétrer les réseaux, les accès à l'internet via Lan et via modem, et à utiliser les commandes Unix ainsi que Midnight Commander. Deux personnes connaissant Unix ont été agréablement surprises de l'évolution et du confort apportés par Linux !
Sidi Bou Said, la ville bleu et blanc Troisième et dernière journée. Le moment tant attendu est enfin arrivé : nous sommes passés à l'installation de StarOffice. Certaines personnes avaient profité de leur soirée pour installer Linux à la maison et d'autres avaient installé StarOffice version Windows sur leur machine. Groupe donc très intéressé et entreprenant. La graine semée avait pris ! J'ai donc enseigné l'installation telle que je la préconise : ./setup /net en tant que root puis ./setup en tant qu'utilisateur... Et là, sueur froide ! La dernière commande en tant qu'user ne répond pas... Heureusement, c'était l'heure de la pause. Et là, j'ai vu mon erreur : j'avais oublié de descendre dans le répertoire /bin de /Office51 ! Je pars donc rejoindre le groupe et les rassure : tout va bien. Fin de matinée passée à finir l'installation, puis, bien évidemment, tout le monde à cherché à connaître les limites de compatibilité de StarOffice avec l'autre suite bureautique, là, celle de Crimo$oft ou quelque chose comme ça... Et ils ont été ravis des résultats plus que probants. Le seul souci que leur posentLinux et StarOffice, c'est l'arabisation. En effet, l'administration tunisienne leur imposant dorénavant de fournir toutes les pièces administratives en langue arabe, si Linux, Kde, StarOffice et consorts ne leur proposent pas de solution arabisante, l'avenir du logiciel libre dans les pays arabes risque d'être compromis... Nous avons bien trouvé Acon dans les paquetages, mais comment ça marche ? Le reste de la journée a été passé à faire le tour des logiciels offerts avec la distribution comme The Gimp, Netscape, les outils de configuration et d'administration, bref, un tour d'horizon de la solution Mandrake. Un petit groupe s'est par ailleurs constitué avec pour but d'installer la Mandrake en tant que serveur... Je les ai laissés se débrouiller et me suis occupé des autres afin de résoudre les problèmes éventuels et répondre à leurs questions et rassurer leurs angoisses résiduelles.
Bilan de la session plus qu'encourageant, une nouvelle session est d'ores et déjà envisagée ! L'expérience amenant l'assurance, je me sentirai déjà mieux lors du prochain séminaire... si toutefois je suis pressenti pour l'animer !
Accueil donc fort sympathique et chaleureux de la part de nos amis tunisiens, personnages fort attachants, animés d'une curiosité enthousiasmante, légèrement indisciplinés mais très réceptifs. Je leur dis bravo et merci.
Le reste de la semaine a été plus calme ! Le jeudi a été consacré à la visite de Carthage où nous avons vu, dans l'ordre, les citernes de la Malga, le théâtre antique, les villas romaines et leurs splendides mosaïques bien conservées, les thermes d'Anthonin au pied du palais présidentiel, interdit de photo, puis nous avons grimpé jusqu'au musée de Carthage où, épuisés mais ravis, nous avons visité les salles splendides et bien documentées ainsi que les fouilles et autres vestiges exposés.
Le vendredi, Mustapha, un des acteurs de la société E., nous a promenés du côté de Hammamet (littéralement "les bains") où nous avons visité la citadelle, le souk attenant, fait un détour par la ville touristique en construction (une horreur) puis nous avons déjeuné sur place. Du poisson délicieux et grillé, deux grosses pièces d'un poisson dont j'ai oublié le nom (du pajou, me souffle Rebecca) pour trois. Un régal. Puis visite de Nabeul, ses magasins de poteries et ses rues marchandes.
L'entrée de Sidi Bou Said Samedi matin, nous sommes allés à la Medina que Rebecca avait déjà visitée en début de semaine avec Mme Aicha B. qui lui a inculqué les rudiments du marchandage... qu'elle a appliqués comme nulle autre au monde ! Ce fut un spectacle extraordinaire et hallucinant que de voire notre petite Rebecca tenir tête une demi-heure durant avec les marchands afin d'extorquer jusqu'au dernier millime de rabais ! "Elle est très dure, la gazelle..." Retour à l'hôtel, bien fatigués... pour nous apercevoir que nous avions oublié les pièces de bronze de l'échiquier que je m'étais offert... Découragement. Retour au souk, toujours à pieds... puis, alors que nous voulions passer l'après-midi à Sidi Bou Said, constatant que les pièces pesaient leur poids de bronze, retour à l'hôtel. Afin de gagner la gare TGM pour prendre le train pour Sidi Bou, nous prîmes notre premier taxi ! Et, stupeur : cela ne coûte pratiquement rien ! 1,2 dinar pour une course d'une dizaine de minutes. Tout comme le train : 600 millimes pour Sidi Bou Said (1 dinar valant 5 francs). En tout, ce sont cinq pellicules qui ont été impressionnées (tout comme nous) par ces magnifiques sites.
Sidi Bou Said la bleue... Magnifiques façades d'une unité blanche et bleue éblouissante. Deux cafés valent le détour. L'un en arrivant en haut de la rue principale, en hauteur, le Grand café, et l'autre, un peu en arrière, en terrasses surplombant la mer, le Café des nattes. Descente par l'escalier menant au port... Retour à la gare d'Amilcar et rentrée sur Tunis. Epuisés, les jambes ressemblant à des moignons tellement nous avions marché... Bref, journée hyper bien remplie. Et, le soir, dîner dans un restaurant, au nord de Tunis, invités par M. et Mme Bouzid. Poisson au menu toujours. Une semaine en Tunisie et pas une seule fois nous n'avons mangé de couscous ! Le temps, durant cette semaine, a été très clément, avec des températures tournant autour des 20 °C avec quelques pointes à 28 ! Temps idéal pour visiter ce très beau pays.
Dimanche, retour en France avec un avion Euralair/Go Voyages plutôt confortable : Boeing 737-800 avec 185 personnes à bord, montée et descente en douceur, et toujours une heure de retard.
Vivement la prochaine fois !

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