3. Présentation de Linux
3.1 Qu'est-ce que Linux et les
Unix ouverts ?
En 1991, un étudiant finlandais, Linus TORVALDS
s'intéressait à MINIX
(système réalisé par A. TANENBAUM). Il désirait
réaliser un système plus complet et regroupant toutes les
fonctionnalités d'un vrai système Unix. Il envoya sur le
newsgroup comp.os.minix le célèbre message :
Hello everybody out there using
minix.
I'm doing a (free) operating
system (just a hobby, won't be big and professional like gnu) for 386 (486)
AT clones.
Des dizaines de développeurs répondirent
à son appel, chacun y allant de sa propre contribution bénévole.
La version 1.0 du noyau Linux est sortie en 1994. Aujourd'hui encore, Linus
TORVALDS reste le coordinateur de ce projet et a choisi un pingouin comme
logo.
Linux est un système d'exploitation, ou plus précisément
le noyau d'un système d'exploitation, de la famille des Unix.
Développé sous la licence GNU
General Public Licence (GPL), il s'agit d'un logiciel libre : le code
source est disponible gratuitement et modifiable par quiconque.
Le Projet GNU (acronyme
de GNU is Not Unix) a été lancé en 1984 afin de réaliser
un système d'exploitation complet et semblable à Unix (OS
et logiciels) dont tous les composants seraient des logiciels libres :
le système GNU. Les systèmes
d'exploitation répondant à ce critère et utilisant
comme " moteur " le noyau Linux sont dénommés GNU/Linux.
Le noyau officiel de GNU n'est pas Linux mais : " the Hurd " qui s'appuie
sur des serveurs micro-noyaux Mach.
Il existe d'autres Unix libres, en particulier les trois
BSD : FreeBSD, NetBSD
et OpenBSD
Ils diffèrent de Linux par leur modèle de
développement : Linux est centralisé pour le noyau, le reste
du développement est plus éclaté et chaque distribution
est entièrement libre (politique commerciale, choix de logiciels
proposés, etc). Au contraire le développement des BSD est
plus centralisé : une machine maîtresse pour le développement,
un dépôt central géré par CVS pour les sources,
une seule distribution, un système entièrement recompilable.
Moins répandus que Linux, les BSD sont très
prisés dans les milieux nécessitant des serveurs supportant
de très grosses charges (par exemple les serveurs des sites Yahoo).
3.2 Plates-formes supportées
(retour
en haut)
Linux est développé pour la majorité
des ordinateurs disponibles aujourd'hui. On notera en particulier :
-
PC : Intel 386, 486, Pentium I-II-III et clônes,
-
Sun : UltraSparc,
-
Apple : PowerPC et 68xxx,
-
Dec Alpha,
-
Strong Arm,
-
etc.
3.3 Comment obtenir une version
de Linux (retour
en haut)
Un système d'exploitation seul n'est pas directement
utilisable sur un ordinateur. Une collection de logiciels est indispensable,
ne serait-ce que pour la phase d'installation.
C'est ce qu'on appelle une distribution. Il en existe
de nombreuses (RedHat, SuSE,
Debian, Caldera,
etc) qui visent chacune un segment précis (grand public, serveurs,
etc). Certains de ces éditeurs sont des entreprises (RedHat)
et vendent certaines distributions (ou du moins le support technique),
d'autres ont une offre totalement gratuite (Debian).
Les distributions sont diffusées sous forme de
CD-ROM (disponibles auprès de revendeurs spécialisés,
presse informatique) ou téléchargeables sur Internet.
3.4 Utilisations possibles (retour
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Etant donnée la grande collection de logiciels
fonctionnant sous Linux et la puissance de ce dernier, un ordinateur équipé
de Linux peut remplir tous les rôles imaginables : du serveur à
la station de travail.
Les performances, la robustesse et la sécurité
de Linux permettent à un ordinateur de devenir un puissant serveur
(réseau, web, base de données).
L'agrément d'une interface graphique (X-Window),
les possibilités multimédia et bureautique combleront l'utilisateur
grand public.
3.5Les avantages de Linux (retour
en haut)
Les raisons qui peuvent amener un utilisateur à
se tourner vers Linux sont nombreuses. Citons notamment:
-
Performances
Linux est un système reconnu très stable et
robuste mais également très performant. On a remarqué
que certains logiciels Windows tournaient plus rapidement dans un émulateur
Windows sous Linux que directement sous Windows.
Linux est un logiciel libre. Comme pour tout logiciel ouvert,
cela assure une transparence du code (pas de cheval de Troie), une très
bonne qualité du code (celui-ci doit pouvoir être réutilisé
par un tiers); une excellente réactivité (chacun peut apporter
sa pierre).
-
Conformité
aux normes et standard
Linux est indépendant de tout éditeur ou constructeur.
Ces derniers ne peuvent donc pas imposer leurs normes propriétaires.
Ceci assure la pérennité des développements. Rappelons
que Linux respecte la norme POSIX.
-
Etendue de l'offre
logiciel
Apache, Netscape, StarOffice, Squid, Oracle, Sybase, Corel,
Borland, etc… : tous les leaders sont présents sous Linux. D'ailleurs
certains logiciels libres sont la référence dans leur secteur
(Apache est utilisé par 60%
des serveurs HTTP sur le web). Par ailleurs de nombreux émulateurs
d'autres systèmes d'exploitation sont disponibles sous Linux (citons
Wine, un émulateur Windows).
Linux étant développé pour une grande
diversité d'architectures matérielles et le code source des
applications étant compatible et libre, la migration d'application
sous Linux d'une plate-forme à une autre demande un effort réduit.
Notons que Linux est un support idéal pour Java.
Linux et les logiciels libres sont gratuits. Ceci engendre
des économies non négligeables comme le montre le comparatif
suivant :
|
Fonctions
|
Linux
|
Windows
|
|
OS
|
Debian GNU/Linux : gratuit
|
NT Server : 3000F
|
|
Serveur web
|
Apache : gratuit
|
IIS : inclus dans NT Server
|
|
Suite bureautique
|
Star Office : gratuit
|
MS Office : 3000F
|
3.6 Les inconvénients
(retour en haut)
Les détracteurs de Linux véhiculent parfois
quelques idées fausses. Ainsi l'installation de Linux ne demande
pas une machine très puissante. Il est en effet possible de charger
complètement Linux à partir d'une simple disquette. L'amalgame
est fait entre le système d'exploitation et l'installation réalisée
par une distribution. Si cette dernière vous procure un environnement
graphique très complet et une multitude de logiciels, alors, effectivement,
Linux consommera de nombreuses ressources système. Mais ceci est
vrai pour tout système d'exploitation.
En revanche, force est de constater que Linux présente
quelques aspects pouvant être bloquant pour certains utilisateurs
:
Linux est un Unix et nécessite de connaître
cet environnement, puissant mais complexe. Cependant, les interfaces graphiques
(KDE, Gnome)
apportent une convivialité identique à Windows
et rendent l’utilisation de Linux plus intuitive.
Au début de Linux, le marché que représentait
cet OS n'était pas suffisant pour les constructeurs de matériels
informatiques (carte vidéo, réseau, etc) et ceux-ci ne se
préoccupaient pas du support ou de la disponibilité de "drivers"
pour Linux. Les pilotes étaient alors réalisés par
des développeurs bénévoles et indépendants
des constructeurs. Ce développement entraînait un retard entre
la sortie d'un nouveau périphérique et son utilisation sous
Linux.
Aujourd'hui les constructeurs se sont rendu compte de
la montée en puissance de Linux et offrent soit leurs propres "drivers"
Linux, soit leur soutien aux développeurs indépendants.
Linux ayant été développé
par des scientifiques et des techniciens afin de répondre à
leurs propres besoins, certaines gammes d'applications font défaut
à Linux, par exemple dans le domaine de la gestion.
Encore une fois, cet argument est de moins en moins recevable
notamment avec l'arrivée des plus grands SGBD sous Linux et à
l'explosion de Java.
3.7 Quel avenir ? (retour
en haut)
On estime aujourd'hui à plusieurs millions
le nombre d'ordinateurs où Linux serait installé.
Une étude d’IDC
(International Data Corporation) crédite Linux de 17% du marché
des serveurs (en volume), en augmentation de 180%.
La grande majorité des serveurs HTTP utilisent
Linux et le fameux logiciel libre Apache.
Les plus grandes entreprises et universités ont déjà
accordé leur confiance à ce système.
L'administration est également très sensible
au développement des logiciels libres qui lui assurent pérennité
et confiance. Des propositions de loi ont récemment été
faites pour imposer les logiciels libres dans la fonction publique. En
France, les postes de travail du Ministère
de l'Education Nationale ainsi que les serveurs des écoles seront
bientôt sous Linux.
De plus en plus de grands acteurs de l’informatique se
tournent vers Linux :
-
en mettant sous licence GPL
certaines de leurs technologies (IBM,
SGI, etc…)
-
en portant sous Linux certains de leurs produits (IBM,
Lotus, Sun,
Inprise/Borland,
SAP, Oracle,
Sybase, Informix,
etc…)
-
en proposant des services (pré-installation, support,
formation, etc…) autour de Linux (Compaq,
IBM, Dell,
Hewlett-Packard, etc…)
Des distributions comme Caldera,
Mandrake ou SuSE
offrent une installation de Linux aussi facile que celle de Windows et
l'utilisateur "lambda" peut travailler sous un environnement graphique
très performant en quelques minutes (KDE,
Star Office).
Enfin, l'économie financière réalisée
sur chaque poste équipé de Linux est telle que l'on ne voit
pas comment la progression de ce système serait ralentie.
3.8 Les différentes
distributions (retour
en haut)
3.8.1 RedHat
3.8.2 Debian
3.8.3 Caldera OpenLinux
3.8.4 Corel Linux
3.8.5 SuSE
3.8.6 Mandrake
3.8.7 TurboLinux
3.8.8 Et les autres...
Toutes les distributions sont basées sur le même
principe : le cœur de la distribution est gratuite et librement distribuable.
On ne paie que le support de distribution (les CD-ROM) et le support technique
(la hot line). Seule exception parmi les grandes distributions : TurboLinux
dont une licence est requise pour chaque installation.
Leader incontesté, cette entreprise de Caroline
du Nord propose plusieurs distributions : du grand public au professionnel.
Le format de distribution des logiciels, les packages
RPM, est devenu presque un standard dans le monde Linux et simplifie la
tâche de l'utilisateur.
RedHat existe pour les processeurs Intel, Alpha et Sparc
et ces versions sont issues du même code source, ce qui assure une
excellente compatibilité.
Cette distribution peut être résumée
par : 100% libre.
Debian est l'unique grande distribution respectant la
norme du projet GNU. Debian est indépendant du noyau. Aujourd'hui
seul le noyau Linux est en production, on parle alors du système
" Debian GNU/Linux ". Mais le noyau " The Hurd " devrait bientôt
être en production.
Moins réactive que ses concurrents payants, elle
assure une grande stabilité (tests intensifs) et une ouverture totale.
Cette distribution est à réserver à
un utilisateur averti et à recommander à un administrateur
exigeant.
Debian est disponible pour processeurs Intel et Sparc.
Le lecteur trouvera des informations plus détaillée
dans le chapitre 4.1.
Caldera décline son Linux en plusieurs distributions
afin de satisfaire les besoins de l'ordinateur familial, jusqu'au serveur
de solutions e-business (distribution payante).
L'installation est très souple et l'offre logiciel
s'avère très complète.
Corel Linux est l'une des seules grandes distributions
commerciales à s'appuyer sur Debian. Facile d'installation, l'utilisateur
se retrouve en quelques opérations sous KDE (environnement graphique
très à la mode sous Linux).
Le but avoué de Corel Linux est l'utilisation des
produits bureautiques publiés par Corel (Draw, WordPerfect, etc).
C'est le grand challenger de RedHat, tout du moins en
Europe. L'offre logiciel est la plus complète (livrée sur
5 CD-ROM et avec un manuel de 400 pages).
L'équipe de SuSE est basée en Allemagne.
Basée à l'origine sur une RedHat, cette
distribution d'origine française séduit le grand public par
la simplicité de son installation et la liste de ces packages.
Cette distribution offre une personnalisation très
pointue et des performances élevées (réseau, multi-processeur,
etc)... mais elle nécessite une licence pour chaque poste.
Une multitude de distributions existe allant de la trousse
de secours d’un administrateur (Linux sur une seule disquette), à
la version Japonaise de Linux ou encore avec un noyau optimisé pour
le temps réel.
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